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 Au
rez-de-chaussée a fonctionné pendant de nombreuses
années le mythique Cafè Vienès qui, conjointement
à la salle de bal El Danubio située au sous-sol,
était un lieu de rencontre privilégié
de la ville. En 2004, l'entreprise Hoteles Center, qui avait
acheté l'immeuble afin d'y réaliser une réhabilitation
soigneuse et respectueuse pour en faire un hôtel de
grand luxe, a réouvert le Cafè Vienès
(Pour davantage d'information, voir On sort, guide des bars
et restaurants modernistes).
De retour à l'avinguda Diagonal, et
en direction du passeig de Sant Joan, l'itinéraire
nous permet de découvrir un autre bâtiment de
Josep Puig i Cadafalch, le PALAU
DEL BARÓ DE QUADRAS. (76) (PALAIS DU BARON DE
QUADRAS). Ce bâtiment, construit entre 1904 et 1906,
héberge aujourd'hui la Casa Àsia. Il s'agit
d'une institution publique constituée en 2001 dans
le but de promouvoir la réalisation d'actions et de
projets visant à impulser le développement des
relations avec l'Asie dans les domaines institutionnel, culturel,
académique et économique.
Ce petit palais est une véritable leçon quant
à la créativité et l'élégance
de Puig i Cadafalch. Tout y est exemplaire, depuis la grille
de la porte jusqu'aux aménagements intérieurs,
avec un vestibule très décoré, et une
façade qui conjugue des formes gothiques et plateresques
avec une abondante décoration florale. L'une des curiosités
est la double façade du bâtiment : celle de l'avinguda
Diagonal accentue le caractère noble et singulier du
petit palais ; l'autre, la façade arrière (carrer
del Rosselló), met en évidence le caractère
d'immeuble de logement. L'intérieur, d'allure arabe,
renferme des mosaïques romaines, des polychromies sur
bois, des sgraffites et des jalousies de bois.
Palau del Baró de Quadras
Adresse Diagonal, 373. Horaire Bibliothèque : du lundi au vendredi, de 10 à 20 heures. Les samedis, de 10 à 14 heures. Expositions : du mardi au samedi, de 10 à 20 heures. Les dimanches et jours de fête, de 10 à 14 heures. Fermé les 1er et 2 janvier, ainsi que les 24, 25, 26 et 31 décembre.
Information Tel.: 932 387 337. www.casaasia.es Remarques Les horaires peuvent subir des variations. Description Ce bâtiment, construit entre 1904 et 1906, héberge aujourd'hui la Casa Àsia. Il s'agit d'une institution publique constituée en 2001 dans le but de promouvoir la réalisation d'actions et de projets visant à impulser le développement des relations avec l'Asie dans les domaines institutionnel, culturel, académique et économique. Ce petit palais est une véritable leçon quant à la créativité et l'élégance de Puig i Cadafalch. Tout y est exemplaire, depuis la grille de la porte jusqu'aux aménagements intérieurs, avec un vestibule très décoré, et une façade qui conjugue des formes gothiques et plateresques avec une abondante décoration florale. L'une des curiosités est la double façade du bâtiment : celle de l'avinguda Diagonal accentue le caractère noble et singulier du petit palais ; l'autre, la façade arrière (carrer del Rosselló), met en évidence le caractère d'immeuble de logement. L'intérieur, d'allure arabe, renferme des mosaïques romaines, des polychromies sur bois, des sgraffites et des jalousies de bois.
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Sur le trottoir opposé s'élève
la CASA COMALAT
(77) (MAISON COMALAT. Diagonal, 442), œuvre insolite
de Salvador Valeri i Popurull (1909-1911). Très influencée
par Gaudí, on remarquera principalement les façades
: la façade principale, symétrique et urbaine,
et la façade postérieure (carrer de Còrsega),
moins formelle, polychrome et décorée de curieuses
galeries de bois dotées de persiennes et de céramiques
de couleurs. L'intérieur n'est pas en reste : en plus
des splendides dallages de mosaïque, il abrite un mobilier
exquis dont les éléments les plus notables sont
les bancs et les éclairages du vestibule, aux formes
extrêmes.
Sur le même trottoir de l'avinguda
Diagonal, et au carrefour des carrers del Rosselló
et de Roger de Llúria, on parvient à la CASA
TERRADES (78) (MAISON TERRADES. Diagonal, 416-420).
Ce bâtiment, connu populairement sous le nom de CASA
DE LES PUNXES (MAISON DES PUNXES), fut construit entre
1903 et 1905 par Josep Puig i Cadafalch. D'une silhouette
caractéristique, la Casa de les Punxes est l'une des
œuvres les plus célèbres du Modernisme.
Le bâtiment s'élève sur un vaste terrain
propriété des sœurs Terrades et, bien qu'il
semble être un bloc uniforme, il est formé en
réalité par trois immeubles de logement. Dans
sa construction, Puig i Cadafalch parvint à styliser
au maximum ses traditionnels éléments d'inspiration
médiévale, en les renforçant au point
que la maison ressemble à un château. Le bâtiment
a quatre tours rondes rehaussées d'aiguilles coniques
-les punxes, c'est-à-dire les pointes-, une tour principale
avec un ciboire et une légion de tribunes et de miradors
de style gothique flamand. L'écrivain australien Robert
Hughes la décrit dans son livre Barcelona comme «
un croisement entre la maison d'une corporation flamande et
un château du roi fou Louis II de Bavière ».
