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 Sagnier
conçut un bâtiment ayant un certain air gothique
dans lequel on remarquera la grande fenêtre centrale,
les mosaïques bleutées et l'arc en lancette de
l'entrée, avec un magnifique relief d'Esculape qui
rappelle le destin original de l'immeuble. Presque à
côté de l'ancienne pharmacie se trouve l'ANTIGA
CASA FIGUERAS (15) (ANCIENNE MAISON FIGUERAS. Rambla,
83), actuellement pâtisserie Escribà, œuvre
d'Antoni Ros i Güell (1902) à la décoration
modernista chargée dans laquelle abondent les mosaïques,
les stucs de plâtre, les fers forgés, les vitraux
ainsi que le mobilier de bois, de couleur chocolat.
Il n'est pas nécessaire de marcher
longtemps pour croiser le MERCAT
DE LA BOQUERIA (16) (MARCHÉ DE LA BOQUERIA.
Rambla, 91), le plus célèbre et le plus ancien
marché de la ville. À peu prés sur l'emplacement
du marché actuel se tenait, depuis le Moyen Âge,
un marché à l'air libre où les agriculteurs
de la zone qui est aujourd'hui le quartier du Raval tout proche
venaient vendre leurs produits aux habitants de la ville intra
muros. Célèbre pour la qualité de ses
marchandises, le marché actuel occupe le terrain de
l'ancien couvent des Carmelites Descalços de Sant Josep,
incendié en juillet 1835. Le marché fut construit
cinq ans après, en 1840, sous la forme d'une grande
place entourée d'arcades aux colonnes ioniques dans
laquelle les marchands ambulants de la ville pouvaient venir
offrir leurs produits. Des années plus tard, en 1914,
on installa sa couverture métallique bien visible conçue
par l'ingénieur Miquel de Bergue qui lui donna son
image caractéristique. Le marché et ses alentours
ont été restaurés au cours de ces dernières
années afin de leur rendre l'aspect qu'ils avaient
au début du XXe siècle. Le marché de
la Boqueria préside le tronçon central de la
Rambla, peut-être le plus coloré et le plus exubérant
: celle que l'on appelle la « Rambla de les Flors »
(Rambla des Fleurs) doit son nom aux kiosques où l'on
vend des fleurs pendant toute l'année depuis le jour
du Corpus Christi de 1853.
À quelques pas du marché de
la Boqueria, s'élève le PALAU
DE LA VIRREINA (PALAIS DE LA VICE-REINE. Rambla, 99),
construit par Josep Ausich entre 1772 et 1778 sur la commande
de l'ancien vice-roi du Pérou, Manuel Amat i Junyent.
Celui-ci ne parvint jamais à jouir du bâtiment
puisqu'il mourut avant que le palais ne fût achevé.
En revanche, celle qui put en profiter fut sa veuve, la vice-reine,
María Francisca Fivaller, qui donna son nom par la
suite au palais. La municipalité l'acheta en 1944 et,
à la fin des années quatre-vingt, il fut transformé
en siège de l'administration municipale de la culture.
Le bâtiment est un bon exemple de l'influence française
chez les architectes du XVIIIe siècle. Sa puissante
façade classique, somptueuse et baroque, se conjugue
à la perfection avec une ornementation rococo intérieure
à la française qui a son meilleur spécimen
dans la salle à manger, voûtée et décorée
de peintures allégoriques. Les autres salons du palais
ont conservé, quant à eux, leur décoration
antique, de style Empire. Le rez-de-chaussée, où
se regroupaient autrefois les écrivains publics qui
rédigeaient les lettres de ceux qui ne savaient pas
écrire, accueille aujourd'hui une librairie ainsi qu'un
bureau d'information destiné aux habitants. Le rez-de-chaussée
du 97, voisin du palais, est occupé par une vieille
boutique de musique, la CASA
BEETHOVEN, (MAISON BEETHOVEN), fondée en 1880
par l'éditeur de musique Rafael Guàrdia.
En remontant la Rambla, on rencontre l'un
des immeubles romantiques les plus beaux de la ville, la CASA
FRANCESC PIÑA (MAISON FRANCESC PIÑA.
Rambla, 105), aussi connue sous le nom de el regulador du
fait de l'horlogerie bijouterie qui en occupe le rez-de-chaussée
et qui porte aujourd'hui le nom de Joieria Bagués.
Ce bâtiment de Josep Fontserè (1850) est tout
à fait remarquable par sa façade de terre cuite
et peinte en blanc sur un stuc de couleur rose. On remarquera
tout spécialement dans cette façade les fausses
colonnes avec leurs chapiteaux ainsi que les bas-reliefs décoratifs
des étages supérieurs.
Au coin de la Rambla et du carrer del Carme,
se trouve ESGLÉSIA
DE BETLEM (ÉGLISE DE BETHLÉEM. Rambla,
107), érigée entre 1680 et 1732. Cette église,
construite par Josep Juli, est l'un des rares échantillons
d'art baroque de Barcelone. Le temple est fidèle aux
canons du gothique catalan et présente une unique nef,
spacieuse, flanquée de différentes chapelles.
Les portes qui donnent sur la Rambla sont l'œuvre, pour
celle qui comporte l'enfant Jésus, de Francesc Santacruz
et, pour l'autre, d'Enric Sagnier, postérieure, datant
de 1906, elle prend comme référence la première
et présente Sant Joanet (saint Jean-Baptiste). L'intérieur
de l'église que l'on peut contempler de nos jours n'a
plus la somptuosité qu'il avait jusqu'à la Guerre
civile, quand furent détériorés de manière
irréparable ses polychromies, ses sculptures, ses stucs
italiens et ses marbres. Depuis 1952, l'église abrite
une image de la vierge dels Desemparats, de Mariano Benlliure.
