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Museu Nacional d'Art de Catalunya MNAC
Adresse Palau Nacional, Parc de Montjuïc. 08038 Barcelona. Horaire Du mardi au samedi, de 10 à 19 heures ; dimanches et jours de fête, de 10 à 14 heures 30. Fermé les lundis non fériés, ainsi que les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre. Information Tél. : 936 220 376. info@mnac.es; www.mnac.es Remarques La vente des entrées se termine une demi-heure avant la fermeture des salles [à 18 heures 30 et à 14 heures]. Les horaires peuvent subir des variations, il est donc conseillé de les vérifier à l’avance). Prix et remise Prix. Adultes : 8,50 €. Étudiants : 5,95 €. Retraités et moins de 14 ans : gratuit. Remise de la Route du Modernisme : 30 % sur le tarif des adultes (prix avec remise 5,95 €). |
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Il abrite actuellement le MUSEU
NACIONAL D’ART DE CATALUNYA (MNAC), (34) (MUSÉE
NATIONAL D'ART DE CATALOGNE) qui, depuis 2004, après
l'achèvement des travaux de réhabilitation
du bâtiment, présente finalement rassemblées
toutes ses collections. Le fonds du MNAC comporte un impressionnant
échantillon des mille dernières années
d'art en Catalogne : peinture, sculpture, arts décoratifs,
dessin et gravure, photographie et numismatique. Naturellement,
il comprend un panorama de l'art modernista catalan du milieu
du XIXe siècle jusqu'à la moitié du
XXe. Les collections du MNAC, parmi les plus représentatives
de ce mouvement, en font le musée barcelonais du
Modernisme par excellence, puisqu'il conserve et présente
le plus remarquable de sa production d'arts visuels dans
toute sa diversité : peinture, sculpture et arts
décoratifs.
D'autre part, la visite du musée est
indispensable pour situer l'œuvre des architectes modernistes
dans le contexte artistique de leur époque. S'il est
vrai que Gaudí, par exemple, fréquentait peu
les cénacles modernistes, il a toujours maintenu des
relations d'amitié -avec des influences réciproques-
avec divers artistes faisant partie de ce mouvement tels que
les sculpteurs Josep Llimona et Carles Mani, ainsi que les
peintres Joaquim Mir, Anglada i Camarasa, Francesc Gimeno
ou Darío de Regoyos, qui sont tous représentés
dans les collections du musée. De nombreuses œuvres
exposées renvoient à des lieux du parcours de
la Route du Modernisme. On y trouve, par exemple, l'original
de Ramon Casas et Pere Romeu sur un tandem (1897), du peintre
Ramon Casas (1866-1932) dont une copie ornait le mur du bar-restaurant
Els Quatre Gats (point (23) de la Route). Le riche ensemble
d'arts décoratifs du musée nous permet de découvrir
la décoration intérieure des étages nobles
de certains des immeubles les plus emblématiques de
l'architecture modernista, comme ceux qui constituaient la
fameuse Mansana de la Discòrdia du passeig de Gràcia.
De la Casa Amatller (44), le musée présente
divers éléments du mobilier tels qu'un banc,
une vitrine et un plafonnier, œuvres de Puig i Cadafalch
lui-même. De la Casa Batlló (45), il exhibe divers
éléments conçus par Antoni Gaudí,
comme une porte coulissante, une chaise et un sofa très
caractéristiques de son style. L'architecte Lluís
Domènech i Montaner a chargé de la décoration
intérieure de la Casa Lleó Morera (43) l'ébéniste
majorquin Gaspar Homar (1870-1953), l'une des principales
figures des arts décoratifs du Modernisme : ses œuvres
ont été primées à Barcelone, Madrid,
Londres (1907) et Paris (1909). De cette décoration,
le musée conserve la quasi totalité de la salle
de séjour ainsi que des éléments d'autres
pièces, tels qu'un sofa doté de vitrines latérales
et d'un panneau de marqueterie. Pour compléter la vision
de l'art modernista en Catalogne, le visiteur doit aussi contempler
des œuvres de sculpture, avec Josep Llimona, Eusebi Arnau
et Miquel Blay. Il vaut aussi la peine de découvrir
les œuvres d'autres artistes appartenant à des
mouvements antérieurs au Modernisme -Marià Fortuny
ainsi que les disciples de l'École de Rome- et postérieurs.