Dans sa spectaculaire façade de brique, à l'exception
du rez-de-chaussée qui est en pierre, on remarquera
en particulier les balcons et les panneaux de céramique
aux motifs patriotiques. L'un d'entre eux, le plus grand et
le plus célèbre de ces panneaux, représente
un saint Georges avec la légende suivante : «
Sant Patró de Catalunya, torneu-nos la llibertat »
(Saint patron de Catalogne, rendez-nous la liberté),
qui a été considéré par certains
comme une provocation. Le politicien bouffon espagnoliste
de l'époque, Alejandro Lerroux, a qualifié ce
panneau de « crime contre la nation » -espagnole,
dans ce cas-, mais l'art a prévalu sur la politique
et l'écu est demeuré, même pendant le
fascisme et avec un commissariat de police juste en face.
En poursuivant notre itinéraire sur
l'avinguda Diagonal, nous parvenons à la plaça
Mossèn Jacint Verdaguer, présidée par
un monument à ce poète catalan, projeté
en 1914 par un Josep M. Pericas qui s'éloignait déjà
du Modernisme, et avec une statue de Joan Borrell et des reliefs
des frères Oslé. Depuis cette place, on voit
la CASA MACAYA
(79) (MAISON MACAYA. Passeig de Sant Joan, 108), résidence
urbaine construite par Josep Puig i Cadafalch entre 1899 et
1901. Ce petit palais est un nouvel essai médiévaliste
de l'architecte catalan. La façade blanche du palais,
avec ses deux tourelles latérales, offre des sgraffites
et des ouvertures ornées d'une décoration sculptée
dans laquelle on remarquera les chapiteaux d'Eusebi Arnau
ornés de thèmes très contemporains -tels
que le cycliste qui se trouve à côté de
la porte principale-. La délicate décoration
de l'intérieur a été perdue en quasi
totalité à l'exception de celles du vestibule,
toute de sgraffites et d'azulejos, et du patio présidé
par un escalier ouvert du plus pur style des palais médiévaux
barcelonais.
En reprenant l'avinguda Diagonal en direction
de la plaça de les Glòries, nous découvrons,
au coin du carrer de Sicília, la CASA
PLANELLS (80) (MAISON PLANELLS. Diagonal, 332), une
originale édification aux formes arrondies construite
entre 1923 et 1924 par Josep Maria Jujol i Gibert, disciple
de Gaudí. De nombreux spécialistes considèrent
cette maison comme la dernière œuvre modernista
de Barcelone, et l'influence des nouveaux courants rationalistes
y est évidente. Jujol réalisa un travail admirable
ayant pour but de tirer le plus grand profit possible d'un
petit terrain afin d'y concevoir de superbes appartements
en duplex reliés par un escalier en colimaçon.
En remontant le carrer de Sicília
et en tournant à droite dans le carrer de Mallorca
nous parvenons au TEMPLE
EXPIATORI DE LA SAGRADA FAMÍLIA. (81) (TEMPLE
EXPIATOIRE DE LA SAGRADA FAMÍLIA). Gaudí a été
un architecture unique à son époque, mais il
fut aussi l'un des rares à obtenir une commande qui
lui dura toute la vie -et qui, de fait, a dépassé
sa vie-, la Sagrada Família. Ce temple brille par son
originalité, par l'ambition qu'il démontre ainsi
que par ses dimensions gigantesques.
Temple Expiatori de la Sagrada Família
Adresse Mallorca, 401. Horaire Ouvert tous les jours de l’année. D’octobre à mars, de 9 à 18 heures; et d’avril à septembre, de 9 à 20 heures. Fermé les après-midi des 25 et 26 décembre ainsi que des 1er et 6 janvier. Information Tél. 932 080 414. www.sagradafamilia.org Remarques Les horaires peuvent subir des variations, il est donc conseillé de les vérifier à l’avance. Prix et remise Prix.
Adultes : 12,00 €.
Étudiants: 9,00 €.
Moins de 14 ans: gratuit.
Groupes : 10,00 € par personne (plus de 20 personnes).
Adultes + visite guidée : 16,0 €.
Avec la remise de la Route du Modernisme : 11,00€ (tarif des adultes). |
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L'origine du temple expiatoire de la Sagrada
Família remonte à 1869, lorsque Josep M. Bocabella,
fondateur de l'Associació Josefina dédiée
à la propagation de la dévotion à saint
Joseph, eut l'idée d'ériger un temple en l'honneur
de la Sainte Famille (Joseph, la vierge Marie et Jésus-Christ).
Bocabella acheta le terrain et, en 1882, commença la
construction d'une église de style néogothique
dans l'objectif d'ériger une cathédrale des
pauvres qui pourrait détenir le radicalisme politique
de la classe ouvrière de Barcelone, la ville que le
penseur anarchiste Mikhaïl Bakounine avait signalée
comme la plus révolutionnaire de toutes les villes
européennes. Toutefois, avec le temps, le temple acquit
un sens bien différent à mesure que le catalanisme
le plus conservateur s'identifiait avec le projet. Le premier
architecte du temple fut Francesc de Paula Villar, mais l'absence
d'entente avec Bocabella provoqua un changement de plans radical.