Sur le trottoir opposé, se trouve le PALAU
MOJA(PALAIS MOJA. Rambla, 118), ancienne propriété
des marquis de Comillas construite entre 1774 et 1789 par
les frères Mas i Dordal. La large façade de
ce palais, décorée de panneaux ocres et rougeâtres,
s'élève au-dessus d'un portique et elle est
rehaussée par un simple fronton central. Le bâtiment,
décoré d'œuvres du peintre néoclassique
Francesc Pla, el Vigatà, conserve une bonne partie
du mobilier original ainsi que la pièce dans laquelle
vécut le « poète national » catalan,
Jacint Verdaguer, protégé des marquis de Comillas.
Les Comillas étaient apparentés aux Güell
et ils eurent aussi recours aux services d'Antoni Gaudí,
qui a connu Verdaguer et, en certaines occasions, s'est inspiré
de sa poésie -comme dans les Pavillons Güell,
point (90) de la Route du Modernisme. Le palais héberge
aujourd'hui des dépendances du Département de
la Culture du gouvernement autonome, la Generalitat de Catalunya.
Dans ce qui fut les jardins, s'installèrent en 1935
les grands magasins populaires SEPU, aujourd'hui disparus.
Une petite déviation de l'itinéraire
principal nous conduira par le carrer del Carme, qui «
cache » deux petits trésors modernistes à
seulement quelques pas de la Rambla : les magasins populaires
EL INDIO (17)
(C/ Carme, 24), décorés en 1922 par Vilaró
i Valls dans le plus pur style modernista, et, un peu plus
loin, le BAR MUY BUENAS
(18) (C/ Carme, 63), un local qui jouit d'une façade
modernista de bois et qui conserve encore une partie de son
mobilier original tel que l'ancien comptoir de marbre, vieux
de plus d'un siècle (Pour davantage d'information,
voir On sort, guide des bars et restaurants modernistes).
La Route se poursuit sur la Rambla, connue
à cette hauteur comme « rambla dels ocells »
(rambla des oiseaux) du fait des kiosques où l'on vend
des animaux, et notamment des oiseaux. En poursuivant vers
la plaça de Catalunya, l'itinéraire a deux rendez-vous
importants. Le premier est la REIAL
ACADÈMIA DE CIÈNCIES I ARTS (19) (ACADÉMIE
ROYALE DES SCIENCES ET DES ARTS. Rambla, 115), construite
en 1883 par Josep Domènech i Estapà sur les
ruines d'un ancien collège jésuite. Le bâtiment,
pionnier dans l'usage de ressources ornementales et stylistiques
qui allaient avoir tant de succès des années
plus tard avec le Modernisme, héberge de nos jours,
en plus de l'académie, le Théâtre Poliorama
et le restaurant Viena, ancienne Casa Mumbrú. Le principal
signe d'identité de cet immeuble réside dans
l'horloge qui préside sa façade et qui, selon
ce que l'on dit, donne l'heure officielle de Barcelone. Les
autres éléments intéressants de la façade
de ce théâtre sont l'élégante tribune
et le ciborium, ainsi que la tour avec sa coupole qui couronne
le bâtiment. Cette coupole accueillait, à l'origine,
un observatoire météorologique et astronomique.
Le deuxième rendez-vous dans cette zone de la Rambla
est la FARMÀCIA
NADAL (PHARMACIE NADAL. Rambla, 121), inaugurée
en 1850 sous le nom de Farmàcia Masó, qui comprend
des éléments sculptés, des céramiques
ainsi que des sgraffites de conception noucentista (Noucentisme,
mouvement néoclassique post-modernista).
Après avoir traversé la Rambla,
nous pénétrons dans les carrers de la Canuda
et de Santa Anna. Si l'on entre par le carrer de Santa Anna,
on peut voir la CASA
ELENA CASTELLANO (20) (MAISON ELENA CASTELLANO. C/
Santa Anna, 21). Il s'agit d'un bâtiment construit en
1907 par Jaume Torres i Grau, dans lequel on remarquera les
deux tribunes superposées ainsi que l'ornementation
florale de la façade, typiquement modernista. En revenant
au carrer de la Canuda, à quelques pas seulement, nous
trouvons l'ancien PALAU
SABASSONA (PALAIS SABASSONA). D'origine médiévale,
l'immeuble accueille, depuis 1836, l'ATENEU
BARCELONÈS (21) (ATHÉNÉE BARCELONAIS.
C/ Canuda, 6), l'une des entités culturelles les plus
emblématiques de la ville. Certains aspects du remodelage
de 1906, des architectes Josep M. Jujol i Gibert et Josep
Font i Gumà, sont encore conservés.
Sa visite permet de contempler trois petits bijoux modernistes
: la cabine de l'ascenseur, l'un des premiers qui furent installés
dans la ville ; les salles de lecture de la bibliothèque
; et le jardin suspendu aux réminiscences romantiques.
En continuant par le carrer de la Canuda, on parvient à
la plaça de la Vila de Madrid dans laquelle on pourra
contempler les vestiges d'une nécropole romaine découverte
en 1954 pendant les travaux de ré-urbanisation du terrain
de l'ancien couvent des Carmelites Descalces, démoli
après la Guerre civile. La place, remodelée
en 2003, s'élève sur une ancienne voie romaine
d'accès à Barcino, l'ancienne ville romaine,
dont on conserve encore de nos jours un petit tronçon
du dallage original. La via était flanquée des
restes de monuments funéraires monolithiques et de
quelques modestes tegulae. Le carrer de la Canuda débouche
finalement dans l'avinguda del Portal de l'Àngel.
À quelques pas seulement, on passe devant l'immeuble
de CATALANA DE GAS,
GAS NATURAL (22) (C/ Portal de l'Àngel, 20-22),
œuvre monumentale et éclectique de Josep Domènech
i Estapà (1895). Le bâtiment, construit sur une
commande de la Societat Catalana per a l'Enllumenat del Gas
(Société catalane pour l'éclairage au
gaz), héberge un intéressant Musée du
Gaz dans lequel sont exposés divers appareils montrant
l'évolution de l'usage de cette source d'énergie
(Tél. : 900 150 366, visites sur rendez-vous).
