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On sort
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 La
conception modernista fait revivre les arts décoratifs
parce que la volonté des artistes est de créer
des espaces uniques intégrant tous les arts. De fait,
les arts décoratifs deviennent, d’une certaine
manière, les diffuseurs du goût modernista et
ce sont eux qui font parvenir à tous les nouvelles
tendances artistiques. Ainsi, le nouveau langage ne se limite
pas aux maisons bourgeoises réalisées par de
grands architectes, ni aux grands travaux publics, mais aux
pâtisseries, aux boulangeries, aux pharmacies, aux espaces
de loisirs, aux bars et aux restaurants, qui ont été
décorés en utilisant ce nouveau langage et qui
représentent aujourd’hui un échantillon
de la profusion d’artistes et d’artisans anonymes
qui ont travaillé en accord avec les nouvelles tendances.
Les espaces les plus quotidiens étaient alors des espaces
permettant de profiter d’une nouvelle esthétique,
et certains nous sont même parvenus pratiquement intacts.
L’architecture permettait de marier les arts décoratifs,
aussi bien en ce qui concerne les façades que les aménagements
intérieurs. C’est l’époque de la
récupération des techniques artisanales locales,
l’un des éléments qui différencient
la décoration des diverses villes d’Europe, dans
lesquelles se sont développés les divers mouvements
du courant Art Nouveau.
Nous connaissons l’existence de nombreux bars et restaurants,
aujourd’hui disparus, qui étaient autant d’exemples
fascinants du langage modernista, comme La Lluna ou La Buena
Sombra. Dans ce guide, nous avons fait un choix de catorze
bars et restaurants qui se sont maintenus pratiquement intacts
depuis leur fondation ou qui ont été créés
à partir de la récupération d’éléments
modernistes d’autres lieux destinés à
disparaître. Ces endroits nous permettent de jouir,
de nos jours, d’une atmosphère du début
du XXe siècle. Pour tous ceux-ci, on connaît
rarement le décorateur ou les personnes du secteur
de la décoration ou du conception d’intérieur
qui y ont travaillé à l’époque,
et il s’agit là d’un terrain encore à
défricher.
Ces espaces ont en commun l’usage des arts appliqués,
tels que: la céramique décorative dans la
partie inférieure des murs et les présentoirs;
les plâtres dans les moulures pour décorer
les panneaux, en particulier; le marbre pour les bars, les
socles et les revêtements muraux; le bois ouvragé
pour les vitrines (qui sont les meubles dans lesquels se
concentre souvent la décoration la plus naturaliste);
le fer forgé pour les colonnes, les éclairages
et les porte-manteaux; et, finalement, les vitraux des portes
et des fenêtres, qui parviennent à nuancer
l’éclairage à l’intérieur.
Tous ces éléments comportent des motifs décoratifs
naturalistes, des fleurs et des feuilles qui s’entrelacent,
ou des lignes sinueuses. Souvent, entre les différents
établissements, la différence réside
davantage dans la qualité des matériaux utilisés
que dans la décoration elle-même: c’était,
en effet, un élément déterminé
par le niveau économique et culturel du propriétaire.
À part les exemples que nous vous présentons
dans ce guide, en vous promenant dans Barcelone vous pourrez
encore trouver des bars qui conservent une partie de la
décoration modernista. Ce pourrait être le
cas, par exemple, de la cafétéria qui se trouve
dans la rue de la Palla, au numéro 4, qui a conservé
la porte en bois ornée d’une décoration
florale tout à fait similaire à celles que
l’on peut voir dans ce guide, ou bien le Cafè
del Centre, dans la rue Girona, au numéro 69, qui
a une décoration simple mais elle aussi d’esthétique
modernista.
Parallèlement, il ne faut pas oublier qu’il
existe d’autres bars qui, sans être des espaces
conçus à cette époque comme bar ou
comme restaurant, ont aujourd’hui partiellement acquis
cette fonction: c’est le cas, par exemple, de la pâtisserie
Escribà sur la Rambla, qui a un petit espace permettant
de prendre un café d’où l’on peut
contempler toute la décoration intérieure
de la boutique; ou encore de la cafétéria
du Palau de la Música Catalana, qui est située
au rez-de-chaussée d’un édifice, œuvre
de Domènech i Montaner, constituant lui un emblème
du Modernisme catalan. Dans cet immeuble, on trouve aussi
le restaurant Mirador qui comporte de splendides vues sur
la façade latérale du palais. Cet établissement
a été ouvert à la fin de l’année
2004 dans l’une des parties modernes, œuvres
d’Oscar Tusquets, qui ont permis l’élargissement
du palais. Un autre exemple est La Pedrera de nit (La Pedrera
de nuit), nom qui a été donné aux veillées
organisées dans le bâtiment de Gaudí
les nuits d’été pour combiner avec une
visite à l'Espai Gaudí, avec musique en direct,
sur la spectaculaire terrasse, tout en prenant un verre.
Les exemples de ces établissements aident à
comprendre l’importance qu’a eu le Modernisme
dans l’usage social de l’art, comment les maîtres
d’ouvrage, les artisans et les concepteurs ont su
appliquer le nouveau langage du Modernisme aux espaces les
plus modestes de la ville, et comment, aussi, ils ont su
rendre visible leur métier dans les œuvres créées
par les grands maîtres du mouvement, tels que Gaudí,
Puig i Cadafalch ou Domènech i Montaner. Entrer dans
n’importe lequel de ces espaces demeure un privilège.
Així mateix, no hem d’oblidar que hi ha altres
bars que, tot i no ser espais concebuts originalment com
a bars o restaurants, avui en dia sí que compleixen
aquesta funció en part: per exemple, la Pastisseria
Escribà a la Rambla, que té un petit espai
per prendre cafè que permet contemplar la decoració
interior de la botiga, o la cafeteria del foyer del Palau
de la Música Catalana que, com que està situada
als baixos d’un edifici obra de Domènech i
Montaner, és emblemàtica del Modernisme català.
En aquest edifici trobem també el restaurant Mirador,
obert al final del 2004 en una de les zones d’ampliació
modernes projectades per Oscar Tusquets, amb esplèndides
vistes a la façana lateral del Palau. Un altre exemple
és “La Pedrera de nit”, nom de les vetllades
que s’organitzen a l’edifici de Gaudí
les nits d’estiu per combinar una visita a l’Espai
Gaudí amb música en viu, en el seu espectacular
terrat, mentre es pren una copa.
Els exemples d’aquests establiments ens ajuden a
entendre la importància que va tenir el Modernisme
en l’ús social de l’art: com els mestres
d’obra, artesans i dissenyadors van saber aplicar
el nou llenguatge del Modernisme als espais més modestos
de la ciutat. I com, també, van saber fer destacar
el seu ofici dins de les obres creades pels grans mestres
del moviment com Gaudí, Puig i Cadafalch o Domènech
i Montaner. Entrar en qualsevol d’aquests espais no
deixa de ser un privilegi.
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Casa Almirall
Bar
Joaquín Costa,
33
Tél.: 93 318 99 17
Horaire : tous les jours de la semaine, de 19 heures
à 3 heures du matin.
L’enseigne du bar Casa Almirall, de verre peint,
indique qu’il a été fondé
en 1860. Manel Almirall, membre de la famille du même
nom connue pour son négoce, a fondé une
taverne dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Le local disposait de deux parties distinctes: une première,
qui était la taverne proprement dite; et une
seconde, qui était utilisée comme cave.
En 1976, l’établissement est passé
aux mains des propriétaires actuels, Ramon Solé
et Pere Pina. L’inauguration a eu lieu le 1er
janvier 1977 et, depuis lors, une restauration a été
effectuée, en 2000, ainsi que de nouveaux travaux
pour mettre en place des lavabos modernes, en 2001.
Quant à la décoration originale, la
porte, le comptoir, la vitrine et les éclairages
pour l’essentiel ont été conservés
tels quels; et il faut remarquer que tous ces éléments
brillent par la richesse et la qualité de leurs
matériaux. La porte du bar est tout à
fait simple; en effet, une grande partie de l’année,
elle disparaissait pour laisser la place à
un petit rideau qui cachait la partie supérieure
de l’entrée et ouvrait le local sur la
rue. Les formes de la porte ne présentent aucune
ornementation particulière, à l’exception
de la sinuosité des veines du bois.
Le comptoir, visuellement imposant, est fait de marbre
catalan blanc combiné, dans la partie inférieure,
avec du marbre d’Italie de diverses couleurs.
À l’une de ses extrémités,
on remarquera un personnage féminin, de fonte,
sculpture d’une grande qualité, qui est
l’image de la muse de l’Exposition universelle
qui s’est tenue à Barcelone en 1888.