Villar fut congédié et on lui substitua Antoni
Gaudí, qui termina la crypte et présenta un
nouveau projet beaucoup plus ambitieux : construire une cathédrale
avec une grande tour dédiée au Sauveur qui aurait
cent soixante-dix mètres de hauteur. L'idée
enthousiasma le dévot Bocabella et Gaudí se
mit au travail rapidement. En 1891, il entama les travaux
de la façade de la Naissance. Trente-quatre ans plus
tard, Gaudí avait terminé le premier des quatre
clochers qui s'élèvent de ce côté.
Les trois autres devaient être achevés après
la mort de l'architecte.
La Sagrada Família peut être
considérée comme « une bible de pierre
» du fait du grand nombre de symboles chrétiens
que Gaudí imprima dans ses façades. Parmi eux
se trouvent d'ores et déjà, et se trouveront
au fur et à mesure de leur construction, depuis Adam
et Ève jusqu'aux Douze Apôtres, en passant par
les épisodes principaux de la vie de Jésus ainsi
que tous les grands symboles de l'Ancien Testament. La Sagrada
Família est, en définitive, un monument qui
pourrait être lu comme une initiation complète
à la religion catholique. L'importance de cet édifice
n'est pas, cependant, exclusivement religieuse. C'est aussi
le « livre de Gaudí », la plus claire leçon
de sa manière de construire, une espèce de testament
dans lequel Gaudí appliqua toutes les solutions structurelles
qu'il avait étudiées et testées dans
ses différentes œuvres, et un nouvel hommage à
la nature qu'il appelait lui-même « la meilleure
constructrice », et qu'il tenta toute sa vie d'imiter.
Par exemple, le temple repose sur des colonnes inclinées
dont les branches soutiennent de petits fragments de voûtes
hyperboliques qui produisent l'effet d'une forêt.
La façade de la Naissance, donnant
sur le carrer de la Marina, est la grande œuvre figurative
de Gaudí. Presque achevée par l'architecte lui-même,
elle tente d'exprimer et de communiquer l'allégresse
de la création par la naissance de Jésus. Dans
l'archivolte centrale, on peut voir Jésus, Joseph et
Marie, sous l'étoile de l'Orient et entre le bœuf
et l'âne, entourés d'anges, de musiciens et de
chanteurs. Un examen attentif de sa décoration permet
de localiser une centaine d'espèces végétales
différentes et autant d'animaux représentés
en sculpture dans les archivoltes et les moulures décorées
de spirales entrelacées. Cette façade a trois
portes. La porte centrale est la porte de la Charité
et on y voit les noms de la généalogie du Christ,
le serpent et la pomme, l'enfant Jésus avec le bœuf
et l'âne, ainsi que les signes du zodiaque tels qu'ils
étaient le jour de la naissance de Jésus. Sur
le côté, la porte de l'Espérance, dans
laquelle sont représentés les noces de Joseph
et de Marie, l'égorgement des Saints Innocents et la
fuite en Égypte, ainsi qu'une représentation
de la montagne de Montserrat avec l'inscription « Salveu-nos
» (Sauvez-nous). Sur le côté opposé,
se trouve la porte de la Foi dans laquelle sont représentés
la Visitation, ainsi que Jésus parmi les docteurs du
temple et sur son banc de charpentier. Dans les pinacles de
cette façade, on voit des épis et des grappes
ainsi que l'image de Marie dans le dogme de l'Immaculée.
La façade du carrer de Sardenya est
l'inverse de celle de la Naissance. Cette façade comprend
une bonne centaine de sculptures contemporaines qui, suivant
les ébauches de Gaudí, évoquent la passion
et la mort du Christ, réalisées par le sculpteur
Josep Maria Subirachs. La désolation, la nudité,
la douleur, le sacrifice et la mort président à
la passion du Christ pour annoncer sa résurrection
et son ascension au ciel. Gaudí répétait
que, s'il avait commencé par cette façade, les
gens auraient renié la Sagrada Família. Contrairement
à la façade décorée, ornementée
et violemment érigée de la Naissance, la porte
de la Passion semble dure et de lignes très marquées,
comme si elle était faite d'ossements. Derrière
un portique que supportent six grandes colonnes inclinées,
comme six grands troncs semblables à des séquoias,
s'élève un immense fronton avec dix-huit colonnes
plus petites. L'absence de décoration concentre la
tragédie dans les faits principaux, très dramatiques,
présidés par la figure du Christ nu au moment
de sa mort.
Il faudra encore construire la façade
principale qui, selon le projet de Gaudí, regardait
vers la mer au-dessus du carrer de Mallorca. Celui-ci devait
être couvert par une grande place sur laquelle aurait
donné un escalier monumental qui aurait occupé
ce qui est aujourd'hui le pâté de maisons faisant
face au temple. Ce qui commence à prendre forme, ce
sont des espaces totalement nouveaux qui constituent les nefs
du temple, dans lesquelles on peut percevoir des solutions
géométriques et structurelles insolites. Les
nefs sont le résultat d'années d'étude
et de réflexion. En effet, vers 1910, Gaudí
en commença les ébauches et incorpora par la
suite l'expérience qu'il avait acquise dans la chapelle
de la Colònia Güell : une solution avec des colonnes
légèrement hélicoïdales, des arcs
et des voûtes paraboloïdes hyperboliques. Cependant,
la découverte de la luminosité de l'hyperbole
mena Gaudí à utiliser une croisée de
coupoles concavo-convexes qui s'ajustaient aux colonnes, aux
murs et aux fenêtres et qui, matérialisées
à une échelle 1/10e, donnent cette vision de
forêt qui lui servait fréquemment d'image pour
expliquer son projet.