La deuxième génération d'auteurs modernistes
tels que Joaquim Mir, ou les artistes de la période
noucentista, Joaquim Sunyer, Joaquim Torres García
ou Manolo Hugué, entre autres, et de la sculpture d'avant-garde
de Pablo Gargallo et Juli González, sont particulièrement
intéressants.
Descendons à la plaça de Carles Buïgas
et, par l'avinguda del Marquès de Comillas, nous parvenons
à CAIXAFORUM
- FÀBRICA CASARAMONA (35) (CAIXAFORUM - USINE
CASARAMONA. C/ Marquès de Comillas, 6-8). L'industriel
Casimir Casaramona décida d'installer son usine textile
dans la montagne de Montjuïc et chargea du projet Josep
Puig i Cadafalch (1912-1913). Le résultat est un ensemble
typique d'architecture industrielle dans lequel ne manquent
ni les voûtes à la catalane, ni la décoration
de céramique modernista ou de pierre artificielle.
Par contre, Puig i Cadafalch dota l'ensemble d'un parfum néogothique
caractéristique ainsi que de détails d'une authentique
personnalité, tels que les pinacles et les tours de
plan carré. L'usine, le plus grand bâtiment jamais
construit par Puig i Cadafalch, cessa d'être utilisée
avec le temps et, en 1940, elle fut transformée en
écuries destinées aux chevaux de la Police nationale.
En 1998 commencèrent des travaux de réhabilitation
pour faire de l'ancienne usine le CaixaForum, c'est-à-dire
le nouveau siège social et culturel de la fondation
"la Caixa". Il s'agit d'un centre dynamique et polyvalent
qui accueille des expositions, des ateliers, des conférences,
des cours et des concerts, et il offre des visites guidées
aussi bien des expositions que du bâtiment modernista
lui-même, parmi de nombreuses autres activités.
CaixaForum. Antiga Fàbrica Casaramona
Adresse Ferrer i Guàrdia, 6-8. Horaire De mardi a dimanche et jours ferées, de 10 à 20 houres. Information Tél. 934 768 600. info.fundacio@lacaixa.es; www.fundacio.lacaixa.es Remarques Entrée gratuite. Les horaires peuvent subir des variations. |
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En suivant la Gran Via en direction de L'Hospitalet
de Llobregat, on rencontre aussi l'
ESTACIÓ DE LA MAGÒRIA (36) (GARE DE MAGÒRIA.
Gran Via de les Corts Catalanes, 181-247 ; C/ Moianès,
1-17), construite par Josep Domènech i Estapà
en 1912. Cette gare était destinée aux trains
de marchandises allant au port et poursuivant leur route par
la ligne des chemins de fer de la Generalitat de Catalunya
(FGC) qui passe en souterrain par la Gran Via. Les voies de
garage ainsi que les terrains adjacents ont été
transformés en zone omnisports. Pas très loin
de là, à la fin du carrer del Moianès,
se trouve le carrer Creu Coberta, où l'on peut voir
deux exemples remarquables du Modernisme des premières
années À droite, se trouve le MERCAT
D’HOSTAFRANCS (37) (MARCHÉ D'HOSTAFRANCS.
C/ Creu Coberta, 93), réalisé en 1888 par Antoni
Rovira i Trías, le même ingénieur qui
fit un autre marché, celui de Sant Antoni, avec lequel
il partage sa structure de fer, en même temps typique
et charmante. En traversant la rue, on trouve l'ancienne lieutenance
de la mairie d'Hostafrancs, actuel SEU
DEL DISTRICTE DE SANTS-MONTJUÏC (38) (SIÈGE
DU DISTRICT DE SANTS-MONTJUÏC. C/ Creu Coberta, 106),
construite par Jaume Gustà i Bondia (1895) et Ubald
Iranzo i Eiras (1908-1915). Partiellement modernista, avec
des éléments éclectiques, ce bâtiment
est surtout remarquable par ses verrières, œuvre
de Francesc Labarta.