Il est possible qu’il s’agisse d’un
élément de décoration provenant
de la balustrade de la maison dont disposait la famille
Almirall dans la même rue. Après le comptoir,
se trouve la caisse, aux formes similaires à
celles de la vitrine, qui a conservé les mêmes
fonctions dans sa situation actuelle.
On prendra soin de regarder la vitrine qui se trouve
derrière le comptoir parce qu’elle donne
toute son identité à l’établissement
et qu’il s’agit, peut-être, de l’élément
que l’on reconnaît le plus dans le cadre
d’un langage modernista. La décoration
semble avoir la même apparence qu’acquiert
le bois en vieillissant, se courbant aux extrémités
latérales où il se croise avec d’autres
lignes, et c’est précisément là
que l’on trouve la plus grande concentration
d’ornements. C’est l’endroit, en
effet, où s’entrelace avec des feuilles
et des fleurs une branche qui naît de l’extrémité
de la vitrine.
Finalement, il faut aussi fixer l’attention
sur la partie supérieure du mur où a
été maintenue, après diverses
restaurations, une guirlande peinte de couleurs vives
qui devait appartenir à la décoration
originale du bâtiment qui abrite le bar, qui
est d’ailleurs lui-même décoré
à l’extérieur de sgraffites.
De nos jours, l’établissement a aussi
deux parties distinctes: une première salle
avec les tables vetllador caractéristiques
(rondes, au dessus de marbre, avec un pied unique
en leur centre) que l’on trouvait dans tous
les établissements de cette époque;
et un second espace plus intime, séparé
du premier par un paravent de verre, avec de profonds
fauteuils baignés par une lumière douce.
L’ambiance musicale est dominée par le
jazz classique, moderne ou d'avant-garde, une grande
variété de styles de la meilleure musique
instrumentale moderne. En définitive, la Casa
Almirall est un lieu de rencontre pour les gens de
tous âges, qui viennent y prendre un verre ou
y grignoter des bricoles, parmi lesquelles les anchois
constituent sa spécialité. Parallèlement,
le bar accueille de manière sporadique des
manifestations culturelles, telles que des cycles
de cinéma muet ou des discussions-débats
autour de sujets variés. C’est un espace
ouvert à de nouvelles propositions ainsi qu’à
des activités diverses, point de rencontre
nocturne, tranquille mais qui tend à être
animé vers le petit matin, où il demeure
cependant possible de trouver un recoin plus calme
vers le fond.
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Bar Muy Buenas
Bar de copes, menjar i activitats culturals
Carme, 63
Tél.: 93 442 50 53
Horaire : du lundi au samedi de 7 heures 30 à
2 heures 30 du matin; dimanche de 19 heures à
2 heures 30 du matin.
Les origines du Bar Muy Buenas remontent à
la fin du XIXe siècle, époque à
laquelle il a été fondé comme bar-cafétéria
par un membre de la famille Serrano. L’établissement
est ensuite passé de père en fils pendant
trois générations –il a été
baptisé sous son nom actuel, Bar Muy Buenas,
en 1928–. Par la suite, en 1996, Antonio Serrano
l’a vendu à Antonio Magaña, le propriétaire
actuel du bar qui a petit à petit rendu au lieu
son aspect original.
La porte d’entrée laisse subtilement
entrevoir qu’il s’agit d’un établissement
différent, non par une décoration exagérée
mais bien plutôt par la douceur des lignes ondulées
qui encadrent l’enseigne et par la poignée
de la porte elle-même. Le comptoir du bar est
celui qu’il y avait à l’origine,
et il a retrouvé sa fonction primaire alors
que pendant de nombreuses années il était
installé dans un autre endroit du bar où
il servait d’élément décoratif.
C’est un comptoir de marbre avec deux compartiments
qui étaient remplis de glace, à leur
époque de splendeur, pour y mettre les boissons
à rafraîchir; les deux distributeurs
d’eau, quant à eux, ont été
remplacés par des distributeurs de bière.
On remarquera aussi dans ce local le splendide paravent
de pin maritime et de verre gravé à
l’acide avec des motifs floraux qui constituait,
à l’origine, la porte de séparation
entre la cafétéria proprement dite et
la salle à manger, et qui, de nos jours, isole
le bar de l’arrière-salle. La première
partie du local surprend par la hauteur inhabituelle
de son plafond, créée par la suppression
du plancher qui soutenait une sorte de mezzanine utilisée
comme logement. Dans l’espace intérieur,
on n’a conservé pratiquement aucun élément
décoratif modernista, mais au cours de l’été
2001, Antonio Magaña a chargé un artiste-peintre
argentin de la décoration murale du bar. Le
résultat, tout à fait réussi,
donne un air de modernité tout en conservant
en même temps un arrière-goût de
Modernisme puisque l’artiste s’est inspiré
de la sinuosité des lignes et des motifs qui
se trouvent sur la porte du local. Les tables ont
été repeintes en accord avec le dessin
mural. Dans l’appartement du haut, l’atmosphère
est tout à fait spéciale grâce
au petit balconnet de bois –la partie haute
du paravent modernista– qui s’ouvre sur
l’espace du bar. Dans l’ensemble, l’espace
est décoré avec simplicité et
bon goût, créant une ambiance confortable
et spéciale, ouverte et en même temps
accueillante.
Quand Antonio Magaña acheta l’affaire,
il le fit avec l’intention de poursuivre l’activité
de bar mais aussi avec l’ambition d’en
faire un lieu de rencontre pour les activités
culturelles diverses: musique, lectures poétiques
(tous les mercredis soirs), expositions de jeunes
auteurs, et discussions-débats. Ainsi, le local
se caractérise par une ambiance jeune, principalement
de la ville, ouverte à tous ainsi qu’aux
idées neuves. Mais le Bar Muy Buenas n’est
pas seulement un bar où l’on peut prendre
un café, une bière, un rafraîchissement
ou un alcool, c’est aussi un lieu qui offre
tout un service de cuisine à des prix fort
raisonnables et, plus récemment, un choix important
de plats de différentes cultures du monde.
On peut aussi à n’importe quelle heure
du jour y goûter l’une de ses spécialités
de pâtisserie, les torrijas àrabs (une
sorte de beignets de pain trempé), ou bien
faire son choix dans sa carte, de plus en plus longue,
de thés ou de bières d’importation.
Plus avant dans la nuit, les tables sont desservies,
la musique se fait plus présente, et le Muy
Buenas prend l’aspect d’un bar nocturne
et d’un lieu de rencontre, où l’on
peut savourer ses célèbres mojitos.
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La Confiteria
Bar
Sant Pau, 128
Tél.: 93 443 04 58
Horaire : tous les jours de la semaine de 19 heures
à 2 heures du matin.
Il semble bien que, dans l’espace occupé
aujourd’hui par ce bar, il y ait eu un coiffeur-barbier
et, encore avant, un service de berlines (voitures et
chevaux légers). La famille Pujadas l’avait
acquis pour en faire une pâtisserie-confiserie
entre 1912 et 1913, si l’on en croit le livre
du négoce, qui est conservé. À
partir de cette époque, le local a été
organisé comme il convient à une pâtisserie:
le rez-de-chaussée pour la boutique, à
l’intérieur le logement et au sous-sol
le fournil. Il a fonctionné pendant plusieurs
décennies en étant dirigé par la
même famille puis, dans les années quatre-vingt,
il a été fermé, et le local est
demeuré à l’abandon pendant une
longue période. En 1998, l’établissement
est passé aux mains de deux jeunes, Núria
Benet et Curro, qui ont récupéré
et restauré toute la décoration pour réouvrir
La Confiteria, cette fois-ci comme bar de nuit pour
boire et grignoter quelque chose.
Sur la façade, le local dispose de deux portes
d’entrée et de trois vitrines de métal
et de verre, ainsi que d’une décoration
d’angelets qui rappelle le Noucentisme. La décoration
des vitrines change continuellement, et si un mois
elle présente des livres et des photos anciennes,
le mois suivant il peut y avoir des compositions artistiques
innovatrices. À l’intérieur, les
murs sont couverts d’un meuble-vitrine de bois
garni au fond d’un miroir ou d’un verre
gravé à l’acide, ainsi que d’ornements
de type géométrique où prédominent
les lignes droites se terminant en bouquets. Ce meuble
est couronné par des panneaux courbés
rehaussés de motifs végétaux
peints. Inutile de dire qu’avant la dernière
restauration, cette vitrine aujourd’hui de bois
apparent était couverte de nombreuses couches
de peinture qui avaient été appliquées
pendant des décennies. Au-dessus du meuble,
et jusqu’au plafond, on trouve des peintures
à l’huile, sur toile, de paysages bucoliques
traversés par des personnages féminins.