Revenons quelques pas en arrière par
le Portal de l'Àngel jusqu'au petit carrer de Montsió
dans lequel on trouvera la célèbre brasserie
modernista ELS QUATRE
GATS (23) (C/ Montsió, 3 bis. Pour davantage
d'information, voir On sort, guide des bars et restaurants
modernistes). Cette ancienne taverne fut l'un des épicentres
artistiques et culturels de la Barcelone de la fin du XIXe
siècle et du début du XXe. Ramon Casas, Santiago
Rusiñol et Pablo Picasso sont quelques-uns des illustres
personnages qui dînèrent et burent dans ce cénacle
particulier inauguré en 1897 au rez-de-chaussée
de la néogothique CASA
MARTÍ (MAISON MARTI), de Josep Puig i Cadafalch
(1895-1896). Le bâtiment, à l'air plus européen
que catalan, brille de ses grandes fenêtres ogivales
aux vitraux polychromes, ainsi que de la curieuse ornementation
des fenêtres et du balcon gothique flamboyant. L'extérieur
est aussi décoré par les sculptures d'Eusebi
Arnau, par les fers forgés de Manuel Ballarín
et, sur le socle faisant l'angle, par la statue Sant Josep
de Llimona. Celle que l'on peut voir aujourd'hui est une reproduction
de la statue originale qui fut détruite pendant la
Guerre civile et récupérée par la municipalité
en l'an 2000. L'intérieur est spectaculaire : Ramon
Casas paya de sa propre poche les lustres circulaires et le
mobilier médiéval dessinés par Puig i
Cadafalch. Un autre de ses « cadeaux » fut le
tableau dans lequel deux hommes, Pere Romeu, le propriétaire
du bar, et lui-même, apparaissent, pédalant de
concert sur un tandem ; celui qui se trouve actuellement dans
l'établissement est une copie, étant donné
que l'original se trouve au MNAC (point (34) de la Route du
Modernisme). Le local, qui publiait sa propre revue -Pèl
& Ploma-, devint le refuge d'artistes et d'intellectuels
tels que les compositeurs Enric Granados et Isaac Albéniz,
ou les jeunes peintres Joaquim Mir et Pablo Picasso. Malheureusement,
le bâtiment n'est pas conservé dans son intégralité.
Le linteau original de la porte, œuvre de Puig i Cadafalch,
a disparu lors de travaux que le local a subis au cours de
sa vie plus que centenaire.
Nous poursuivons notre route par le carrer de n'Amargós,
qui débouche dans le carrer Comtal et nous amène
à la Via Laietana. Il s'agit d'une large avenue projetée
pendant la deuxième moitié du XIXe siècle
pour ouvrir un accès au port et inspirée des
modèles de centres d'affaires qui se faisaient alors
en Amérique du Nord. L'urbanisation de cette voie s'est
étalée sur plusieurs décennies et y ont
participé les protagonistes du Modernisme Lluís
Domènech i Montaner et, surtout, Josep Puig i Cadafalch.
En remontant un peu la Via Laietana, on aperçoit l'immeuble
du GREMI DELS VELERS
(CORPS DE MÈTIER DES FABRICANTS DE VOILES) (Via Laietana,
60), siège du corps de mètier des industriels
de la soierie depuis 1764. C'est un magnifique immeuble baroque
orné de sgraffites qui représentent des atlantes
et des cariatides. Caché derrière ce bâtiment,
on découvre l'un des joyaux incontournables du Modernisme
de Barcelone : le PALAU
DE LA MÚSICA CATALANA (24). (PALAIS DE LA MUSIQUE
CATALANE). Le Palau de la Música est une commande de
l'Orfeó Català (Orphéon catalan), faite
en 1904 à Lluís Domènech i Montaner.
La première pierre du nouveau bâtiment a été
posée le jour de la Sant Jordi de 1905 et les travaux
se sont prolongés pendant trois années. Le résultat
est cette somptueuse salle de concerts qui devait servir de
foyer pour la musique chorale catalane.
Palau de la Música Catalana
Adresse
Palau de la Música, 4 - 6. Horaire Visites guidées:
Tous les jours, de 9 à 15 heures 30.
En août, de 9 à 18 heures.
Information Tél. 932 957 200
www.palaumusica.cat
visites@palaumusica.cat
Remarques Les visites ont une durée de 50 minutes. Vente des entrées à la boutique Les Muses del Palau et aux guichets du palais. Places limitées : 55 personnes par visite. Aux heures piles, en anglais ; aux demi-heures, en espagnol ou en catalan. Les horaires des visites peuvent subir quelques variations ou des annulations en fonction de la disponibilité de la salle de concerts, il est donc conseillé de les vérifier à l’avance. Prix et remise Prix. Adultes : 12,00 €. Étudiants : 11,00 €. Groupes (plus de 25 personnes) : 11,00 €. Remise de la Route du Modernisme : 20 % sur le tarif des adultes. Description PALAIS DE LA MUSIQUE CATALANE |
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Le bâtiment s'élève sur
le terrain de l'ancien couvent de Sant Francesc de Paula.
La taille réduite du terrain et le prix élevé
des parcelles adjacentes obligèrent à l'époque
Domènech i Montaner à « encaisser »
l'auditorium dans un maillage de rues étroites qui
limitent sa contemplation globale depuis l'extérieur,
et à s'ingénier afin que la scène soit
suffisamment vaste et que le bâtiment puisse accueillir
les bureaux ainsi que les archives de l'orphéon.
L'église de l'ancien couvent, reconvertie
en église paroissiale, a survécu jusqu'à
ce qu'elle soit démolie pour entreprendre un agrandissement
du palais. L'intervention, signée Oscar Tusquets (2003),
a permis de construire sur le terrain qui se libérait
ainsi une place permettant d'admirer l'immense verrière
originale de Domènech qui était auparavant cachée
dans la courette se trouvant entre le temple et le palais.
La verrière est flanquée de deux tours de brique
apparente, et celle du coin possède des reliefs représentant
un arbre feuillu sculpté dans la brique, motif végétal
inspiré de Domènech i Montaner. Au sous-sol
de la grande place, on a construit une salle polyvalente,
le Petit Palau, qui a une capacité de six cents personnes.