Le musée du temple conserve l'histoire
de sa construction grâce à des plans de situation,
des photographies de moments de la construction, des fragments
de maquettes, toute une iconographie ainsi que des travaux
en fer forgé, en bois et en métal, conçus
et dessinés par Gaudí, en plus de photographies
et d'un document audiovisuel sur les autres bâtiments
du même architecte. On peut aussi y contempler les maquettes
de la nef centrale et des façades. En guise d'éléments
plus significatifs, le musée présente la maquette
dont Gaudí se servit pour calculer la structure de
l'église de la Colònia Güell ainsi qu'une
vingtaine de dessins originaux de l'architecte. On y trouve
aussi des photographies d'éléments qu'il dessina
et qui furent modelés dans les ateliers du temple.
L'une des installations annexes est constituée par
les écoles de la Sagrada Família, simple construction
curviligne avec la marque de Gaudí qui éblouit
Le Corbusier par sa technique hardie. Ces écoles, destinées
à l'origine à accueillir les enfants des ouvriers
qui travaillaient sur le chantier, sont un bâtiment
innovateur dans lequel Gaudí n'utilisa pas le fer et
réalisa toutes les structures avec de la brique, en
parvenant à une plus grande plasticité grâce
à un matériau très bon marché.
Depuis la façade de la Naissance de
la Sagrada Família, dans le carrer de la Marina, on
prendra le début de l'avinguda Gaudí, agréable
promenade pour les passants où l'on trouvera les lampadaires
modernistes réalisés par Pere Falqués
qui se trouvaient auparavant au Cinc d'Oros, au croisement
de l'avinguda Diagonal avec le passeig de Gràcia. L'avinguda
de Gaudí nous mènera jusqu'à l' HOSPITAL
DE LA SANTA CREU I SANT PAU (82) (HÔPITAL DE
LA SANTA CREU I SANT PAU), où se trouve l'un des Centres
du Modernisme de Barcelone, et où avec le guide vous
pourrez obtenir gratuitement les bons de réduction
de la Route du Modernisme et trouver toute l'information nécessaire
sur le Modernisme de Barcelone. L'Hospital de la Santa Creu
i Sant Pau est une des institutions les plus emblématiques
et les plus enracinées de Barcelone. Il fut fondé
en 1401 après l'épidémie de peste et
la disette qui dévastèrent la ville à
la fin du XIVe siècle. Le premier hôpital était
constitué d'un édifice d'architecture gothique
catalane et situé au cœur du quartier du Raval
mais, avec le temps, il a été augmenté
d'autres bâtiments (carrer del Carme, 47 et carrer de
l'Hospital, 56).
Hospital de la Santa Creu i Sant Pau. Recinte històric.
Adresse Sant Antoni Maria Claret, 167. Horaire
Centre du Modernisme: du lundi au dimanche, de 9.30 à 13.30 heures.
10.00h anglais
10.30h FRANÇAISE
11.00h anglais
11.30h castillan
12.00h anglais
12.30h catalan
13.00h anglais
Visites concertées:
Il existe aussi la possibilité d'effectuer des visites concertés en catalan, castillan, français et anglais.
Fermé les 1er et 6 janvier, ainsi que les 25 et 26 décembre.
Information
Tél. +34 933 177 652. www.rutadelmodernisme.com Remarques
ACCÈS RESTREINT À L’ENSEMBLE MODERNISTE DE SANT PAU À CAUSE DE TRAVAUX
À partir du 19/11/2009, l’accès du public à la partie centrale de l’ensemble moderniste de l’Hospital de Sant Pau sera restreint à cause des travaux de réhabilitation des pavillons modernistes. L’accès à l’enceinte historique sera uniquement limité aux visites guidées de la Route du Modernisme de Barcelone, avec les mêmes horaires. Les visites continueront à partir de l’entrée principale (au coin des rues Sant Antoni M. Claret et Cartagena) et suivant les mêmes horaires que jusqu’à présent.
Prix et remise Prix : Adultes 10,00 €.
Retraités et moins de 18 ans 5,00€.
Remise de la Route du Modernisme : 50 %. Visites guidées concertées pour les groupes. Réservation préalable au tél. : 932 562 504 ou à l’adresse électronique : cultura-impuqv@bcn.cat
Prix : 150,00 €.
Prix licèe: 120,00€ |
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On a commencé la construction de l'édifice
de l'Eixample en 1902, sur un projet de Lluís Domènech
i Montaner, coïncidant avec l'industrialisation de la
ville et avec les nouvelles idées sur l'hygiène
et la santé publique appliquées à l'urbanisme,
idées promues par le médecin Pere Felip de Monlau
ainsi que par des urbanistes et des ingénieurs tels
qu'Ildefons Cerdà et Pere García Faria, ce dernier
responsable de la conception du réseau d'égouts
de la Barcelone du XIXe siècle. L'hôpital fut
érigé sur des terrains dans les limites de l'Eixample,
à un endroit connu comme la « muntanya pelada
» (la montagne pelée) acquis par l'ancien hôpital
grâce à une donation du banquier Pau Gil qui,
dans son testament, disposa qu'à sa mort on construirait
un centre sanitaire qui porterait son nom. Et c'est ainsi
que le nom de Sant Pau fut ajouté à celui de
la Santa Creu. Les travaux commencèrent en 1902 et
le roi Alphonse XIII inaugura officiellement le nouveau centre
en 1930, alors que l'hôpital avait déjà
abandonné son ancien site gothique dans le quartier
Raval.