Malheureusement, on n’a trouvé aucun
nom permettant de savoir qui avait collaboré
à la décoration de l’établissement.
Le comptoir de l’ancienne pâtisserie-confiserie
fait aujourd’hui fonction de bar. Il est pratiquement
intact, bien qu’on lui ait ajouté un
socle pour le surélever et qu’on lui
ait retiré les tiroirs vitrés, les bonbonnières,
par crainte du manque de solidité. Sur le comptoir,
au milieu du bar, il y a encore l’espace destiné
à l’ancienne caisse de la pâtisserie,
et dans la vitrine qui est conservée on a placé
le distributeur de bière. De la même
manière, à droite en entrant, on a maintenu
intacte en guise d’élément décoratif
la table de comptabilité, avec un très
joli paravent vitré. Actuellement, dans l’espace
intérieur, qui était le logement et
n’avait aucun type de décoration modernista,
semble-t-il, on trouve des tables et des chaises qui
permettent de s’installer à son aise
pour boire un verre ou manger quelque chose. En 1998,
cet espace a été remodelé et
décoré avec un design totalement contemporain
qui est, pourtant, bien en accord avec l’atmosphère
de l’entrée. À cela contribue
sans le moindre doute la judicieuse mise à
profit des matériaux originaux: par exemple,
les portes actuelles des lavabos et de la cuisine
sont celles qui, auparavant, fermaient le couloir
d’accès au logement intérieur
depuis la boutique.
La Confiteria brille, indépendamment de son
charme esthétique, par sa bonne carte de vins
ainsi que par la qualité des charcuteries,
des fromages et des pâtés qu’elle
propose –sa spécialité, le pâté
de foie de la Marona–. L’ambiance du local
varie en fonction des heures: l’après-midi,
il est fréquenté par des gens qui veulent
prendre un en-cas ou discuter au calme; mais, dans
la soirée, le bar se remplit d’une grande
diversité de clients qui viennent, les uns,
pour prendre quelques verres jusqu’au petit
matin et, les autres, pour avaler un souper léger
en sortant de l’un des théâtres
de l’avenue Paral·lel toute proche. Un
environnement agréable, avec une ambiance musicale
moderne, variée et bien choisie. L’établissement
réalise aussi diverses activités, accueille
des expositions tous les deux ou trois mois, et programme
des concerts dans le cadre du festival de jazz de
Ciutat Vella.
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Hotel España
Hotel restaurant
Sant Pau, 9-11
Tél.: 93 318 17 58
Horaire : tous les jours de la semaine, de 13 à
16 heures, et de 20 à 24 heures
www.hotelespanya.com
«(...) la Fonda España, qui se
trouve dans la rue Sant Pau, aux numéros 9 et
11, et dont la décoration a été
conçue et dirigée par l’architecte
Lluís Domènech i Montaner. Dans l’ensemble
de cette œuvre conçue avec une puissante
inspiration et qui a une extrême beauté
s’imposent évidemment l’abondance
et le bon usage des ressources artistiques qui combinent
sévérité et délicatesse,
grandeur et habileté, ainsi que l’heureux
génie qui a présidé au choix des
matériaux, à l’agréable harmonie
des couleurs, à la bonne disposition des lignes,
à l’élégance des formes et,
par dessus tout cela, le solide talent avec lequel a
été réalisée une œuvre
nouvelle sans recherche d’effets, ni exagérations,
ni violences.»
C’est ainsi qu’est décrit dans
l’Anuari Estadístic de l’Ajuntament
de Barcelona de 1904 ce local, propriété
des hôteliers Rius et Martí, qui a gagné
le prix au meilleur établissement inauguré
en 1903. Et c’est ainsi, avec quelques modifications,
que nous pouvons le contempler et en profiter encore
de nos jours.
L’information la plus ancienne que l’on
ait pu trouver à ce jour sur la Fonda España
semble indiquer la date de son inauguration. Il s’agit
d’un avis du Diari de Barcelona, datant du 30
décembre 1858, informant que «le premier
jour de l’anné 1859 s’ouvrira cet
établissement entièrement rénové».
À partir de 1863 la Fonda s’est élargie
en annexant le rez-de-chaussée d’un immeuble
voisin, que le propriétaire Josep Colomer a
fait reconstruire. Entre cette date et 1903, il n’y
a aucune mention qui atteste de travaux faits à
l’intérieur de l’établissement.
C’est en 1903 que les héritiers de Josep
Colomer, bien que les propriétaires aient déjà
été Rius et Martí, ont chargé
Domènech i Montaner de la décoration.
Depuis lors, le lieu a toujours conservé la
même fonction, tout en évoluant avec
le temps de bar et fonda à restaurant et hôtel.
Dans les années vingt, ce local était
plus connu sous le nom d’Els toreros, parce
que de nombreux matadors parmi les plus connus venaient
s’y loger. Pendant la Guerre civile, il a été
réquisitionné par la CNT pour en faire
un hôpital. Beaucoup plus tard, en 1983, il
est passé aux mains de la famille Tutusaus.
Les nouveaux propriétaires ont récupéré
la décoration qui, dans certaines parties,
était cachée par des travaux plus modernes
ou même, comme dans le cas de la cheminée
d’albâtre, totalement recouverte de peinture
noire. Depuis octubre 2004 le propriétaire
de l’établissement est la société
Hotelcon 96, SL.
Tout l’ensemble n’a cependant pas été
conservé intact: la zone qui a le plus gravement
souffert est la réception, bien que la porte
de bois originale ait été conservée,
et les réminiscences sont quasi inexistantes
à l’intérieur. À gauche
de la réception, se trouve la salle Arnau,
qui a aussi subi de nombreuses mutilations au cours
des années. Avant «salle de repos»
et aujourd’hui bar-restaurant, la salle conserve
cependant la splendide cheminée en albâtre
(alimentée au gaz) modelée en 1901 par
le sculpteur Eusebi Arnau et fabriquée par
l’atelier du sculpteur Alfons Juyol i Bach.
Cela vaut la peine de l’observer avec attention
pour apprécier la richesse des sculptures représentant
les divers âges de l’homme, avec des personnages
féminins et un vieillard, la hotte couronnée
par les armoiries de l’empereur Charles V d’Allemagne
(aussi connu comme Charles I d’Espagne), avec
la couronne impériale, l’aigle bicéphale,
les colonnes d’Hercule et la Toison d’Or,
ainsi que les emblèmes des royaumes de León,
Castille, Navarre et Aragon au centre. Ces motifs
se trouvent aussi dans la décoration de l’une
des salles à manger; les évocations
héraldiques sont caractéristiques de
l’œuvre de Domènech i Montaner,
qui en plus d’architecte, historien et politicien,
était aussi un remarquable héraldiste.
Là où l’on peut trouver la décoration
qui, à proprement parler, a mérité
le prix de la mairie au meilleur établissement,
c’est dans les deux salles à manger,
qui conservent aujourd’hui leur fonction originale.
En entrant tout droit depuis la rue et en passant
la réception, on trouvera ce qui était
auparavant la salle à manger des hôtes,
aussi appelée «salon des sirènes»,
qui est surtout consacrée aujourd’hui
aux banquets ou aux dîners de groupes. La première
chose qui attire l’attention est le thème
marin peint sur le mur: des sirènes (avec des
jambes) et des poissons méditerranéens,
le tout sur un fond de vagues en relief. Ces peintures
ont souvent été attribuées au
peintre Ramon Casas.
Sous les peintures, la partie inférieure du
mur est revêtue d’une sorte d’entrelacs
de larges bandes de bois, formant une sorte de quadrillage.
Dans les espaces vides, on trouve à nouveau
des armoiries de céramique vitrifiée
représentant d’anciennes seigneuries
aristocratiques. La salle est par ailleurs couverte
d’une claire-voie à caissons qui laisse
entrer subtilement la lumière naturelle.
La deuxième salle à manger, communiquant
avec la précédente, à droite
de la réception, était et est encore
le restaurant public. On remarque ici aussi la partie
inférieure des murs, dans ce cas faite de mosaïque
et représentant à nouveau divers emblèmes,
bien qu’en moindre quantité. Ce revêtement
est aussi couronné par des porte-manteaux de
bois, plus travaillés que dans l’autre
salle à manger, où se combinent les
motifs végétaux et floraux. Toutes les
lumières que l’on peut voir dans cette
salle à manger datent de l’époque
du remodelage réalisé par Domènech
i Montaner, y compris les appliques des murs et les
lustres, qui à l’origine se trouvaient
dans la salle Arnau.