De retour au croisement de la Gran Via et
du passeig de Gràcia et un peu plus haut, sur le trottoir
de gauche, s'élève la CASA
MALAGRIDA (39) (MAISON MALAGRIDA. Passeig de Gràcia,
27), œuvre de Joaquim Codina i Matalí, réalisée
entre 1905 et 1908. Comme d'autres bâtiments de l'époque
situés dans la meilleure zone de l'Eixample, la Casa
Malagrida a une apparence extérieure de petit palais
urbain fuyant la typologie habituelle des immeubles de logements
de ce quartier. Malgré cet aspect, cette maison avait
pour but, depuis son origine, de loger plusieurs familles.
Le plus remarquable de cet immeuble est son spectaculaire
couronnement en forme de coupole ainsi que les lampadaires
de fer forgé d'un vestibule dans lequel il vaut aussi
la peine de contempler les élégantes fresques
du plafond à caissons.
En arrivant au carrefour que fait le passeig de Gràcia
avec le carrer del Consell de Cent, nous tournerons vers la
droite dans ce dernier et le suivrons pendant quelques pas,
dans le sens de la marche des automobiles. Notre destination
est l'origine même de l'Eixample : les premières
maisons qui furent construites dans la zone. Les
CASES CERDÀ (MAISONS CERDÀ Consell de
Cent/Roger de Llúria) furent édifiées
en 1864 par Antoni Valls. En suivant cette même direction,
on pourra voir l'ancienne CONFITERIA
J. REÑÉ (Consell de Cent, 362, CONFISERIE
J. REÑÉ), établissement qui a conservé
sa décoration modernista.
Un peu plus loin, et en parvenant au carrer de Girona, nous
trouvons une boutique modernista, le FORN
SARRET (40) (BOULANGERIE SARRET. C/ Girona, 73), de
1898, avec des portes de marqueterie dignes d'éloges
et un écu, présidant la porte, dans lequel est
faite une allégorie de la moisson du blé. Sur
le pan coupé opposé, se trouve l'ancien
FORN DE LA CONCEPCIÓ (41) (BOULANGERIE DE LA
CONCEPCIÓ. C/ Girona, 74), de Josep Suñer (1900).
En remontant par le carrer de Girona, on trouve la CASA
POMAR (42) (MAISON POMAR. C/ Girona, 86). Il s'agit
d'une édification originale de Rubió i Bellvé
(1906) dont la façade lui donne un aspect d'église
-ne pas oublier de contempler la céramique verte en
forme de quille de bateau qui préside à la porte
principale-. En revenant par le carrer del Consell de Cent,
on peut descendre quelques pas dans le carrer de Roger de
Llúria, où se trouve la TORRE
DE LES AIGÜES (TOUR DES EAUX. C/ Roger de Llúria,
56), construite en 1867 par Josep Oriol Mestres. En 1987,
ce bâtiment devint le premier pâté de maisons
dont l'intérieur public avait été reconquis
par la mairie dans une tentative de récupération
du projet initial de Cerdà. L'été, la
mairie de l'arrondissement de l'Eixample transforme le lieu
en une sorte de « plage de quartier » improvisée.
Devant ce bâtiment, se trouve le passatge de Permanyer,
une jolie ruelle bordée de maisonnettes qui semble
vouloir nous transporter dans le Londres victorien.
Reprenons la Route sur le passeig de Gràcia. L'étape
suivante de notre promenade à la rencontre du Modernisme
barcelonais est la
MANSANA DE LA DISCÒRDIA (PÂTÉ DE
MAISONS DE DISCORDE), véritable centre symbolique de
ce mouvement : cent mètres de rue qui réunissent
trois œuvres maîtresses des trois chefs de file
modernistes : Lluís Domènech i Montaner -Casa
Lleó Morera-, Josep Puig i Cadafalch -Casa Amatller-
et Antoni Gaudí -Casa Batlló-. Ce pâté
de maisons reçut cette appellation du fait de la compétition
esthétique entre trois immeubles qui est, de fait,
l'expression du phénomène qui eut lieu au cours
de ces années entre les familles bourgeoises de Barcelone
; celles-ci, en effet, voulaient, en s'installant dans l'Eixample,
posséder la maison la plus spectaculaire et la plus
riche.