L'œuvre de Lluís Domènech
i Montaner est considérée comme l'un des meilleurs
ensembles modernistes du monde. L'hôpital est une authentique
ville, avec ses rues, ses jardins et ses bâtiments.
Le pavillon d'accès, couronné par une tour svelte
et une horloge, a une structure de brique apparente qui domine
tout l'ensemble enrichi de mosaïques aux thèmes
historiques, et de chapiteaux ainsi que de consoles de pierre
en forme d'anges, œuvres synthétiques de jeunesse
du sculpteur Pau Gargallo. On y remarquera aussi les mosaïques
de Mario Maragliano, le grand escalier ainsi que les plafonds,
aux réminiscences islamiques. Deux chiffres -1905 avec
la lettre grecque alfa et 1910 avec la lettre oméga-
indiquent le début et la fin des travaux de cet édifice
principal. Le pavillon d'entrée et les dix pavillons
situés autour de lui furent construits directement
sous la férule de Domènech i Montaner et montrent
l'usage intelligent, caractéristique de l'architecte,
de la pierre, du fer et de la céramique. Les autres
pavillons de l'ensemble, tels que la Casa de la Convalescència
(Maison de la convalescence), sont l'œuvre de Pere Domènech
i Roura, fils de l'architecte. Certains pavillons reçoivent
des noms de saints, alors que d'autres ont été
baptisés avec des noms de vierges. Les pavillons sont
disséminés entre les jardins et sont connectés
entre eux au travers d'un réseau de passages souterrains
de deux kilomètres de longueur. Domènech avait
en effet conçu un hôpital totalement innovateur,
éclatant le bâtiment en une série de cellules
entourées de jardins, avec une abondante lumière
solaire et un air frais, dans lesquels les malades et le personnel
médical pourraient profiter d'un environnement naturel
beaucoup plus agréable que celui de l'ancien hôpital
médiéval. L'un des pavillons, occupé
actuellement par une cafétéria, présente
une insolite façade baroque, celle de l'ancienne église
de Santa Marta (1733), œuvre de Carles Grau. La façade
a été démontée quand l'église
a été détruite en 1909 pour faire place
à la Via Laietana, transportée puis placée
sur la porte de la cuisine de l'hôpital en 1928.
Lluís Domènech
i Montaner
Fils d’un encadreur, Lluís
Domènech i Montaner est né
à Barcelone le 27 décembre
1849. Cet homme à plusieurs facettes
combinait sa passion pour le dessin avec
la littérature, l’histoire,
l’édition de luxe, l’enseignement,
la politique et -inutile de le dire- l’architecture.
Domènech comprenait l’architecture
comme s’il s’était
agi de la direction d’un orchestre.
Il maniait la baguette et tous les instrumentistes
(les verriers, les sculpteurs, les ébénistes,
les fabricants de mosaïques et de
dalles, etc.) devaient sonner à
la perfection.
Le jeune Domènech a été
un étudiant brillant en sciences
exactes, en physique et en sciences naturelles
à Barcelone, puis en ingénierie
à Madrid. Cette dernière
science l’a d’ailleurs finalement
mené à l’architecture,
discipline dont il a obtenu le diplôme
en 1873. Il a été professeur
à l’École d’Architecture
de Barcelone dès sa fondation,
en 1875 (Il a donc été le
maître de Gaudí et de Puig
i Cadafalch), puis il en a été
le directeur, de 1900 à 1920. La
publication en 1879 dans la revue La Renaixença
de l’article « En busca de
una arquitectura nacional » («
À la recherche d’une architecture
nationale ») lui a donné,
avec d’autres œuvres postérieures,
une certaine notoriété en
tant que théoricien de l’art
et diffuseur des idées les plus
nouvelles en matière d’architecture,
tout spécialement celles de celui
qu’il admirait tant, Viollet-le-Duc.
Considéré aujourd’hui
par beaucoup comme « le plus modernista
» des artistes du Modernisme catalan,
il est vrai que Lluís Domènech
a voyagé et a connu ce que faisaient
dans le reste de l’Europe les artistes
de l’Art Nouveau, de la Sécession
ou des Arts and Crafts, avec certains
desquels il a d’ailleurs pu établir
une certaine amitié. De fait, c’était
un humaniste de son temps, qui s’est
développé dans des domaines
très divers de la connaissance,
de la botanique à l’édition
ou à l’illustration ; il
a été l’un des plus
remarquables héraldistes du pays,
un journaliste d’un certain renom,
et il a même été nommé
en diverses occasions président
du cercle culturel Ateneu Barcelonès.
Sa carrière politique a été
longue : il a commencé par un mouvement
catalaniste appelé Jove Catalunya
et est parvenu à la présidence
des premiers grands partis de la Renaixença
(la
« renaissance » du culture
et du nationalisme catalan), la Lliga
de Catalunya et l’Unió Catalanista.
Remarquable rédacteur en 1892,
parmi d’autres, de la première
déclaration souverainiste catalane,
les Bases de Manresa, il a été
élu député aux parliement
de Madrid en 1904, dans la célèbre
« candidature des quatre présidents
», considérée comme
le premier triomphe du catalanisme politique.