Conjointement à la Pedrera, le Palau de la Música
est considéré comme l'un des exemples suprêmes
du Modernisme du fait de son architecture brillante, hardie
et somptueusement décorée. Et il porte avec
orgueil le titre de Patrimoine Mondial de l'Humanité
de l'Unesco. Mais il n'en fut pas toujours ainsi. Il fut l'une
des ultimes extravagances du Modernisme et, déjà
dans les années vingt, il commença à
être mis en question au point que les voisins l'appelaient
le « palais de la quincaillerie » et que les architectes
de l'époque demandaient sa démolition. Heureusement,
ils ne parvinrent jamais à leurs fins, le palais a
été conservé et il est devenu une institution
intimement liée à la mémoire collective
des Barcelonais.
Le Palau de la Música Catalana a été
inauguré en 1908 avec un bref concert au cours duquel
ont été interprétés des morceaux
de Clavé et de Händel. La façade, projetée
par Domènech i Montaner, a surpris les Barcelonais
: en maçonnerie apparente, d'une belle polychromie
due à l'utilisation de revêtements de mosaïque
de céramique, elle est présidée, à
l'angle, par un groupe de sculptures de Miquel Blay, une énorme
proue de pierre représentant une allégorie de
la musique populaire. C'est une œuvre d'un haut symbolisme
conceptuel, avec deux enfants et deux vieillards embrassant
une nymphe alors que saint Georges les protége avec
le drapeau catalan agité au vent. La façade
comporte aussi une mosaïque représentant La balanguera
-qui est aujourd'hui l'hymne de Majorque- faisant référence
à un poème de Joan Alcover, entourée
des choristes de l'Orphéon catalan. Un autre aspect
intéressant de l'extérieur du palais est constitué
par les curieux guichets aujourd'hui inutilisés, situés
à l'intérieur des colonnes qui flanquent la
porte principale. Les richesses continuent à l'intérieur
: le vestibule chargé, les voûtes revêtues
d'azulejos, et l'escalier double avec des balustres de verre
doré jouent le rôle d'un apéritif avant
de s'engager dans l'authentique joyau du bâtiment.
À l'intérieur, la salle de
concerts est une enivrante succession de sculptures, de vitraux
polychromes, de mosaïques et d'éléments
décoratifs qui jouent constamment avec la perception
de la lumière et de la couleur. L'image la plus caractéristique
de la salle est son énorme et spectaculaire claire-voie
de verre coloré en forme de cloche inversée,
qui ne pèse pas moins d'une tonne. Cette merveille
de l'art somptuaire représente un cercle d'anges féminins
d'un chœur situé autour du soleil. L'obsession
de Domènech i Montaner pour la lumière ne se
limitait pas à la claire-voie : il a conçu la
salle, avec sa structure légère en acier, comme
une espèce de boîte de verre filtrant la lumière
extérieure au travers de verrières qui recréent
l'atmosphère des cathédrales gothiques et aident
à donner un certain air sacré à l'auditorium.
La scène de la salle est, sans le moindre doute, la
« sculpture » la plus spectaculaire du palais.
L'avant-scène accueille un curieux ensemble réalisé
en pierre ponce, dessiné par Domènech i Montaner
lui-même mais taillé par Dídac Massana
et Pau Gargallo. Sur la gauche, l'ensemble abrite un buste
de Josep Anselm Clavé ainsi qu'une allégorie
des fleurs de mai représentant la musique populaire.
À droite, le buste de Beethoven personnifie la musique
universelle. Au-dessus de ce buste, les walkyries de Wagner
chevauchant en silence vers Clavé symbolisent le rapport
de la nouvelle musique avec l'ancienne culture musicale catalane.
La scène est complétée par un spectaculaire
orgue de facture allemande -restauré en 2004 grâce
à une campagne de souscription populaire- et l'hémicycle
conçu par Eusebi Arnau et réalisé en
trencadís dans lequel on remarquera les dix-huit sculptures
représentant les esprits de la musique ainsi qu'un
surprenant écu autrichien. Une galerie et une colonnette
d'influence égyptienne contribuent, modestement, à
embellir la perspective d'une salle, véritable sanctuaire
de la musique, dans laquelle se sont produits des interprètes
de la catégorie de Rubinstein, Menuhin ou Pau Casals.
Les motifs floraux sont autant d'éléments remarquables
de la salle, et ils président à tous les éléments
ornementaux, aussi bien au plafond que dans les verrières
; de même que les lampes médiévalisantes,
plus propres d'un château que d'une salle de concert.
Les autres espaces intérieurs remarquables du palais
sont la salle de musique de chambre, dans laquelle on peut
encore contempler la première pierre du bâtiment,
et la salle de repos Lluís Millet, peut-être
la pièce qui est demeurée la plus fidèle
au projet original de Domènech i Montaner.
En faisant le tour du palais par les carrers
d'Amadeu Vives et d'Ortigosa, on revient à la Via Laietana.
Face à nous, se trouve le bâtiment de forme triangulaire
de l'organisme bancaire CAIXA
DE PENSIONS I D’ESTALVIS DE BARCELONA (Via Laietana,
56-58) qui a abrité la fondation "la Caixa"
et qui est, actuellement, le siège d'une salle du Tribunal
supérieur de Justice de Catalogne. Cette œuvre
néomédiévaliste d'Enric Sagnier (1917)
présente sur sa façade une sculpture de Manuel
Fuxà, conçue comme une allégorie de l'économie,
ainsi qu'un spectaculaire arc ogival fermé par des
vitraux polychromes. De l'autre côté du carrer
de Jonqueres se trouve une dépendance de ce bâtiment,
l'EDIFICI ANNEX DE
LA CAIXA DE PENSIONS (IMMEUBLE ANNEXE DE LA CAIXA DE
PENSIONS. C/ Jonqueres, 2), lui aussi conçu par Sagnier,
dans lequel l'architecte insista sur l'utilisation de la pierre
blanche, décorée de quelques azulejos. Toutefois,
on voit poindre dans cette construction des lignes plus modernes,
plus proches des immeubles de bureaux actuels, dont c'est
l'un des premiers exemples dans notre ville.