Le premier bâtiment intéressant de cette inénarrable
Mansana de la Discòrdia est la CASA
LLEÓ MORERA (43) (MAISON LLEÓ MORERA.
Passeig de Gràcia, 35) qui, malheureusement, ne peut
pas être visitée. Lluís Domènech
i Montaner se chargea en 1905 des travaux de modification
de cette maison construite en 1864 par la Sociedad Fomento
del Ensanche afin de l'améliorer et de la redécorer
pour ses nouveaux propriétaires, la famille Lleó
Morera. Le plus proche du style Renaissance des architectes
de la Barcelone modernista parvint à conjuguer dans
la Casa Lleó Morera, œuvre petite voire modeste,
l'effort créateur d'un nombre considérable d'artistes
et d'artisans qui, travaillant en étroite collaboration,
parvinrent à offrir une surprenante et presque miraculeuse
unité finale, dans le plus pur style floral de Domènech
i Montaner. Ainsi, la Casa Lleó Morera présente,
depuis le vestibule et en passant par l'escalier, l'ascenseur
et l'étage principal, l'un des ensembles les plus riches
et les mieux conservés des arts appliqués du
Modernisme : mosaïques, verrières, marqueteries,
dallages, sculptures, etc. À l'étage noble du
bâtiment se trouve, précisément, l'un
des grands trésors du Modernisme barcelonais : une
monumentale verrière de l'entreprise d'Antoni Rigalt
(Rigalt, Granell i Cia) qui occupe un pan de l'ancienne salle
à manger principale de la maison et qui représente
une bucolique scène rurale. La même pièce
présente huit panneaux de céramique avec des
figures de porcelaine en relief sur lesquels l'artiste Eusebi
Arnau sculpta une berceuse, La dida de l'infant rei (La nourrice
de l'enfant roi).
Josep
Puig i Cadafalch (1867-1956)
Josep Puig i Cadafalch est né
en 1867 au sein d’une famille aisée
de Mataró, à une trentaine
de kilomètres au nord-est de Barcelone.
Il s’est rapidement fait remarquer
par son intelligence et sa précocité
: en effet, à seize ans, il donnait
déjà des conférences
et publiait des articles, particulièrement
sur l’art roman. Cette spécialité,
en effet, a été la grande
passion de sa vie, et elle l’a mené
à être considéré
comme une autorité mondiale en la
matière, avec sa trilogie scientifique
L’arquitectura romànica de
Catalunya (L’architecture romane en
Catalogne) (1909-1918) et cinq doctorats
honoris causa en Europe et aux États-Unis.
À 25 ans, après avoir étudié
à l’École d’architecture
de Barcelone -où il a été
l’élève de Domènech
i Montaner-, Puig était déjà
l’architecte municipal de Mataró,
où il a fait construire un nouveau
marché (1892) ainsi qu’un
système d’égouts moderne
(1895). Parallèlement, il acceptait
des commandes privées, dont certaines
ont donné lieu à de grandes
œuvres telles que la Casa Coll i
Regàs de Mataró ou la Casa
Garí « el Cros » d’Argentona,
toutes deux en 1898. Toutefois, on l’a
rapidement réclamé à
Barcelone où, en 1895, il a commencé
à travailler à la Casa Martí.
Trois ans plus tard, il projetait déjà
la Casa Amatller ainsi que le Casa Macaya.
C’est aussi à cette époque
qu’il a commencé à
impulser et à participer à
une série de projets archéologiques
(Empúries, Sant Pere de Rodes,
églises de Sant Pere de Terrassa)
et muséologiques (collection de
peinture romane du MNAC), qui sont aujourd’hui
des pièces fondamentales de l’art
et de l’histoire de la Catalogne.
La rapide implication de Puig avec la
ville de Barcelone l’a mené
à être conseiller de la Mairie
en 1901. Il entamait ainsi une longue
carrière politique, qui passera
ensuite par la députation aux parliement
de Madrid et, pendant de nombreuses années,
par la députation provinciale.