Cependant, Domènech s’est
rapidement affronté au leader de
la Lliga Regionalista, Francesc Cambó,
et il a abandonné le catalanisme
conservateur pour fonder un nouveau parti
á gauche, Esquerra Catalana, et
diriger le périodique El Poble
Català.
Le coup d’État du général
Primo de Rivera, en 1923, a entraîné
la dissolution des structures de gouvernement
régional en Catalogne et l’interdiction
à tous les niveaux de l’activité
politique catalaniste ainsi que des manifestations
culturelles catalanes les plus ingénues
(Même le terrain du Futbol Club
Barcelona a été fermé
!). Domènech, homme toujours passionné
par la vie et amoureux du raffinement
ainsi que des expressions les plus civilisées,
s’est senti profondément
affecté par la brutalité
de la répression et par la mise
en place d’un régime militaire
qu’il ne pouvait considérer
qu’illégitime et barbare.
Retiré dans la vie familiale, il
est mort ce même hiver, le jour
de son anniversaire.
En plus de ses œuvres de Barcelone,
Domènech a travaillé à
diverses œuvres à Canet de
Mar d’où provenait la famille
de sa mère, Maria Montaner, ainsi
qu’à Reus, du fait de sa
grande amitié avec l’intellectuel
du lieu, Pau Font de Rubinat.
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L'hôpital, qui occupe une superficie équivalant
à neuf îlots de l'Eixample, fut l'objet de diverses
restaurations. Les pavillons modernistes de Sant Pau ont été
déclarés monument historique et artistique en
1978 et patrimoine de l'humanité par l'Unesco en 1997.
L'Hospital de la Santa Creu i Sant Pau inaugure son troisième
siège au XXIe siècle : il s'agit d'un édifice
situé à l'extrémité nord-est et
séparé du complexe modernista. En ce qui concerne
les pavillons anciens, ils seront ouverts à de nouveaux
usages du domaine de la connaissance, tels que des activités
d'enseignement, de recherche et de divulgation à mesure
que l'hôpital se transférera dans les nouveaux
bâtiments.
L'itinéraire se poursuit maintenant
en autobus. La ligne 92 -qui a un arrêt au coin du carrer
Sant Antoni M. Claret et du carrer Cartagena, à côté
de l'entrée principale de l'Hospital de Sant Pau- nous
mènera jusqu'au PARK
GÜELL (83) rêve urbanistique inachevé
de Gaudí. L'actuel Park Güell, patrimoine de l'humanité
de l'Unesco depuis 1984, ne conserve que les rares constructions
terminées du grand projet de Gaudí. L'opération
urbanistique la plus audacieuse de la Barcelone de la fin
du XIXe siècle était une idée d'Eusebi
Güell. Celui-ci acheta, en 1899, une ancienne propriété
rurale de quinze hectares, appelée Can Muntaner de
Dalt, pour en faire une cité-jardin inspirée
des précédents anglais comme celui d'Ebenezer
Howard -d'où son nom anglais de Park.
Park Güell
Adresse Olot, s/n; ctra. del Carmen, s/n. Horaire Horaire du parc : Janvier, février, novembre et décembre, de 8 à 18 heures ; Mars et octobre, de 8 à 19 heures ; Avril et septembre, de 8 à 20 heures ; De mai à août, de 8 à 21 heures. Horaire du Centre d’Interprétation : Du lundi au dimanche, de 11 à 15 heures. Information Tel.: 010. www.bcn.es/parcsijardins Remarques Les horaires peuvent subir des variations. Description rêve urbanistique inachevé de Gaudí. L'actuel Park Güell, patrimoine de l'humanité de l'Unesco depuis 1984, ne conserve que les rares constructions terminées du grand projet de Gaudí. L'opération urbanistique la plus audacieuse de la Barcelone de la fin du XIXe siècle était une idée d'Eusebi Güell. Celui-ci acheta, en 1899, une ancienne propriété rurale de quinze hectares, appelée Can Muntaner de Dalt, pour en faire une cité-jardin inspirée des précédents anglais comme celui d'Ebenezer Howard -d'où son nom anglais de Park. Le responsable chargé de réaliser ce projet d'urbanisme paysagistique du comte de Güell fut Antoni Gaudí. Le projet de Gaudí envisageait la construction d'un lotissement d'une soixantaine de parcelles avec un vaste espace consacré à une zone verte commune. La construction du lotissement commença en 1900 et s'arrêta définitivement en 1914. Suivant le souhait de Güell, Gaudí avait imaginé une retraite bucolique qui devait servir de demeure à la plus haute bourgeoisie barcelonaise. Sa situation, sur les pentes de la montagne et loin de la ville, semblait idéale pour symboliser la métaphore d'une montée au paradis, à l'éden. Le projet, cependant, fut un échec total. En plus de la parcelle acquise par le maître d'ouvrage, seules deux autres parcelles furent vendues à un unique acheteur qui y édifia une seule maison. On construisit cependant les trois croix qui marquent le lieu où devait être érigée une chapelle, les deux pavillons d'entrée, les murs de contention ainsi que toute l'infrastructure de voies autour d'une grande place soutenue par des colonnes. Face à un tel désastre financier, les héritiers d'Eusebi Güell, mort en 1918, vendirent le terrain à la mairie qui en fit un parc urbain. Depuis lors, les prodigieuses structures érigées au beau milieu de la végétation méditerranéenne forment un curieux mélange de fantaisie et de spiritualité, saupoudré d'emblèmes patriotiques par l'incorruptible catalaniste Gaudí. Il s'agit d'une œuvre dans laquelle Gaudí abandonna tout historicisme pour formuler courageusement un langage propre allant de l'inspiration des formes naturelles à un langage plastique étonnamment avant-gardiste.