Traversons la Via Laietana et prenons à
droite, vers la plaça d'Urquinaona. Depuis cette place,
l'itinéraire se poursuit sur la gauche en direction
de la plaça de Catalunya, centre névralgique
de la ville. La construction de cette monumentale place circulaire
fut entamée en 1925, après un demi-siècle
de litiges divers entre la municipalité, l'État
et les propriétaires particuliers des terrains qui
marquèrent pendant des années la frontière
entre l'ancienne ville derrière ses murailles et la
nouvelle cité s'étendant sur la plaine. Le dessin
définitif de la place est de Francesc de Paula Nebot,
qui se limita à transformer un projet antérieur
de Puig i Cadafalch, qui était alors frappé
d'ostracisme par le régime militaire de Primo de Rivera.
Précisément, on peut observer sur la place,
au coin de la Rambla de Catalunya, une œuvre de Puig
i Cadafalch réalisée en 1921 dans les canons
du classicisme moderne, la CASA
PICH I PON (MAISON PICH I PON. Plaça de Catalunya,
9). La plaça de Catalunya marque le début du
passeig de Gràcia et de l'Eixample, authentique habitat
du Modernisme barcelonais. Au beau milieu de la place se trouve
l'Office du Tourisme de Barcelone, point de départ
des itinéraires Walking Tours Modernisme et siège
de l'un des trois centres du Modernisme de Barcelone. Le centre,
dans lequel avec ce guide vous pourrez obtenir gratuitement
les bons de réduction de la Route du Modernisme, est
spécialisé dans l'information sur ce mouvement,
et vous pourrez acheter dans la boutique adjacent toutes sortes
de produits en rapport avec le Modernisme.
Centre d’Informació de Turisme de Barcelona - Centre del Modernisme
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Barcelona Walking Tours
Adresse Office du tourisme de Barcelone. Pl. de Catalunya, 17, sous-sol. Horaire Itinéraires Barcelona Walking Tours Modernisme : les vendredis et samedis à 16 heures. Langues : anglais. Samedis à 16 heures. Langues: catalan et castillian. De juin à septembre à 18 heures. Les 1er et 6 janvier ainsi que les 25 et 26 décembre, il n’y a pas d’itinéraire. Office du tourisme de Barcelone : du lundi au dimanche, de 9 à 21 heures. Fermé les 1er janvier et 25 décembre. Ouvert le 6 janvier de 15 à 21 heures, et le 26 décembre de 9 à 15 heures. Information Tél.: 932 853 832. www.barcelonaturisme.com Prix et remise Prix. Adultes : 12,50 €. Enfants (de 4 à 12 ans) : 5,00 €. Remise de la Route du Modernisme : 20 % sur le tarif des adultes et des enfants. |
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Le passeig de Gràcia est la colonne
vertébrale de l'Eixample. C'est un large boulevard
dans lequel se mêlent les maisons particulières,
les bureaux et les banques, les cinémas, les établissements
prestigieux, les cafés ainsi qu'une bonne partie des
« bijoux » du Modernisme. À l'origine,
ce boulevard était un simple chemin de terre qui reliait
les murailles de Barcelone à la municipalité
voisine de Gràcia, mais cela commença à
changer en 1827 lorsque le chemin fut transformé en
promenade arborée. En 1852, l'avenue étrenna
les premiers lampadaires à gaz, et, en 1853, on y inaugura
dans le tronçon compris entre les actuels carrers d'Aragó
et de Mallorca, les Camps Elisis, vaste zone de loisirs qui
offrait des jardins, des buvettes, des installations permettant
le pique-nique, des salles de fêtes, des montagnes russes
ainsi qu'un auditorium à l'air libre. En 1872, on installa
dans le boulevard la première ligne de tramway à
cheval et, à partir des années 1890, il est
devenu le nouveau centre résidentiel de la haute bourgeoisie.
L’Eixample
La Barcelone de l’Eixample
a commencé à naître
au milieu du XIXe siècle. En 1854,
la ville a obtenu l’autorisation
gouvernementale nécessaire pour
démolir les murailles qui entouraient
Barcelone. Ces murailles, peu appréciées
des Barcelonais parce qu’après
1714 elles avaient été utilisées
pour contrôler et réprimer
la ville davantage que pour la défendre,
s’élevaient là où,
de nos jours, se trouvent les rondes de
Sant Pau, de Sant Antoni, de la Universitat,
de Sant Pere ainsi que le passeig de Lluís
Companys. Toutefois, et malgré
les escouades de volontaires qui se sont
inscrites avec enthousiasme pour tailler
dans la pierre, les murs si exécrés
ne sont pas tombés tout de suite.
La démolition a duré presque
dix ans et elle a été menée
à terme en toute conscience. Quatre
ans plus tard, en 1859, alors que les
murailles étaient à moitié
détruites, l’urbanisation
de la zone située entre la Barcelone
ancienne et la plaine où se trouvaient
les anciennes municipalités de
Gràcia, Sants, Les Corts, Sant
Gervasi de Cassoles et Sant Martí
de Provençals a commencé.
Cette zone initiale de l’Eixample
coïncidait avec la zone de sécurité
militaire de deux kilomètres -la
distance de portée des projectiles
des canons- qui entourait les murailles
de la ville.
L’Eixample se caractérise
par sa trame urbaine en forme de quadrillage,
conçue par l’ingénieur
et urbaniste Ildefons Cerdà en
1859. La conception de Cerdà rappelait
quelque peu le Paris qu’Haussman
avait dessiné pour Napoléon
III, avec de larges boulevards qui taillaient
littéralement le centre ancien
de la capitale française. La principale
différence était que Cerdà
n’avait à « éponger
» aucun noyau urbain. Il s’affrontait
à une vaste zone de terrain ouvert,
un authentique rêve pour un urbaniste.