En 1917, il a succédé à
Prat de la Riba en tant que président
de la Mancomunitat de Catalunya, première
tentative de gouvernement autonome qui
avait commencé trois ans auparavant.
Comme il ne pouvait pas en être
autrement, Puig i Cadafalch a été
un président produisant beaucoup
et dans diverses directions, en dépit
du peu de pouvoir réel et de ressources
dont il disposait. Ainsi, comme tout bon
modernista, il a travaillé à
la modernisation de la Catalogne en la
dotant d’infrastructures propres
à un État moderne, avec
des projets tels que : la création
d’établissements scolaires
techniques et professionnels publics comme
l’École d’Infirmerie,
l’École de Commerce et l’École
des Industries textiles ; l’extension
territoriale systématique du réseau
téléphonique ; la promotion
d’organismes de bien-être
social comme la première organisation
d’aveugles et la Maternité
; ou la fondation d’institutions
scientifiques catalanes comme l’IEC
(Institut d’Estudis Catalans, l’academie
scientifique) le futur MNAC (Musée
National d’Art de Catalogne) et
la Bibliothèque de Catalogne. L’exercice
de cette responsabilité, cependant,
ne l’a pas empêché
de poursuivre son travail d’architecte
et d’urbaniste. Par ailleurs, le
fait que l’on ait commandé
au président des œuvres publiques
telles que l’urbanisation de la
Via Laietana ou la planification de l’enceinte
de l’Exposition internationale de
1929 illustre clairement comment s’organisait
la bourgeoisie catalane de l’époque.
Le coup d’État du général
Primo de Rivera en 1923, que le conservateur
Puig a accueilli avec un optimisme réservé,
devait abolir la Mancomunitat un an plus
tard, en même temps qu’il
décréterait l’interdiction
de toutes les activités politiques
et culturelles catalanes. En plus de la
perte de son poste, Puig i Cadafalch a
été condamné à
un ostracisme professionnel et public
qui, d’une manière ou d’une
autre, devait l’accompagner tout
le reste de sa vie. En 1936, lorsque la
Guerre civile éclate, les Puig
s’exilent en France, et ils ne rentreront
pas avant 1942. Le vieil architecte catalaniste
a fait encore quelques projets dans le
nouveau régime fasciste espagnol,
projets que bien souvent d’autres
architectes devaient signer afin qu’ils
soient approuvés. Puig i Cadafalch
est mort en 1956 à Barcelone. |
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Sur la façade, on remarquera tout
spécialement les travaux du sculpteur Arnau, mais les
cariatides des arcs du rez-de-chaussée ont été
mutilées dans les années quarante en même
temps que d'autres détails ornementaux afin qu'une
boutique pût installer ses vitrines. Le rez-de-chaussée
a été partiellement restauré en 1992
grâce à des photographies et d'autres documents
de l'époque. Au MNAC
(34), on peut contempler des éléments de l'architecture
intérieure de l'étage principal, œuvres
de l'ébéniste Gaspar Homar. Parmi les meubles,
éclairages et tapis, on remarquera un gigantesque sofa-placard
de marqueterie.
À côté même de
la Casa Lleó Morera se trouvent deux bâtiments
qui remplissent à la perfection les fonctions de contrepoint
contemporain, discret mais sans appel, des grandes œuvres
de la Mansana de la Discòrdia. Le premier d'entre eux
est la CASA MULLERAS
(MAISON MULLERAS. Passeig de Gràcia, 37), sobre intervention
architecturale d'Enric Sagnier qui, en 1911, reforma un bâtiment
de 1868 en lui substituant complètement la façade.
Le deuxième est la CASA
BONET (MAISON BONET. Passeig de Gràcia, 39),
œuvre classiciste peu brillante de Jaume Brossa (1901)
dont on ne remarquera que le curieux musée du Parfum
fondé en 1961 au rez-de-chaussée. Ce musée
présente un vaste échantillon de presque cinq
mille flacons de parfums et d'essences de différentes
cultures et civilisations ; depuis les fioles égyptiennes,
les céramiques grecques, les verres romains et puniques,
et les récipients arabes et orientaux, jusqu'à
une intéressante collection de flacons d'essences du
XVIIe au XIXe siècles en porcelaine, cristal et autres
matériaux nobles.