Dans tous les salons on peut disposer d’un
menu à un prix très accessible, aussi
bien pour déjeuner que pour dîner, de
cuisine pour l’essentiel catalane mais avec
la flexibilité propre aux hôtels. Le
restaurant est un espace ouvert à tous, aussi
bien aux gens qui vivent ou travaillent dans le quartier
qu’aux visiteurs logeant à l’hôtel.
Alors que cela fait plus de cent ans que la décoration
de la Fonda Espanya a été réalisée,
on peut encore déjeuner ou dîner tout
en profitant d’un environnement privilégié
et en se sentant comme partie intégrante d’un
ensemble créé par le grand maître
du Modernisme, Domènech i Montaner, où
il a démontré les énormes possibilités
de dialogue entre la pierre, la peinture, la céramique,
le verre, le fer et le bois.
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London Bar
Bar de copes
Nou de la Rambla, 34
Tel.: 93 318 52 61
Horaire : mardi, mercredi, jeudi et dimanche de 19 heures
30 à 4 heures 30 du matin, vendredi et samedi
de 19 heures 30 à 5 heures du matin
www.londonbarbcn.com
Josep Roca i Tudó, né à Copons
en Catalogne en 1883, est arrivé jeune à
Barcelone où il a travaillé comme serveur
dans divers bars de la vieille ville, jusqu’à
ce qu’en 1909 il décida d’acheter
un local dans la rue Nou de la Rambla, au numéro
34 (cette rue s’appelait alors Conde del Asalto).
Il y a inauguré un bar l’année
suivante, le 23 juin 1910, qu’il a décoré
en utilisant un langage modernista de type populaire.
On ignore qui a pu en être le dessinateur, seuls
nous sont parvenus les noms de certains travailleurs
qui étaient des connaissances ou des amis de
Josep Roca et qui ont voulu participer à la
décoration: Pedrerol comme menuisier, Xampanyer
comme peintre, ainsi que d’autres ébénistes,
marbriers et plâtriers qui ont constitué
toute une équipe. À la mort du fondateur,
le local est passé aux mains de l’une
de ses filles, Dolors Roca, et de son mari, Pere Bertran.
La propriétaire actuelle est toujours un membre
de la famille du fondateur, sa petite-fille Elionor
Bertran, et elle a pris la direction du bar en 1976,
conjointement à son mari, José Antonio
Alabalá.
Durant toutes ces années, le bar a su préserver
son intérieur. Dans un premier temps, le local
n’a pas été occupé complètement
en tant que bar, pas davantage qu’il n’a
été entièrement décoré
de la même manière. La décoration
modernista occupait un peu plus de la moitié
de l’établissement, et c’était
le bar proprement dit; le salon intérieur,
à défaut de cette décoration,
était destiné aux activités artistiques
et culturelles et, à partir de la Guerre civile,
il a été utilisé comme local
de répétition pour des artistes de cirque.
De nos jours, les deux espaces sont intégrés
dans un seul et unique local, mais le salon intérieur
dispose d’une scène pour les représentations.
Dès la porte d’entrée, on comprend
qu’il s’agit d’un bar différent,
du fait de l’ensemble de l’encadrement
de bois comportant, en son centre, le nom du lieu.
À la suite de la Guerre civile, tous les noms
catalans et étrangers des établissements
ont été castillanisés mais celui
du London, au lieu d'être enlevé, n'a
été que temporairement caché,
et c'est ainsi qu'il a pu être conservé.
De l’intérieur, on remarquera la vitrine,
si caractéristique de tous les établissements
de cette époque, avec un miroir de fond, aux
lignes courbes entrecroisées de fleurs, rehaussées
de volutes avec une décoration végétale.
Tout le bois est peint de couleur crème combinée
avec le doré des ornementations et des lignes.
Cette même ornementation se répète
dans un arc se trouvant au milieu de ce premier tronçon
du bar, où apparaît le nom du local.
On la retrouve à nouveau à la porte
d’accès du second salon; celle-ci, cependant,
a été réalisée à
une époque plus récente. Le premier
bar, le seul qui existait à l’origine,
est fait de marbre de couleurs avec des fleurs taillées
dans la partie supérieure, motif qui apparaît
aussi dans le revêtement de la partie inférieure
du mur du premier tronçon original de l’établissement.
Dès le début, le London, comme on l’appelle
ici, a été fréquenté par
des gens du monde du cirque. En effet, une grande
partie des agents de toute sorte de spectacles de
théâtre et, notamment, de cirque de la
ville étaient installés dans cette même
rue. En outre, il était ouvert 24 heures sur
24, ce qui explique que tôt ou tard toute la
bohème de la ville devait s’y rencontrer.
Tous les éléments décoratifs
conservent l’esprit d’un bar du début
du XXe siècle, où se réunissaient
de jeunes artistes tels que Miró, Picasso ou
Gaudí, ainsi que de nombreuses personnes du
monde des arts et tout spécialement du cirque,
souvenir aujourd’hui encore évoqué
par le trapèze qui pend à proximité
de l’entrée.
Le London Bar n’a pas l’atmosphère
calme d’un ancien café; en fait, il ne
l’a jamais été véritablement,
c’était plutôt un lieu de rencontre
de personnes ayant des intérêts culturels
similaires. De fait, encore de nos jours, une bonne
partie de la clientèle est constituée
de personnes du monde de l’art, au sens le plus
large, qui s’y rendent pour discuter, écouter
de la musique et même, de temps en temps, faire
de petites exhibitions spontanées au trapèze.
Les propriétaires sont en général
ouverts à tout type d’activités
culturelles, depuis les discussions-débats
traditionnelles ou les expositions, jusqu’à
des propositions plus innovatrices. Toutefois l’activité
la plus populaire de nos jours et depuis les années
soixante-dix est la musique en direct; sa scène
a accueilli des artistes aussi connus ici que Loquillo,
Jarabe de Palo ou la Fundación Tony Manero.
Il y a chaque jour un concert d’un type de musique
ou d’un autre: du jazz à la chanson d’auteur,
en passant par le rock ou le funky (à partir
de 24 heures 30, avec consommation obligatoire. On
peut consulter la programmation des concerts du mois
sur la page web de l’établissement).
Il s’agit d’un local très relax
à la première heure de la soirée,
totalement plein pendant les concerts, et animé
jusque très tard dans la nuit; un bar avec
une ambiance jeune, catalane, mais aussi très
connu des étrangers, ouvert à tout type
de personnes, ce qui permet à tout le monde
de s’y trouver à l’aise.
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Grill Room
Bar restaurant
Escudellers, 8
Tél.: 93 302 40 10
Horaire : de 13 à 15 heures 45, et de 20 à
23 heures 15; fermé le mercredi et le jeudi
.
En 1902, un Turinois nommé Flaminio Mezzalama
a ouvert deux cafés à Barcelone: l’un
sur le nouvel axe de la bourgeoisie locale, le Passeig
de Gràcia, et l’autre dans l’ancien
noyau bourgeois, la rue Escudellers (qui à cette
époque avait déjà perdu un peu
de son brillant). Mezzalama était le représentant
des chefs d’entreprise Martini e Rossi, et il
a été l’introducteur du vermouth
italien en Catalogne. On sait aussi que c’était
un chef d’entreprise très actif dans la
société civile barcelonaise: en 1908,
il était membre de la Ligue de Défense
industrielle et commerciale.
Le café du Passeig de Gràcia, au numéro
18, aujourd’hui disparu, s’appelait Cafè
Torino, et ce fut le gagnant cette même année
1902 du prix de la mairie au meilleur établissement.
Le second café, celui qui nous intéresse,
est encore de nos jours situé dans la rue Escudellers,
au numéro 8, et il semble qu’il s’appelait
le Petit Torino bien que dans les guides du début
du siècle XX on l’ait appelé Cafè
Torino. Les deux cafés ont été
décorés par Ricard Capmany, bien que
la décoration du local de la rue Escudellers
ait été plus discrète que celle
de l’établissement du Passeig de Gràcia.
Le rapport du prix gagné par le célèbre
Cafè Torino indique le nom des collaborateurs,
et l’on peut supposer que c’est la même
équipe qui aura décoré le Petit
Torino du fait des similitudes dans la décoration
et de la proximité des dates.
Quelques années plus tard, vers 1910 ou 1911,
le Cafè Torino du Passeig de Gràcia
a fermé ses portes –et, peut-être,
celui de la rue Escudellers en a-t-il fait de même,
puisqu’en 1914, selon un guide de la ville,
l’établissement avait pour nom Oriental
Bar, et son propriétaire était un certain
Juan Alamán. Deux ans plus tard, l’établissement
changeait à nouveau de propriétaire
et prenait le nom qu’il a conservé depuis
lors. À la fin des années vingt, la
famille Bofarull, propriétaire du restaurant
voisin Los Caracoles acheta le Grill Room. Aujourd’hui
encore, cette famille est toujours propriétaire
des deux établissements.