Cerdà, homme d’inspiration
socialiste, a imaginé un quadrillage
urbain dans lequel chaque bloc représenterait
la société et permettrait
la cohabitation de bourgeois, d’artisans,
de commerçants et d’ouvriers
dans une ville qui aurait aboli les hiérarchies.
Toutefois, cet idéal de Cerdà
n’est jamais allé au-delà
de l’utopie. Les lois du marché
immobilier ont fait que, rapidement, des
zones de l’Eixample sont devenues
plus chères et plus exclusives
que d’autres. La frontière
était marquée par la ligne
de chemin de fer qui, depuis 1863, unissait
la plaça de Catalunya au village
de Sarrià par l’actuel carrer
de Balmes -ligne qui a été
enterrée en 1929, et qui correspond
actuellement aux lignes U6 et U7 des Ferrocarrils
de la Generalitat de Catalunya-. À
gauche de ces lignes, le terrain est meilleur
marché, et à droite, beaucoup
plus cher. Par conséquent, l’architecture
modernista, au service de la vanité
de la bourgeoisie prospère du moment,
a été concentrée
pour l’essentiel dans le quartier
que l’on appelle communément
la Dreta de l’Eixample (la droite
de l’Eixample).
Cette divergence entre le projet de Cerdà
et la réalité n’est
pas la seule qu’ait vécue
l’Eixample. Cerdà avait projeté
cinq cent cinquante pâtés
de maisons séparés par des
rues de vingt mètres de largeur
: de vastes îlots ouverts comportant
des jardins intérieurs, avec des
coins en pan coupé à 45º.
La fonction de ces pans coupés
était de laisser un espace suffisant
pour le virage des véhicules de
transport public ainsi que de créer
un lieu qui serait réservé
aux chargements et aux déchargements
des marchandises. Cependant, à
l’exception de ces pans coupés,
aucune des idées originales n’a
été l’objet de la
moindre réalisation. Les pâtés
de maisons actuels sont fermés,
et les cours intérieures avec des
jardins ont quasiment toutes disparu au
profit de magasins, d’entrepôts
ou de garages. Pas davantage que n’ont
été respectés les
dix-sept mètres prévus comme
hauteur maximum, ni les quatre mille mètres
carrés de superficie constructible
pensés par Cerdà. Les promoteurs
immobiliers ont passé outre les
prévisions de l’urbaniste
et ont élevé la surface
constructible jusqu’à seize
mille mètres carrés.
La construction du nouveau quartier projeté
par Cerdà, commencée en
1860, a été lente et discontinue.
Les premiers immeubles de l’Eixample
sont ceux qui ont occupé les quatre
angles de la confluence des carrers de
Roger de Llúria et del Consell
de Cent -aujourd’hui il n’en
reste plus qu’un, celui du carrer
del Consell de Cent, 340-. En 1872, il
n’y avait qu’un millier de
logements concentrés pour l’essentiel
dans la zone située entre le passeig
de Gràcia et les carrers del Consell
de Cent, de Casp et de Bailèn.
Un millier d’appartements dans lesquels
ont vécu les quarante mille premiers
habitants d’un quartier qui n’a
pas commencé à croître
de manière soutenue avant 1880,
coïncidant avec une nouvelle génération
d’architectes, plus ambitieux et
plus talentueux que leurs aînés,
et qui ont dirigé la construction
de l’Eixample. Ces architectes -avec
Gaudí, Puig i Cadafalch et Domènech
i Montaner à leur tête- ont
fait de l’Eixample un authentique
musée à l’air libre
en y construisant des logements ventilés,
ensoleillés et bien distribués
; fonctionnels, comme on dirait de nos
jours. En résumé, les immeubles
de l’Eixample ont été
les demeures les plus modernes de l’aube
du XXe siècle et, malgré
les altérations du projet de Cerdà,
l’Eixample est aujourd’hui
l’une des zones urbaines les plus
intéressantes d’Europe. Au
cours de ces dernières années,
on a récupéré à
l’initiative de la municipalité
certaines cours intérieures de
ces pâtés de maisons. |
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Son caractère de zone aisée est mis en évidence
par l'un de ses éléments les plus singuliers,
ses trente et un Bancs-fanals, projetés en 1906 par
Pere Falqués (55) et qui passent actuellement un peu
inaperçus entre le mobilier urbain et la marée
de circulation automobile qui envahit chaque jour l'avenue.
Un autre de ses éléments les plus caractéristiques
est constitué par les panots des trottoirs, copiés
sur les gros carreaux hexagonaux dessinés par Gaudí
pour le sol de la Casa Batlló, et qui furent installés
finalement dans les cuisines de la Pedrera. En 2002, la municipalité
a fait daller le passeig de Gràcia avec ces carreaux
hexagonaux monochromes, tous identiques, qui représentent
des motifs marins quand on regarde un ensemble de six pièces
: un poulpe, un escargot et une étoile de mer. Les
carreaux originaux, produits par l'entreprise Escofet, furent
l'un des premiers dallages décorés projetés
pour être produits en série.
Les merveilles architecturales du passeig
de Gràcia commencent presque dès son début
avec la CASA PASCUAL
I PONS (25) (MAISON PASCUAL I PONS. Passeig de Gràcia,
2-4). Au moment de la clôture de cette édition
commençait sa restauration. L'œuvre la plus gothique
d'Enric Sagnier i Villavecchia, l'un des architectes les plus
prolifiques du Modernisme barcelonais. Le principal intérêt
du bâtiment se trouve à l'intérieur :
des vitraux sertis au plomb qui représentent des personnages
médiévaux, visibles depuis l'extérieur
; l'escalier orné d'éléments de sculpture
ainsi que de luminaires de fer et de verre ; enfin, une noble
cheminée de bois. Construite en 1890-1891, la Casa
Pascual i Pons était à l'origine constituée
de deux maisons indépendantes conçues de manière
unitaire afin d'exploiter leur exceptionnelle situation urbanistique,
au coin que fait la plaça de Catalunya avec le passeig
de Gràcia. L'ensemble fut profondément remodelé
en 1984. Poursuivons notre promenade sur le passeig de Gràcia
jusqu'au carrer de Casp dans lequel il vaut la peine de s'écarter
de l'itinéraire quelques minutes.