En remontant le passeig, le deuxième
grand monument moderniste est la CASA
AMATLLER, (44) (MAISON AMATLLER). L'histoire de cet
immeuble remonte à 1898, quand l'industriel chocolatier
Antoni Amatller, collectionneur de verres anciens et photographe
amateur, voulut transformer un immeuble anodin de 1875 qu'il
avait acheté pour y installer sa résidence principale.
L'industriel chargea des travaux l'architecte Puig i Cadafalch,
qui fit le choix de lui donner l'apparence d'un palais gothique
urbain, avec une façade plane et un patio central dans
lequel débouche un escalier permettant d'accéder
au logement principal, bien que l'immeuble ait dû être
habité par diverses familles.
Puig i Cadafalch créa pour la Casa Amatller une lecture
très personnelle du gothique, ouvrant la voie qui lui
permit de maintenir l'excellence de son œuvre même
aux moments où les éléments du langage
gothique étaient abandonnés par la plupart des
architectes. La première chose du bâtiment qui
surprend, c'est sa façade en dégradé
aux réminiscences nordiques, présidée
par une sorte de tympan aux sgraffites de stuc ocres et blancs,
et couronnée par un exubérant fronton flamand
lui-même ornementé de carreaux de céramique
vitrifiée de Valence, rouges et dorés.
La façade, considérée par certains spécialistes
comme l'« apothéose des arts décoratifs
» et dans laquelle d'aucuns ont voulu voir des influences
des petits palais urbains de Copenhague, Bruxelles ou Amsterdam,
dispose d'une tribune d'inspiration wagnérienne qui
évoque la façade de la chapelle de Sant Jordi
du Palais de la Generalitat. Puig i Cadafalch a offert à
cette maison des détails typiques d'inspiration médiévale.
Les portes d'accès, par exemple, sont décorées
de sculptures, de chapiteaux et de stucs tels que le saint
Georges tuant le dragon, de pierre, œuvre d'Eusebi Arnau.
Au rez-de-chaussée se trouve une bijouterie dont la
boutique a respecté les petites fenêtres originales
d'ornementation florale, inspirées des grandes demeures
gothiques catalanes. À l'étage noble, les figures
des fenêtres recréent les personnages fantastiques
et grotesques qui peuplaient les palais et les églises
gothiques.
Le vestibule est décoré de trois lampadaires
de bronze et accueille un élégant escalier qui
conduit à l'étage noble, où se trouve
l'Institut Amatller d'Art hispanique, fondé par la
famille Amatller ; cet organisme se consacrant à l'étude
de l'art espagnol est aujourd'hui propriétaire de l'immeuble.
L'appartement principal est l'un des rares intérieurs
de Barcelone qui conserve encore aujourd'hui non seulement
une bonne partie de la richesse ornementale d'origine mais
aussi l'atmosphère dorée et opulente de cette
bourgeoisie de l'Eixample moderniste grâce aux sculptures
qui s'adaptent aux espaces, aux sols recouverts de mosaïques
de style romain ou de marbre blanc, et aux plafonds qui présentent
une riche combinaison de poutres polychromes et de stucs sgraffités.
La cheminée est l'une des pièces les plus remarquables,
bien que nombreux soient ceux qui considèrent que le
chef-d'œuvre de l'appartement est en fait la colonne
de marbre rosé située au beau milieu de la tribune
et que l'on peut voir depuis la rue ; il s'agit d'une colonne
qui n'a pas la moindre mission structurelle, et qui n'a été
conçue que par pur hédonisme. Cet appartement
ne peut malheureusement pas être visité mais
on pourra admirer au MNAC (34) divers éléments
du mobilier original de cette maison.
