Palau Güell
Adresse
PALAIS GÜELL. Nou de la Rambla, 3-5.
Horaire


Par des ouvres de restauration, on peut seulement effectuer une visite partielle au bâtiment:

 Façade principale

 Rez-de-chaussée

 Souterrain

Entrée gratuite.

La visite es libre et la capacité maximale est de 60 personnes.

Horaire

De mardi a samedi (tous les cleux inclus) de 10 à 14 heures.

Jours de fête fermé.

Information
Tél.: 933 173 974 et 933 173 978

Fax: 933 173 779

palauguell@diba.cat

www.palauguell.cat

Description
La première œuvre (1885-1889) qu'Antoni Gaudí, l'architecte le plus singulier du Modernisme, devait offrir à la ville de Barcelone et qui a été déclaré bien du patrimoine mondial par l'Unesco. Gaudí n'avait que trente-quatre ans quand il reçut la commande de construction de la résidence privée de la famille Güell. Et, curieusement, ce ne fut pas dans l'Eixample, qui était déjà en pleine expansion, mais dans le quartier du Raval, une zone qui, à la fin du XIXe siècle, était déjà très dégradée et dans laquelle abondaient la prostitution et les salles de rendez-vous.
Peut-être n'était-il pas très logique qu'Eusebi Güell, père de sept enfants, s'en fut vivre dans cette rue. Il avait cependant un bon motif pour le faire : son père, Joan Güell, vivait dans une demeure de la Rambla et Eusebi acheta le terrain du Palau Güell pour être proche de lui. L'aristocratique mécène de Gaudí donna une totale liberté budgétaire à l'architecte pour construire un petit palais original et somptueux qui devait accueillir des réunions politiques ainsi que des concerts de chambre, et qui logerait les plus illustres invités de la famille. Ainsi fut dit, ainsi fut fait. Gaudí utilisa les meilleurs matériaux du moment et le coût de la construction dépassa très largement les prévisions. Le résultat final fut un authentique chef-d'œuvre du gaudisme le plus sombre. Loin de satisfaire l'idée bourgeoise du confort -c'est une maison de grande hauteur et elle ne disposait pas de chauffage, ce qui ne devait pas être très confortable en hiver-, le Palau Güell de Gaudí est un espace insolite dans lequel prime le jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière.

La façade du Palau Güell, aux lignes vénitiennes suggestives, est construite avec une pierre d'aspect sévère. On y remarquera particulièrement le dessin de fer forgé qui couvre les tympans des deux arcs paraboliques de l'entrée et de la sortie, et qui forme le majestueux écu catalan aux quatre barres, conçu comme une petite colonne, qui préside la façade. La première pièce du palais est le vestibule, de vingt mètres de hauteur, qui donne à l'ensemble une sensation de transparence et articule les différents espaces dans lesquels se divise cette magnifique première œuvre de Gaudí. L'ensemble du bâtiment est organisé autour de ce vestibule central. Un escalier noble conduit à l'authentique joyau du Palau Güell : un surprenant, mystérieux et tellurique salon central, de sept étages de hauteur, couronné par une coupole parabolique en forme de cône. La coupole, percée d'une série de petites ouvertures en forme de cercle qui filtrent une lumière indirecte ténue, donne au salon une curieuse apparence de planétarium sous la lumière du jour, pour certains, et de salle centrale d'un hammam oriental, pour d'autres.

Le toit-terrasse est orné des vingt cheminées imaginées par Gaudí et restaurées entre 1988 et 1992 par un groupe d'artistes qui a reconstruit les huit d'entre elles les plus endommagées avec une fidélité absolue au travail original du maître. Dans l'une de ces nouvelles cheminées, avec un peu de patience, on pourra découvrir un Cobi, la mascotte des Jeux olympiques de Barcelone de 1992, au milieu du trencadís (revêtement fait de fragments irréguliers de verre et de faïence). Les cheminées gaudiennes, toutes uniques et différentes comme s'il s'agissait des diverses ébauches d'un modèle idéalisé, rappellent avec un peu d'imagination un groupe d'arbres, et elles représentent probablement l'une des premières esquisses du projet que Gaudí fera culminer des années plus tard sur le toit-terrasse de la Pedrera. Dans cette construction, par exemple, Gaudí utilisa pour la première fois le trencadís. Il s'agissait là d'une technique d'origine arabe que l'architecte de Reus et le Modernisme adoptèrent par la suite comme l'une de leurs principales formes d'expression. Si l'on prête attention à chacune des cheminées, on finira par découvrir dans l'une d'entre elles, probablement la dernière construite par Gaudí et entièrement de couleur blanche, le petit sceau vert d'un fabricant de céramique de Limoges. On raconte qu'Eusebi Güell avait une fantastique vaisselle de Limoges dont il était fatigué et qu'il donna à l'architecte afin que celui-ci l'utilise dans le revêtement de la dernière des cheminées du palais.

À l'autre extrémité du palais, au sous-sol, se trouvent les écuries, aux voûtes très surbaissées appuyées sur de simples colonnes fongiformes, architecture spectaculaire conçue pour accueillir les stalles des chevaux ainsi que les logements des palefreniers du palais. Les colonnes et leurs chapiteaux de brique constituent l'un des paysages les plus énigmatiques, suggestifs et célèbres de l'architecture gaudienne. La famille Güell l'habita jusqu'à la Guerre civile, époque à laquelle le palais fut confisqué par la CNT-FAI qui le transforma en caserne et en prison. Les Güell ne revinrent jamais. L'abandon et la dégradation généralisée de cette zone du Raval entraînèrent les héritiers du comte Güell à céder le palais, en 1945, à son actuelle propriétaire, la Diputació de Barcelona.