La porte principale du Park Güell, ouverte dans un mur de brique décoré de mosaïques, est protégée par une grille de fer forgé et flanquée de deux pavillons suggestifs inspirés du livret Hänsel und Gretel, dont l'opéra avait été représenté au Liceu à la fin de l'année 1900, alors que Gaudí commençait à s'immerger dans le projet du Park Güell. Celui de gauche, avec une double croix au sommet, représente la maison des enfants Hänsel et Gretel, et son rez-de-chaussée est occupé par une librairie et une boutique de souvenirs. Celui de droite, plus grand et couronné par un champignon vénéneux, est celui de la sorcière, et c'était l'ancienne maison du concierge du parc. Récemment restauré, il accueille actuellement le Centre d'interprétation du Park Güell du Musée d'Histoire de la Ville de Barcelone (Horaire : du lundi au dimanche, de 11 à 15 heures, téléphone 932 856 899). Le rez-de-chaussée, où l'on pourra trouver toute l'information concernant l'œuvre de Gaudí, est d'accès libre. À l'étage supérieur, en payant un ticket d'entrée, on pourra voir la distribution de la construction et l'ancien logement du concierge, ainsi que l'exposition Güell et le Park Güell. Architecture et Nature. Après avoir dépassé les deux pavillons et en se dirigeant vers la droite, on peut voir une espèce de grotte rappelant la crypte du monastère de Sant Pere de Rodes, dans la province de Gérone, qui servait de remise pour les voitures et les chevaux les jours de pluie.
L'escalier principal est divisé en deux tronçons par un jeu d'eau sur lequel règne le fameux dragon multicolore construit en trencadís de céramique émaillée. En haut de l'escalier, la salle hypostyle -aussi connue sous le nom de salle aux cent colonnes, malgré le fait qu'elle n'en ait pas plus de quatre-vingt-six. Cette salle, destinée à l'origine à accueillir le marché du lotissement, a été décorée par Josep Maria Jujol, collaborateur habituel de Gaudí, qui eut carte blanche pour faire ce qu'il voulait. Le résultat est exceptionnel : un plafond ondulant de mosaïque avec des incrustations diverses formant de capricieuses spirales. La récupération de cette zone, en 1992, permit d'introduire des éclairages à la base des colonnes qui, de nuit, donnent un caractère tout à fait spectaculaire à cette espèce de temple grec. De la salle hypostyle sortent deux chemins qui nous mèneront à la grande place circulaire, merveilleux mirador sur la ville. La place, conformément au projet initial de Gaudí, devait recueillir l'eau de pluie qui, convenablement canalisée par les colonnes de la salle hypostyle, devait terminer dans une citerne impressionnante -douze mille mètres cubes- (La citerne est fermée au public).
La place est entourée par un banc de trencadís serpentant dans lequel l'imagination combinée de Gaudí et de Jujol a atteint une audace extraordinaire, que certains spécialistes considèrent comme précurseur de l'art abstrait. Le banc est une symphonie de couleurs : le vert, le bleu et le jaune apparaissent combinés de différentes manières, et en forme de lunes, d'étoiles et de fleurs abstraites. La couleur, cependant, disparaît à mesure que le banc s'éloigne vers la droite, côté dans lequel prédomine le blanc, symbole de la pureté. L'œuvre semble vouloir insinuer que la vie humaine est une symphonie de couleurs qui culmine avec le blanc, avec le ciel. La couleur, cependant, n'est pas totalement blanche : Gaudí utilisa un matériau qui avait été rejeté dans d'autres édifications de l'époque, comme la Casa Batlló, précisément à cause de cette « impureté ». Dans la dernière restauration du banc (1995) on a voulu maintenir cette imperfection, en utilisant jusqu'à vingt et une tonalités de blanc dans la restitution des parties les plus détériorées du banc.
Les ponts et les passages sous les viaducs, avec des colonnes torsadées qui les font ressembler à des grottes, constituent autant de constructions insolites du Park Güell. Le quatrième portique qui relie la partie supérieure à la partie inférieure est, peut-être, la structure la plus spéciale, avec ses murs et ses arcs inclinés d'air surréaliste. Le sommet de la colline où se trouve le parc est couronné par un calvaire monumental formé de trois croix au lieu même où Gaudí avait prévu de construire une église. L'auteur laissa aussi aller sa fantaisie dans ce lieu : si l'on regarde vers l'est -c'est-à-dire en direction de Jérusalem- la perspective fait que les trois croix en file n'en font plus qu'une. C'est le point final de l'ascension : la croix est l'ultime symbole.