Le premier immeuble remarquable que l'on
croise sur notre passage dans ce tronçon de la Route
du Modernisme est la CASA
LLORENÇ CAMPRUBÍ (26) (MAISON LLORENÇ
CAMPRUBÍ. C/ Casp, 22), œuvre d'Adolf Ruiz i Casamitjana
(1901). Avec une remarquable tribune qui occupe l'entresol
et le premier étage, la Casa Camprubí est un
bon exemple du travail de Ruiz de la fin du siècle,
époque à laquelle cet architecte réalisa
une interprétation très personnelle d'un vaste
répertoire de formes et d'éléments néogothiques.
Le rendez-vous suivant de notre déviation dans le carrer
de Casp est la CASA
SALVADÓ (MAISON SALVADÓ. C/ Casp, 46),
œuvre de Juli Batllevell. Ce bâtiment représente
une alternative éclectique à une époque
(1904) et au milieu d'une zone dominée par le Modernisme.
À la porte contiguë se trouve la CASA
CALVET (27) (MAISON CALVET. C/ Casp, 48), œuvre
d'Antoni Gaudí. L'architecte commença avec la
Casa Calvet (1898), son premier immeuble de logements en plein
Eixample, une ligne qui fut largement suivie par les auteurs
d'autres maisons qui, comme la sienne, firent usage d'éléments
baroques ou rococos, tels que les formes ondulées et
le traitement particulier de leur superficie irrégulière
de pierre sableuse de Montjuïc, les balcons ou les tribunes.
Dans la Casa Calvet, Gaudí donna un traitement différencié
à chacun des éléments qui conforment
le bâtiment. La façade est présidée
par une tribune baroque avec des balustrades de fer forgé
et des reliefs représentant différents types
de champignons en hommage à la passion mycologique
d'Eduard Calvet, premier propriétaire de l'immeuble.
La décoration de la tribune comprend aussi un écu
de Catalogne et un cyprès, symbole d'hospitalité.
Il vaut aussi la peine de regarder le vestibule d'entrée
ainsi que le rez-de-chaussée, aujourd'hui transformés
en restaurant Casa Calvet (Réservation obligatoire
au téléphone 934 124 012. Pour davantage d'information,
voir On sort, guide des bars et restaurants modernistes).
À l'intérieur du restaurant, on a conservé
le mobilier du bureau original du négoce textile des
Calvet. Parmi d'autres éléments, on remarquera
les lampes, les bancs du hall d'entrée ainsi que ceux
qui sont adossés au mur, les paravents de bois qui
séparaient les différents bureaux, les heurtoirs
des portes ainsi que les poutres du plafond.
De retour sur le passeig de Gràcia,
nous trouvons le bâtiment des
CASES ROCAMORA (28) (MAISONS ROCAMORA. Passeig de Gràcia,
6-14). Cet immeuble est, avec la Casa de les Punxes (Maison
des Punxes), de Puig i Cadafalch, l'un des plus grands ensembles
architecturaux de tout l'Eixample. Contrairement à
l'habitude à cette époque-là, son terrain
ne fut pas divisé en plusieurs lots pour y construire
divers immeubles sinon qu'il fut utilisé pour l'édification
d'un unique volume architectural afin d'accentuer la magnificence
du bâtiment. L'œuvre, de style néogothique
marqué, a été signée en 1914 par
les frères Bassegoda -Joaquim et Bonaventura-, qui
consacrèrent une attention toute spéciale au
traitement de la pierre de la façade ainsi qu'au singulier
ensemble de tribunes qui fait le coin avec le carrer de Casp.
L'itinéraire se poursuit sur le passeig
de Gràcia jusqu'à ce que l'on parvienne à
la Gran Via de les Corts Catalanes, l'une des trois grandes
artères que Cerdà conçut pour traverser
et faciliter les communications dans le quadrillage de l'Eixample
-les deux autres sont l'avinguda Diagonal et l'avinguda Meridiana-.
Le croisement de ces deux grandes avenues est présidé
par deux bâtiments tout à fait singuliers bien
qu'ils ne soient pas modernistes. À gauche se trouve
le PALAU MARCET
(PALAIS MARCET. Passeig de Gràcia, 13), un petit palais
urbain construit en 1887 par Tiberi Sabater et qui, des années
plus tard, en 1934, fut transformé en théâtre
aujourd'hui reconverti en cinéma multisalle. À
droite, on peut contempler la façade ondulée
et rationaliste, décorée de pavés de
verre de la JOIERIA
ROCA (BIJOUTERIE ROCA. Passeig de Gràcia, 18),
dessinée par Josep Lluís Sert en 1934.
Une déviation, à gauche, par
la Gran Via de les Corts Catalanes en direction de la plaça
d'Espanya nous conduit à divers bâtiments modernistes
intéressants, mais auparavant nous croisons la CASA
PIA BATLLÓ (MAISON PIA BATLLÓ. Rambla
de Catalunya, 17), bâtiment éclectique et néogothique
de Josep Vilaseca (1896) qui fait le coin et est rehaussé
par deux tours de céramique vitrifiée, elles-mêmes
couronnées par des miradors de fer forgé. Après
avoir dépassé le monumental cinéma Coliseum
ainsi que le bâtiment néoclassique de l'Université
de Barcelone (Elies Rogent, 1861), on peut observer, sur le
trottoir opposé, la CASA
GERÓNIMO GRANELL (29) (MAISON GERÓNIMO
GRANELL. Gran Via de les Corts Catalanes, 582) de l'architecte
Gerónimo F. Granell i Barrera. Il s'agit d'un immeuble
qui a été entièrement restauré
en 2004 afin de faire ressortir les éléments
modernistes originaux de 1902, parmi lesquels on remarquera
la tribune qui rompt de manière délicieuse la
symétrie de la façade.