Le Grill Room occupe le rez-de-chaussée d’un
immeuble du XIXe siècle dont la façade
est décorée avec un revêtement
de bois qui s’adapte aux creux du local. Si
l’on compare des images actuelles de la façade
d’entrée avec des images de ses débuts,
on peut observer les discrets changements qu’elle
a subis. On a conservé la même structure
faite d’un revêtement de bois avec deux
grandes arcades divisées par un pilier, et
une vitrine couronnée d’un blason comportant
un taureau couché. Les portes sont fermées
dans leur partie supérieure par des verrières.
Les changements principaux concernent l’enseigne,
qui à l’origine était peinte et
décorée de motifs floraux alors qu’aujourd’hui
elle présente de grandes lettres linéaires
sur un fond vert, et le bas des vitrines, qui, si
l’on en croit les images qui sont conservées,
semblait avoir un revêtement de marbre alors
qu’à l’heure actuelle il est de
bois. Du fait de la situation de l’établissement,
au coin du passage Escudellers, on trouve aussi dans
cette rue trois arcs, dans lesquels sont répétés
les symboles du vermouth Torino et le taureau.
De la décoration intérieure, on remarquera
la vitrine que l’on trouve à droite en
entrant, aux lignes sinueuses avec une décoration
florale aux extrémités, caractéristiques
du début du XXe siècle; on notera aussi
l’asymétrie des comptoirs: celui de droite
est complètement uni, sans le moindre type
d’ornementation, alors que l’autre, à
gauche, est décoré d’applications
de céramique. Un autre élément
à remarquer est constitué par les travaux
de forge des piliers : sur le premier d’entre
eux on peut encore lire les deux initiales VT (Vermouth
Torino), encadrées par un taureau couché,
qui rappelle le négoce du fondateur du lieu.
Il y a d’autres éléments à
observer tels que le tissu peint du premier tronçon
du local ou les appliques lumineuses de fer forgé
sur les murs.
Actuellement, l’espace est divisé en
deux parties: une première dans laquelle on
trouve les bars où l’on peut prendre
un verre, et une seconde, construite postérieurement,
destinée à la salle à manger,
où l’on peut déjeuner et dîner
à la carte. Les propositions gastronomiques
du Grill Room font honneur à son nom et sont
basées pour l’essentiel sur des plats
de viandes et d’autres ingrédients cuits
à la braise, bien qu’il offre aussi d’autres
plats traditionnels de la cuisine catalane conjointement
à une cuisine plus internationale. Au cœur
de la vieille ville, Ciutat Vella, entre la Rambla
et la place Sant Jaume, ce restaurant a une ambiance
cosmopolite et variée, et, comme la majorité
des locaux de cette zone au cours de ces dernières
années, il est assez fréquenté
par les touristes. Le salon, d’une capacité
de cinquante invités, peut être réservé
pour des célébrations ou pour des dîners
de groupe, avec la possibilité de choisir un
menu dans les plats de la carte.
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El Paraigua
Bar à cocktails
Pas de l’Ensenyança,
2
Tél.: 93 302 11 31 i 93 317 14 79
Horaire : de lundi à vendredi, de 9 heures à
2 heures du matin, samedi de 18 heures à 3 heures
du matin; fermé le dimanche
www.elparaigua.com
El Paraigua est l’exemple même d’un
bar qui n’est pas d’origine modernista.
Il s’agit d’un lieu, ouvert en 1968, qui
a récupéré et réadapté
toute la décoration d’une boutique modernista
fondée au début du XXe siècle.
Ce local commercial, qui s’appelait Gall és,
offrait des parapluies et des éventails, et il
se trouvait dans la rue dels Arcs, au numéro
5, jusqu’en 1967, époque à laquelle
il a été décidé de démolir
l’immeuble et, par conséquent, de déplacer
l’établissement. Les informations qui existent
sur cette boutique sont peu nombreuses, mais on connaît
la date de sa fondation, 1902, sans savoir qui en ont
été les responsables. Dans cette page
nous reproduisons l’ancienne façade.
En 1966, le propriétaire de la boutique a
vendu au décorateur et scénographe Josep
M. Espada la décoration de l’établissement.
Tous les éléments ornementaux ont été
démontés pièce après pièce
et, à partir de là, Espada a créé
un nouveau design pour l’adapter à un
local plus petit, proche de la place Sant Jaume, destiné
à devenir un bar. Les frères Yagüe
ont été chargés de restaurer
toutes les pièces de bois de buis, et de les
adapter structurellement à leur nouvel espace.
Avant d’entrer dans l’établissement,
la première chose que l’on remarque est
le portail d’accès. En effet, ce qui
constitue aujourd’hui les panneaux des linteaux
était à l’origine l’enseigne
de la boutique de parapluies (et, si l’on y
prête attention, on pourra voir gravé
dans le bois le numéro de la rue où
se trouvait la boutique). Dans d’autres éléments
de l’établissement, tout spécialement
dans les parements de verre, un motif rappelant l’origine
de la décoration se répète :
deux parapluies et un éventail.
C’est dans le premier espace de l’établissement,
au rez-de-chaussée, que l’on trouve toute
l’ornementation d’origine modernista,
depuis le bar jusqu’au plafond, en passant par
les éclairages et les appliques. La partie
inférieure du bar, toute en bois, a été
réalisée à partir des parements
qui couronnaient les vitrines où l’on
exposait les parapluies. Pour faire le plafond, on
a mis à profit les portes à glissière
qui couvraient certains tiroirs où l’on
conservait les présentoirs des éventails.
Il en a été de même pour les revêtements
du bas des murs, qui dans ce cas avaient une fonction
similaire à l’origine, ainsi que pour
tous les encadrements des miroirs couvrant les murs
du bar. C’est-à-dire que l’on a
redécoré un espace de dimensions beaucoup
plus petites, surtout en hauteur, avec la décoration
entièrement démontée de la boutique
originale, et c’est la raison pour laquelle
les motifs se répètent dans différentes
parties des murs ou des portes, parce que les pièces
étaient placées en tenant compte de
leurs dimensions afin de faire le moins de modifications
possible.
Dans la plupart des pièces, on voit, là
aussi répétés à plusieurs
reprises, deux motifs ornementaux: d’un côté
on remarquera une décoration de lignes ondulées
rehaussées aux extrémités par
des motifs floraux, et de l’autre une ornementation
plus naturaliste avec des entrelacs de fleurs et de
feuilles. En ce qui concerne l’éclairage,
il y a une combinaison de lampes modernistes originales
et d’appliques plus modernes, certaines ayant
été dessinées par le décorateur
Espada dans les années soixante.
L’inauguration du nouveau bar El Paraigua eut
lieu le 5 avril 1968, et ses fondateurs, conjointement
à Josep M. Espada lui-même, étaient
J. M. Segarra et E. Vila Casa. En 1969, J. M. Sánchez,
un andalou de Cadix arrivé à Barcelone
trois ans auparavant, entra pour y travailler: en
1972, il a été associé à
l’affaire et, à partir de 1995, il en
est devenu le seul propriétaire, conjointement
à sa femme, Sebastiana Guerrero, et ils le
sont toujours aujourd’hui.
Dans les années quatre-vingt, il a été
décidé d’agrandir le local en
habilitant un espace souterrain orné de voûtes
d’origine médiévale (il semble
qu’il s’agissait de la cave à vins
d’un ancien couvent). Cet espace accueille aujourd’hui
une élégante whiskeria-cocteleria dans
une ambiance réalisée grâce à
une sélection soignée de musique classique.
El Paraigua est un lieu tranquille, à n’importe
quelle heure de la journée, pour y prendre
un café ou y savourer un bon cocktail parmi
une cinquantaine de possibilités, avec ou sans
alcool, dans laquelle on trouve, par exemple, le cocktail
El paraigua: un cocktail semi, fait à base
de cava, de tequila, de Drambuie et de jus de citron,
d’orange, d’ananas, de pêche et
de groseille. Pour les non initiés, il vaut
la peine de se laisser conseiller par le barman, authentique
professionnel, qui saura sans le moindre doute vous
recommander une boisson adéquate à chaque
situation et à chaque moment de la journée.
Bien que la spécialité soit les cocktails,
El Paraigua offre aussi une large carte de vins, des
caves, ces célèbres vins mousseux catalans,
et de liqueurs, ainsi que la possibilité de
manger un morceau à toute heure du jour avec
un choix de plats du pays, simples mais d’excellente
qualité, depuis l’omelette aux pommes
de terre ou le chorizo bien fait jusqu’aux canapés
que l’on peut choisir directement au bar. Les
menus proposés, avec leur propre sélection
de tapes, coûtent entre 35 et 40 € en moyenne,
boisson, dessert et café compris.