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Le responsable chargé de réaliser
ce projet d'urbanisme paysagistique du comte de Güell
fut Antoni Gaudí. Le projet de Gaudí envisageait
la construction d'un lotissement d'une soixantaine de parcelles
avec un vaste espace consacré à une zone verte
commune. La construction du lotissement commença en
1900 et s'arrêta définitivement en 1914. Suivant
le souhait de Güell, Gaudí avait imaginé
une retraite bucolique qui devait servir de demeure à
la plus haute bourgeoisie barcelonaise. Sa situation, sur
les pentes de la montagne et loin de la ville, semblait idéale
pour symboliser la métaphore d'une montée au
paradis, à l'éden. Le projet, cependant, fut
un échec total. En plus de la parcelle acquise par
le maître d'ouvrage, seules deux autres parcelles furent
vendues à un unique acheteur qui y édifia une
seule maison. On construisit cependant les trois croix qui
marquent le lieu où devait être érigée
une chapelle, les deux pavillons d'entrée, les murs
de contention ainsi que toute l'infrastructure de voies autour
d'une grande place soutenue par des colonnes. Face à
un tel désastre financier, les héritiers d'Eusebi
Güell, mort en 1918, vendirent le terrain à la
mairie qui en fit un parc urbain. Depuis lors, les prodigieuses
structures érigées au beau milieu de la végétation
méditerranéenne forment un curieux mélange
de fantaisie et de spiritualité, saupoudré d'emblèmes
patriotiques par l'incorruptible catalaniste Gaudí.
Il s'agit d'une œuvre dans laquelle Gaudí abandonna
tout historicisme pour formuler courageusement un langage
propre allant de l'inspiration des formes naturelles à
un langage plastique étonnamment avant-gardiste.
La porte principale du Park Güell, ouverte
dans un mur de brique décoré de mosaïques,
est protégée par une grille de fer forgé
et flanquée de deux pavillons suggestifs inspirés
du livret Hänsel und Gretel, dont l'opéra avait
été représenté au Liceu à
la fin de l'année 1900, alors que Gaudí commençait
à s'immerger dans le projet du Park Güell. Celui
de gauche, avec une double croix au sommet, représente
la maison des enfants Hänsel et Gretel, et son rez-de-chaussée
est occupé par une librairie et une boutique de souvenirs.
Celui de droite, plus grand et couronné par un champignon
vénéneux, est celui de la sorcière, et
c'était l'ancienne maison du concierge du parc. Récemment
restauré, il accueille actuellement le Centre d'interprétation
du Park Güell du Musée d'Histoire de la Ville
de Barcelone (Horaire : du lundi au dimanche, de 11 à
15 heures, téléphone 932 856 899). Le rez-de-chaussée,
où l'on pourra trouver toute l'information concernant
l'œuvre de Gaudí, est d'accès libre. À
l'étage supérieur, en payant un ticket d'entrée,
on pourra voir la distribution de la construction et l'ancien
logement du concierge, ainsi que l'exposition Güell et
le Park Güell. Architecture et Nature. Après avoir
dépassé les deux pavillons et en se dirigeant
vers la droite, on peut voir une espèce de grotte rappelant
la crypte du monastère de Sant Pere de Rodes, dans
la province de Gérone, qui servait de remise pour les
voitures et les chevaux les jours de pluie.
L'escalier principal est divisé en
deux tronçons par un jeu d'eau sur lequel règne
le fameux dragon multicolore construit en trencadís
de céramique émaillée. En haut de l'escalier,
la salle hypostyle -aussi connue sous le nom de salle aux
cent colonnes, malgré le fait qu'elle n'en ait pas
plus de quatre-vingt-six. Cette salle, destinée à
l'origine à accueillir le marché du lotissement,
a été décorée par Josep Maria
Jujol, collaborateur habituel de Gaudí, qui eut carte
blanche pour faire ce qu'il voulait. Le résultat est
exceptionnel : un plafond ondulant de mosaïque avec des
incrustations diverses formant de capricieuses spirales. La
récupération de cette zone, en 1992, permit
d'introduire des éclairages à la base des colonnes
qui, de nuit, donnent un caractère tout à fait
spectaculaire à cette espèce de temple grec.
De la salle hypostyle sortent deux chemins qui nous mèneront
à la grande place circulaire, merveilleux mirador sur
la ville. La place, conformément au projet initial
de Gaudí, devait recueillir l'eau de pluie qui, convenablement
canalisée par les colonnes de la salle hypostyle, devait
terminer dans une citerne impressionnante -douze mille mètres
cubes- (La citerne est fermée au public).
La place est entourée par un banc
de trencadís serpentant dans lequel l'imagination combinée
de Gaudí et de Jujol a atteint une audace extraordinaire,
que certains spécialistes considèrent comme
précurseur de l'art abstrait. Le banc est une symphonie
de couleurs : le vert, le bleu et le jaune apparaissent combinés
de différentes manières, et en forme de lunes,
d'étoiles et de fleurs abstraites. La couleur, cependant,
disparaît à mesure que le banc s'éloigne
vers la droite, côté dans lequel prédomine
le blanc, symbole de la pureté. L'œuvre semble
vouloir insinuer que la vie humaine est une symphonie de couleurs
qui culmine avec le blanc, avec le ciel. La couleur, cependant,
n'est pas totalement blanche : Gaudí utilisa un matériau
qui avait été rejeté dans d'autres édifications
de l'époque, comme la Casa Batlló, précisément
à cause de cette « impureté ». Dans
la dernière restauration du banc (1995) on a voulu
maintenir cette imperfection, en utilisant jusqu'à
vingt et une tonalités de blanc dans la restitution
des parties les plus détériorées du banc.
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