Plus loin, au coin du carrer de Villarroel,
on trouve le CONJUNT
DE TRES EDIFICIS (30) (ENSEMBLE DE TROIS BÂTIMENTS.
Gran Via de les Corts Catalanes, 536-542 ; C/ Villarroel,
49-51), de style modernista et d'un auteur inconnu. C'est
dans l'un de ces immeubles que se trouve la
FARMÀCIA MESTRE (PHARMACIE MESTRE) qui conserve
une grande partie de sa décoration originale de 1903,
tout particulièrement en ce qui concerne les portes
et les vitrines. En continuant la Gran Via, deux rues plus
loin, au croisement avec le carrer del Comte Borrell, il vaut
la peine de consacrer quelques instants à la FARMÀCIA
MADROÑAL (PHARMACIE MADROÑAL. C/ Comte
Borrell, 133). Tout près de là, sur le trottoir
opposé, nous parvenons à la CASA
GOLFERICHS (31) (MAISON GOLFERICHS. Gran Via de les
Corts Catalanes, 491), maison indépendante modernista
de Joan Rubió i Bellvé construite en 1901 pour
Macari Golferichs, commerçant de bois exotiques. Convertie
après la Guerre civile en école religieuse,
elle a été achetée à la fin des
années soixante par un promoteur privé qui avait
l'intention de la détruire et de construire à
sa place un immeuble de logement, mais les protestations insistantes
des habitants du quartier ont évité la disparition
pour cause de spéculation de ce que les gens du quartier
appelaient el xalet (la villa). En 1980, la municipalité
de Barcelone en a récupéré la propriété
pour en faire une maison de quartier et y a réalisé
des travaux jusqu'à la fin de la restauration en 2004.
Un peu plus loin, sur le même trottoir,
nous trouvons la CASA
DE LA LACTÀNCIA (32) (MAISON DE L'ALLAITEMENT.
Gran Via de les Corts Catalanes, 475-477), joli bâtiment
de tons bleus avec un relief sculpté qui rappelle son
usage primitif. La maison, construite par Antoni de Falguera
i Sivilla et Pere Falqués i Urpí entre 1908
et 1913, a pour intérêt principal un patio central
décoré de céramiques et couronné
d'une claire-voie qui lui confère une grande luminosité.
En arrivant à la plaça d'Espanya, on passe devant
la CASA FAJOL
(MAISON FAJOL. C/ Llançà, 20), de Josep Graner
i Prat (1912), connue habituellement sous le nom de casa de
la papallona (maison du papillon) du fait du couronnement
de trencadís représentant un papillon aux lignes
courbes de proportions inhabituelles qui, sans le moindre
doute, distingue le bâtiment.
En poursuivant par la Gran Via de les Corts
Catalanes, nous parvenons à la plaça d'Espanya,
lieu de confluence d'importantes artères de la ville,
et nous pénétrons dans le district de Sants.
Il émane de ce quartier un arôme traditionnel
où l'on respire encore le passé industriel et
ouvrier ; peut-être d'ailleurs est-ce la raison pour
laquelle le Modernisme n'y a guère laissé d'empreinte,
à l'exception de quelques bâtiments emblématiques.
Au beau milieu de cette place se trouve la
FONT COMMEMORATIVA DE L’EXPOSICIÓ DE 1929
(FONTAINE COMMÉMORATIVE DE L'EXPOSITION DE 1929. Plaça
d'Espanya, s/n). Ce monument, œuvre de Josep M. Jujol,
a été construit sur la place même de l'entrée
à l'Exposition internationale de 1929, bien qu'il n'ait
été terminé qu'après l'événement.
La fontaine comprend un groupe de sculptures de Miquel Blay
et des frères Miquel et Llucià Oslé,
et elle est considérée comme étant de
style éclectique.
Nous montons ensuite au Palau Nacional par
l'avinguda de la Reina Maria Cristina, si celle-ci n'est pas
fermée au public à cause de la foire-exposition
de la Fira de Barcelona (Consulter le Centre du Modernisme
au tél. : 902 076 621) ; si celle-ci est fermée,
nous passerons par le carrer Mèxic. Poursuivons notre
chemin par ESCALES
I EL MIRADOR DEL PALAU NACIONAL, (LES ESCALIERS ET
LE MIRADOR DU PALAIS NATIONAL), qui constituent l'axe central
de l'exposition de 1929 projeté par l'architecte Josep
Puig i Cadafalch. Avec ses trois places à différents
niveaux réunies par les escaliers et par des cascades
situées au centre, l'ensemble respecte une rigoureuse
symétrie. Sur la première place, se trouve la
FONT MÀGICA
(FONTAINE MAGIQUE), œuvre de l'ingénieur Carles
Buïgas construite en 1929. Cette fontaine tient son nom
du caractère qu'elle avait à l'époque
de l'exposition du fait des spectaculaires jeux d'eau et de
lumière de couleurs, que l'on peut encore y voir de
nos jours (Consulter les horaires au tél. 010). En
remontant les escaliers, on parvient à la plaça
del Marquès de Foronda et l'on trouve, d'un côté
et de l'autre, le PALAU
D’ALFONS XIII (PALAIS D'ALFONS XIII) et le PALAU
DE LA REINA VICTÒRIA EUGÈNIA (PALAIS
DE LA REINA VICTÒRIA EUGÈNIA). Ces deux palais,
construits en 1918 par Josep Puig i Cadafalch, ont été
des pavillons de l'Exposition de 1929 et ils font partie aujourd'hui
de la foire-exposition de Barcelone.
L'axe se termine par le mirador du PALAU NACIONAL (PALAIS
NATIONAL), qui a fait fonction de palais de l'Exposition internationale
de 1929. Construit entre 1927 et 1929 selon le projet d'Eugeni
P. Cendoya et d'Enric Catà, avec la collaboration de
Pere Domènech i Roura, cet édifice fait partie
de ce que l'on appelle le « monumentalisme éclectique
».
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