Mais El Paraigua est aussi ouvert à l’activité
culturelle: le souterrain accueille habituellement
des expositions de peinture, et chaque lundi soir
il est le cadre de discussions-débats (dont
on pourra consulter le programme dans la page web).
L’établissement est aussi ouvert à
d’autres activités sociales, ou encore
à de petites célébrations particulières
(pour plus de détails, prendre contact avec
la direction).
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Molly's Fair City
Pub irlandais
Ferran, 7-9
Tél.: 93 342 40 26
Horaire : de lundi à dimanche, de 19 heures à
3 heures du matin
Quand on se promène dans la rue Ferran, en arrivant
aux numéros 7 et 9, on peut être surpris
de voir des gens prendre une bière dans une boutique
modernista. Il s’agit d’un pub irlandais
qui occupe deux locaux, dont l’un, le numéro
7, conserve une décoration intérieure
et extérieure de style nettement modernista,
ce qui n’a rien d’étrange si l’on
pense qu’au début du XXe siècle
cette rue était l’une des principales rues
commerciales de la ville. Le Molly’s Fair City
n’est donc pas un bar modernista proprement dit,
sinon un bar contemporain qui s’est agrandi en
occupant un espace voisin tout en lui conservant avec
soin les éléments de décoration
de caractère modernista.
Les informations dont on dispose en ce qui concerne
cet espace remontent à la fin du XIXe siècle
ou au début du XXe. Autour de l’année
1893, le propriétaire était un homme
d’origine française du nom de Marnet.
Il y dirigeait un négoce dont on ne sait pas
très bien s’il était de gants
et de compléments ou bien de charcuterie. Par
la suite, l’établissement est bien devenu
une charcuterie, ouverte par Miquel Regàs i
Ardèvol aux alentours de 1910. Cette boutique,
qui publiait régulièrement des annonces
dans la presse (on en a conservées qui datent
de 1913 et de 1914), a été maintenue
jusqu’en 1922 et il semble bien que, au cours
de toute cette période, Miquel Regàs
ait su garder intacte la décoration intérieure.
L’établissement suivant qui a été
ouvert dans ce local est une boutique de cadeaux portant
le nom de Wolf, propriété de M. Veciana,
nom sous lequel on connaissait aussi l’établissement
(et on lui attribue souvent aussi, de manière
erronée, la décoration du local). Celui-ci
a réalisé quelques petites modifications:
un remodelage en 1979 a substitué les grandes
portes d’entrée pour en faire des vitrines.
Les portes ont servi à faire un placard d’exposition
à l’intérieur. Le propriétaire
actuel du local, un Viennois établi à
Barcelone du nom de Michael, a pris en charge le local
en 1999 et il y a fait une restauration très
respectueuse de l’original et de la modification
de 1979, n’altérant qu’une partie
des revêtements qui se trouvent dans la partie
inférieure des murs.
Avant d’entrer, il est intéressant d’observer
la façade du numéro 7 (qui n’est
pas l’entrée du bar). Elle est revêtue
d’un panneau de bois peint occupant deux niveaux,
rez-de-chaussée et entresol, et donnant un
certain équilibre ainsi qu’une certaine
unité à l’ensemble. Dans la partie
supérieure, le panneau encadre un petit balcon
que l’on remarque à cause de sa balustrade
en fer forgé aux formes ondulées et
aux motifs floraux, similaires aux ornements des linteaux.
Les deux panneaux latéraux de cet entresol
adoptent la forme d’une ellipse encadrée
par des moulures de bois aux lignes ondulées.
Dans toutes les images que l’on a de la façade,
le bois apparaît peint de deux couleurs, grenat
et blanc, mais il est possible qu’à l’origine
il ait été de la couleur du bois lui-même.
L’enseigne de la boutique, qui jusqu’à
une époque récente était celle
de l’ancienne affaire Wolf, a été
substituée par une publicité pour la
bière de la marque Guinness.
L’intérieur de cette partie du bar est
de dimensions réduites, et il est aussi revêtu
de bois. On a conservé la décoration
florale entrelacée de la partie inférieure
de l’ensemble des murs qui constituent le fond.
Rompant cette continuité, il y a un placard
de peu de profondeur, avec un couronnement de bois
du plus pur style modernista, ainsi que des finitions,
représentations florales, aux formes ondulées.
À l’origine, ce bois du couronnement
était le cadre de verrières de couleurs
avec des motifs floraux qui n’a pas été
conservé. Bien que l’on ne connaisse
pas le nom des décorateurs, il est évident
que les ébénistes s’inscrivaient
dans le mouvement modernista, avec de fortes influences
de l’Art Nouveau international qui faisait fureur
à cette époque en Catalogne.
Le pub irlandais Molly’s Fair City offre naturellement
la traditionnelle bière de son pays, mais on
peut aussi y goûter des liqueurs au nom suggestif
telles que le Deep Throat ou le Choc Pop, ou encore
le plus prévisible Baby Guinness (qui, de fait,
n’est pas de la bière mais de la liqueur
de café avec de la crème de whisky).
Le pub a un caractère international et multiculturel
bien marqué et on peut y entendre, tous les
jours, un bon mélange de langues. C’est
un local à l’ambiance chaleureuse et
accueillante où, comme il semble bien évident,
on peut écouter de la musique celte mais aussi
du pop et du rock anglo-saxon en général.
On pourrait dire que c’est un excellent endroit
pour rencontrer des gens et pratiquer les langues
étrangères. Le personnel du bar est
majoritairement ou bien d’origine irlandaise
ou bien autochtone: il s’agit d’un petit
groupe jovial, aimable et polyglotte qui est habitué
à dépanner les étrangers qui
viennent juste d’arriver à Ciutat Vella
à propos de questions essentielles et parfois
même de «survie». La situation stratégique
de ce pub irlandais fait aussi inévitablement
des serveurs une cible toute trouvée pour de
nombreux touristes ayant un mauvais sens de l’orientation
et peu de connaissances linguistiques, fait que le
personnel du Molly’s semble accepter avec un
certain stoïcisme. Comme ils le disent eux-mêmes,
«au Molly’s, il n’y a pas d’étrangers,
seulement des amis que l’on ne connaît
pas encore».
Les jours d’animation maximum dans cet établissement
–mis à part, évidemment, le 17
mars, Saint Patrick’s Day (le jour de la saint
Patrick, patron de l’Irlande)– coïncident
en général avec les grands événements
sportifs internationaux tels que les matches de football
où les rivalités sont extrêmes.
Ces derniers sont alors présentés en
direct sur de grands écrans de télévision.
Il y a aussi, habituellement, des activités
diverses en rapport avec les fêtes et les événements
de la ville de Barcelone ainsi que des promotions
spéciales du local lui-même. On peut
réserver le premier étage, qui n’est
ouvert qu’en fin de semaine, pour des célébrations
particulières.
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Cafè de l'Òpera
Café-bar
La Rambla, 74
Tél.: 93 302 41 80
Horaire : tous les jours de la semaine, de 9 heures
à 3 heures du matin
En 1929, année de l’Exposition internationale
à Barcelone, Antoni Dòria loua un local
sur la Rambla del Mig, artère populaire de Barcelone,
juste en face du Teatre del Liceu. Il le baptisa du
nom de Cafè-Restaurant de l’Òpera,
faisant ainsi une référence directe à
l’édifice culturel situé sur l’autre
trottoir. Depuis cette époque, et jusqu’à
présent, le café a été dirigé
par la même famille. L’établissement
a conservé pendant longtemps la fonction de restaurant
qu’il avait assumée dès le début,
et il accueillait une clientèle tout à
fait chic du fait de la qualité reconnue de sa
cuisine. Dans les années quarante, cependant,
avec le manque d’aliments qui caractérisa
l’après-guerre, il n’a pas pu continuer
à offrir une bonne cuisine et l’établissement
a préféré se limiter à l’activité
de cafétéria.
Ce café occupe ce qui était auparavant
une chocolaterie-restaurant très populaire,
La Mallorquina. Cet établissement est déjà
cité en 1890 et auparavant, dès 1863,
existait sur le même lieu un autre établissement
du nom de Confiteria La Palma. Quand Antoni Dòria
loua l’établissement, la décoration
que l’on peut contempler aujourd’hui pratiquement
dans sa totalité existait déjà.
Il s’agit d’une décoration qui
avait été commandée par le propriétaire
de la chocolaterie La Mallorquina, Manuel Docampo,
galicien d’origine, et qui avait été
réalisée dans la décennie 1880
par Amigó.