Le troisième grand édifice
de la Mansana de la Discòrdia est la CASA
BATLLÓ. (MAISON BATLLÓ). Josep Batlló
était un magnat catalan du textile qui a créé
un certain nombre d'usines, dont le Vapor Batlló situé
carrer d'Urgell qui abrite aujourd'hui l'École industrielle.
Lorsqu'en 1904 Antoni Gaudí reçut la commande
de remodeler le bâtiment original de la Casa Batlló
datant de 1870, la fabuleuse richesse du magnat Batlló
lui permit de réaliser ses rêves et il manifesta
son intention d'y recréer le paradis.
Casa Batlló
Adresse Passeig de Gràcia, 43. Horaire Chaque jour de 9 a 20 heures.
(Ouvert les 1er janvier et 25 décembre).
Information Tél. : 934 880 666 - 932 160 306. Fax : 934 883 090. infovisites@casabatllo.cat www.casabatllo.cat Remarques Audio-guides compris en catalan, castillan, anglais, allemand, italien, français, japonais et chinois. Visite possible pour les personnes aveugles ou handicapées physiques. Les horaires peuvent subir des variations, aussi est-il conseillé de les vérifier à l’avance. Prix et remise Prix. Visite complète. Étage noble + combles + terrasse. Adultes : 17,80 €. Étudiants, groupes (plus de 20 personnes) et retraités : 14,25 €. Audioguide compris. Remise de la Route du Modernisme : 20 % sur le tarif des adultes. |
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L'élément le plus singulier de la Casa Batlló
est la façade qui combine la pierre du rez-de-chaussée
et de l'étage noble avec le revêtement de mosaïque
des étages supérieurs, et il la couronna par
une couverture squameuse rappelant le dos d'un reptile. L'objectif
de Gaudí dans cette façade a toujours été
l'objet d'élucubrations. Pour certains, il s'agissait
pour Gaudí d'édifier un hymne symbolique de
la légende de saint Georges, patron de la Catalogne,
dans sa mythologique victoire sur le dragon. Le toit représenterait
le dos du dragon, la tour semi-circulaire symboliserait la
lance de saint Georges, et les balcons de fer des étages
intermédiaires représenteraient les crânes,
les os et les tendons des victimes du saurien, c'est-à-dire
les vestiges des banquets du dragon. Mais une autre version
de l'histoire considère que la façade de la
Casa Batlló est une allégorie de la fête
du carnaval : le toit-terrasse serait un chapeau d'Arlequin
; les balcons des masques de bal ; les colonnes les os des
déguisements de la mort ; et la cascade multicolore
de céramique en trencadís qui « dégouline
» sur le mur de façade -œuvre du jeune Josep
M. Jujol- serait les confettis de la fête.
Si la façade est spectaculaire, l'intérieur
l'est encore davantage. Le puits de lumière de la Casa
Batlló est une authentique merveille de l'architecture.
Gaudí, toujours obsédé par la luminosité,
le couvrit d'un revêtement de céramique bleue
irrégulière qui s'assombrit, en passant du gris
perle au bleu cobalt, à mesure qu'il s'élève
vers la claire-voie. Le résultat de cette subtilité
architecturale quasi subliminale est l'effet optique d'une
distribution équitable de la lumière du haut
en bas. Pour compléter l'effet, les balcons et les
fenêtres augmentent de taille au fur et à mesure
que l'on descend vers les appartements situés plus
bas. L'escalier qui conduit à l'étage principal
se tord comme le squelette d'un dinosaure fossilisé,
et le mur, sinueux, peint de telle manière qu'il ressemble
à une mosaïque, présente des reflets ainsi
qu'une superficie similaires aux parois d'une grotte érodée
par l'eau. L'appartement principal jouit d'un exceptionnel
état de conservation. Les contrepoids qui actionnent
les verrières et ouvrent complètement la tribune
sur le passeig de Gràcia sont toujours en plein fonctionnement,
de même que les grilles qui permettent l'entrée
d'air de la rue, créant un singulier système
de ventilation naturelle. L'étage noble, cependant,
ne conserve que deux meubles conçus par Gaudí
pour les Batlló : un buffet et un banc. Le MNAC
(34) conserve d'autres éléments conçus
par Gaudí pour cette maison.
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