Ce n’est que vers les années cinquante
qu’une première restauration a eu lieu.
Ce travail impliqua la création d’un
bar sur le modèle original d’un petit
comptoir qui était destiné à
la caisse enregistreuse et qui se trouvait à
l’entrée du local. Le mobilier lui aussi
a changé, celui qu’il y avait à
l’origine juste à l’entrée
du local : les tables rondes à dessus de marbre
(que l’on appelle ici des vetlladors) et les
chaises en osier ont été substituées,
à cette époque, par des fauteuils tapissés
autour de tables de bois. Par la suite, dans les années
quatre-vingt, il y a eu une deuxième restauration,
dans ce cas des peintures et du mobilier, et une autre
fois le bar a été modifié et
agrandi, travail qui a été réalisé
par Antoni Moragas i Spa. À cette époque,
au cours de la restauration des panneaux et des murs
peints, on a découvert sous la première
décoration une autre, clairement du dix-neuvième
siècle celle-là, de vases et de fleurs,
antérieure à la chocolaterie La Mallorquina,
et que l’on attribue à cette fameuse
confiserie La Palma.
Quand on arrive au café, la première
chose qui attire l’attention, c’est la
porte d’entrée principale, un encadrement
de bois avec des motifs gravés de thèmes
végétaux aux lignes sinueuses, utilisant
le langage modernista, combiné avec les deux
montants latéraux de marbre où les même
motifs sont répétés. À
l’intérieur, on trouve un premier espace
avec deux paires de tables d’un côté
et de l’autre de la salle, ce qui configure
une sorte de couloir central conduisant au bar, où
le local devient plus étroit pour ne laisser
qu’un passage vers un vaste salon. Entre eux,
il y avait auparavant des verrières, qui avaient
pour fonction de séparer les deux espaces,
et dont l’encadrement demeure encore aujourd’hui.
En 1992, deux salons ont été ouverts
à l’étage supérieur, avec
une décoration du XIXe fidèle à
l’époque de construction du bâtiment.
La structure du local, surtout visible dans le salon
intérieur, est de style XIXe siècle,
comme en atteste l’usage des colonnes de fonte,
avec des chapiteaux prolongés tels qu’on
les faisait lorsqu’il n’y avait pas encore
de poutres laminées, pour soutenir les poutrages
de bois, ainsi que l’ornementation de plâtre
du plafond avec une décoration végétale
(palmes et fleurs) et géométrique (rectangles,
pyramides, etc.). Aux murs, se combinent des panneaux
peints sur toile avec trois motifs différents
: deux d’entre eux présentent des jeunes
femmes avec des attitudes ingénues portant
des paniers et des fleurs ; le troisième motif
est un vase de fleurs. Tous les panneaux sont encadrés
de moulures de plâtre, peintes avec les mêmes
couleurs vert sombre et blanc cassé, et ces
moulures se retrouvent aussi au plafond.
Alternant avec les peintures, on a des miroirs ornés
de dessins gravés à l’acide représentant
des personnages féminins qui, par leur vêtement,
semblent faire référence à certains
personnages d’opéras. Dans ce cas, ce
sont des femmes sensuelles, avec des lignes sinueuses
et des attitudes diverses, plus proches d’une
esthétique liée au langage modernista.
Dans le salon intérieur, sous ces peintures
et sous ces miroirs, le mur est aujourd’hui
recouvert de carrelage jusqu’à mi-hauteur
alors qu’auparavant le revêtement était
fait de fibrociment, et de bois dans la partie de
la salle proche de l’entrée.
En ce qui concerne le mobilier, des modifications
ont été faites dans le premier salon,
mais pas dans le salon intérieur où
ont été conservées intactes,
bien que restaurées, les tables de bois et
les fameuses chaises Thonet, très populaires
à l’époque, conjointement à
d’autres chaises plus modernes mais aussi de
l’entreprise Thonet.
Pendant toutes ces années, ce lieu a été
le siège de réunions et de conversations
des personnages les plus divers qui ont vécu
ou qui sont passés par Barcelone. À
l’époque de la République (1931-1939),
il a été le point de rencontre d’hommes
politiques de la Lliga et de l’Esquerra Republicana
(comme celui qui plus tard sera président du
gouvernement autonome, ou Generalitat, en exil, Josep
Irla). Pendant la Guerre civile, le bar était
assez populaire parmi les membres des Brigades internationales.
Une fois la guerre finie, le local a eu une époque
de peu de mouvements, mais ceux-ci sont revenus vers
les années cinquante avec l’arrivée
des premiers touristes. Les années soixante
ont vu la renaissance de son caractère traditionnel
de lieu de discussion-débat et de rencontre
avec des participants aujourd’hui bien connus,
tels que les écrivains Maria Aurèlia
Capmany et Terenci Moix, les peintres Modest Cuixart
et Joan Miró, ou le dramaturge et acteur Sacha
Guitry. On ne peut oublier non plus que, tout au long
de son histoire, le Cafè de l’Òpera
a été un lieu où les chanteurs
passaient de temps en temps : Chaliapine, Toti del
Monte, Rosich, Montserrat Caballé, Carmen Valor,
Luys Santaria et César González Ruano
sont parmi les noms les plus connus.
Depuis cette époque et jusqu’à
présent, le public qui passe la porte du Cafè
de l’Òpera a toujours été
très varié, des gens qui maintiennent
vivant le caractère original et de point de
rencontre de l’établissement, une clientèle
aujourd’hui beaucoup plus cosmopolite qu’à
son origine, d’âges différents
et de divers secteurs de la population, avec un certain
air informel et bohème. L’établissement
est un véritable «classique» de
la ville, et ce n’est pas sans raison qu’il
a été proclamé Ramblista d’Honor
en 1997. Le matin, il n’est pas rare de rencontrer
de petits groupes de touristes et d’autochtones
déjeunant et lisant le journal dans une ambiance
calme; le soir, en revanche, le local s’échauffe
et se remplit, en général, de Catalans
et d’étrangers résidents dans
une ambiance jeune et multiculturelle.
On peut y savourer un bon café choisi dans
la vaste carte de l’établissement, dans
laquelle on remarquera le café de l’Opéra
(café avec de la mousse de chocolat). Si l’on
préfère un thé, on pourra choisir
parmi la trentaine de variétés qui sont
offertes. Le chocolat épais est aussi une tradition
spéciale du lieu, qui, pour les heures plus
animées de la journée, dispose d’une
bonne sélection de whiskys, de vins et de caves,
ces vins mousseux catalans typiques, ainsi que de
bières nationales et d’importation. On
peut aussi y manger à toute heure du jour,
principalement des tapes ou de petites assiettes de
charcuteries ou de fromages de diverses origines,
des sandwichs ainsi que des spécialités
de la saison, et finalement à des prix raisonnables.
Parallèlement, dans la tradition du local,
les salons de l’étage supérieur
peuvent être réservés pour des
discussions-débats, des causeries, des présentations
de livres ou de petites célébrations.
Avec une capacité d’une quinzaine de
personnes dans chaque salle, la réservation
n’implique qu’une seule consommation obligatoire
pour les participants.
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Els Quatre Gats
Bar restaurant
Montsió, 3 bis
Tél.: 93 302 41 40
Horaire : tous les jours de la semaine, de 9 heures
à 1 heure du matin
www.4gats.com
Le bar-restaurant Els Quatre Gats est situé au
rez-de-chaussée de la Casa Martí, le premier
immeuble que Josep Puig i Cadafalch projeta à
Barcelone, en 1896. La maison est de style clairement
néomédiévaliste ou néogothique,
par ses arcades en pointe et le tracé ornemental
de ses ouvertures, mais aussi indiscutablement modernista
par l’utilisation, à l’intérieur,
de divers arts appliqués tels que le fer forgé
ou la céramique.
La Taverna dels Quatre Gats, nom sous lequel il a
été inauguré pendant l’été
de l’année 1897, a suscité dès
le début la curiosité des passants.
L’atmosphère de vieille maison catalane
attirait l’attention. Cette esthétique
venait du choix des éléments décoratifs:
meubles de bois de noyer, comptoir recouvert de céramique
populaire catalane, poutres de bois décorées
simplement, entre autres éléments, qui
étaient combinés avec des applications
de fer forgé et des vitraux aux fenêtres.
Comme le disaient les journaux de l’époque,
tous ces éléments «donnent un
air artistique à l’établissement».
Les fondateurs en sont Pere Romeu et Miquel Utrillo,
deux hommes qui ont su recréer l’ambiance
qu’ils avaient vécue à Paris,
et qui ont réussi de cette manière à
accueillir dans leur local divers artistes peintres,
tels que Casas, Rusiñol ou Picasso (qui a d’ailleurs
fait dans cette taverne sa première exposition
de dessins) ainsi que des musiciens tels qu’Albéniz
ou Morera. La présence de ces personnages plus
les activités qui étaient réalisées
dans le salon intérieur, telles que des spectacles
d’ombres chinoises, de marionnettes ou des discussions-débats,
ont donné une certaine notoriété
au local en tant que lieu bohème et point de
rencontre d’artistes. Et c’est une connotation
qui perdure encore de nos jours.
De fait, le bar à bières n’a
été ouvert que pendant six ans. En 1903,
il a été fermé et transformé
en magasin textile. Ce n’est qu’en 1988
qu’il a été réouvert comme
établissement de restauration. Et, aussi insolite
que cela puisse paraître, le fait est que l’on
a pu récupérer l’intérieur
parce que les détails de la décoration
avaient été conservés intacts.
La famille Ferré a été chargée
de récupérer l’espace et de remettre
dans la mémoire de tous l’existence d’Els
Quatre Gats. Aujourd’hui, l’établissement
est régi sous la responsabilité de Josep
Maria Ferré et de son fils Ivan.
Els Quatre Gats a deux espaces distincts: le premier
dans lequel on pénètre est la zone de
bar-cafétéria, qui est là où
se trouvait l’ancienne taverne. C’est
là qu’est concentrée la décoration
originale, alors que la seconde salle, aujourd’hui
zone de restauration, et qui à l’origine
était la salle réservée aux spectacles
et aux expositions, a été redécorée
en utilisant les motifs du langage modernista, tout
spécialement au plafond, tout en conservant
aussi certains éléments qui avaient
été réalisés lorsque cet
espace était un magasin textile.
Dans le bar, on a conservé le revêtement
de céramique qui monte sur le mur jusqu’à
mi-hauteur, les encadrements de pierre des portes
d’entrée aux différents espaces,
et le bar original recouvert de céramique avec
des éléments floraux et géométriques.
Seul a disparu un paravent de bois qui servait de
séparation entre l’entrée et le
bar, et que l’on peut voir cependant dans une
photographie ancienne exposée à l’intérieur
du local. La décoration est complétée
par des reproductions d’œuvres de Ramon
Casas, Santiago Rusiñol et Pablo Picasso.
Actuellement, l’établissement est consacré
au bar-restaurant, spécialisé dans la
cuisine de produits frais du jour et dans la cuisine
internationale, sous la direction du chef Antonio
Cabanas. De temps en temps, en fonction de la saison,
le restaurant célèbre une semaine de
la cuisine consacrée à un pays concret.
En souvenir des origines, les propriétaires
actuels conservent vivante une certaine activité
artistique. Chaque soir, le dîner est accompagné
d’une musique jouée au piano en direct
(de 21 heures à 1 heure du matin dans le salon
intérieur) mais aussi, si la soirée
s’anime, on peut parfois profiter de l’apparition
spontanée d’un artiste. En outre, l’établissement
édite tous les jours un bulletin, 4 Gats. Diari
d’Art i Cultura amb menú gastrònomic,
qui contient le menu du jour ainsi que quelques relations
d’événements et l’expression
de diverses opinions. Ces activités, que l’on
peut consulter sur la page web de l’établissement,
sont complétées par le projet Jove Valor,
qui a pour but la promotion de jeunes artistes et
créateurs. Si l’on veut en savoir plus
quant à l’établissement ou en
rapporter un souvenir, on vend dans le local même
divers objets tels que des jeux de tasses à
café, des chemisettes, le livre du centenaire
et même quelques ouvrages de cuisine.
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Restaurant Casa Calvet
Restaurant
Casp, 48
Tél.: 93 412 40 12
Horaire: de 13 heures à 15 heures 30 et de 20
heures 30 à 23 heures; la réservation
à l’avance est obligatoire.
www.casacalvet.es
À la fin du XIXe siècle, une femme, si
l’on en croit la documentation il s’agissait
de la veuve de Pere Màrtir Calvet, et ses enfants,
ont pris en charge la construction, sur un terrain régulier
de l’Eixample, d’un immeuble dont la façade
devait être discrète avec, toutefois, un
certain caractère distinctif. L’architecte
qui devait exécuter ce projet n’était
autre qu’Antoni Gaudí, et, bien que cela
ait été son premier immeuble de logements,
il lui a quand même valu de remporter le premier
prix de la mairie au meilleur immeuble construit en
1899.
«(…) ses lignes générales
aussi bien externes qu’internes et ses détails
dénotent une personnalité artistique
bien définie, ainsi qu’un bon goût
et une certaine originalité qui brillent dans
les élévations en même temps que
dans la disposition utile de cette maison.»
La Casa Calvet attire l’attention au premier
coup d’œil par sa façade apparemment
très régulière et symétrique,
peut-être même trop simple pour une œuvre
de Gaudí. Mais il faut toujours y regarder
à deux fois: en commençant par le couronnement
de la façade lui-même, il est évident
que la ligne courbe joue un rôle majeur (précédent,
dans une certaine mesure, de la Casa Batlló),
avec les arts appliqués dans les ornementations
en fonte. La régularité est aussi altérée
dans l’alternance des balcons aux formes rectangulaires
et circulaires, ces derniers suspendus sur des consoles
sculptées, et dans les balustrades travaillées
en fer forgé. L’élément
principal à remarquer est la tribune de l’étage
noble, où vivaient les propriétaires,
ornementée d’un travail de pierre et
de fer forgé. Gaudí n’a pas fait
seulement le projet architectural, il a aussi voulu
contrôler toute la conception des intérieurs,
et tout spécialement du mobilier des appartements,
ainsi que la décoration du local du rez-de-chaussée.
L’exécution de ces tâches a été
confiée à l’entreprise Casas &
Bardés.
Au rez-de-chaussée, dans l’espace où
se trouve le restaurant, il y avait à l’origine
les bureaux de l’entreprise textile des Calvet.
Le local a d’ailleurs hébergé,
par la suite, des bureaux d’entreprises du même
secteur industriel, jusqu’à ce que, en
1994, il soit transformé en restaurant. Pendant
toutes ces années, le local a conservé,
sans altérations, son caractère propre
ainsi que sa décoration. L’un des éléments
qui distinguent l’établissement est constitué
par les paravents de pin maritime ornés de
détails décoratifs végétaux
très discrets. Ces paravents séparaient
autrefois le couloir menant à l’entrée
des bureaux de la gérance et de la comptabilité
qui, à l’heure actuelle, accueillent
les salles réservées du restaurant.
Dans ces trois espaces, le revêtement en bois
de la partie inférieure des murs a été
conservé, de même que l’un des
éclairages originaux, et l’on a placé
un meuble-écritoire qui se trouvait dans un
des bureaux. Tous ces éléments donnent
à ces espaces une ambiance accueillante et
tout à fait spéciale.
L’exquise harmonie de l’ensemble est
habilement complétée par les détails:
les poutres, les poignées de porte, le stuc
au feu des murs intérieurs, la bordure décorative
qui semble jouer le rôle de console des poutres,
etc. Comme l’explique la directrice du restaurant,
Pilar Oyaga, on a essayé de conserver l’esprit
de l’établissement et, par conséquent,
toute la décoration qui a été
ajoutée est constituée de pièces
de qualité, dans leur majorité des originaux
modernistes. Dans les toilettes, en revanche, on a
voulu créer une nouvelle atmosphère
avec la technique du trencadís inspirée
directement des bancs du Park Güell et de l’esprit
artisanal du Modernisme.
En laissant les espaces réservés à
droite, on parvient au fond du couloir à une
salle plus vaste dont l’élément
essentiel semble bien être une grande fenêtre.
Celle-ci, à l’origine, était toute
de verre blanc mais les propriétaires lui ont
substitué des vitraux de style modernista,
solution qu’ils ont aussi appliquée à
d’autres espaces tels que la porte d’entrée
du restaurant et certaines fenêtres. Dans cet
espace non compartimenté, on remarquera trois
bancs de bois, dont deux sont à double face,
placés perpendiculairement au mur, et qui faisaient
aussi partie du mobilier du bureau. Ils permettent
aujourd’hui de définir la distribution
des tables en créant un environnement tout
à fait particulier. Depuis cette salle, on
accède à une pièce aux dimensions
plus réduites, qui donne l’impression
d’avoir été la salle de réunions
de l’entreprise, ce que l’on peut déduire
des photographies de l’époque ainsi que
des meubles originaux; parallèlement, cela
pourrait être confirmé par la présence
de la lettre C, comme Calvet, dans le couronnement
de la porte d’entrée. Si l’on y
prête un peu d’attention, on pourra se
rendre compte que l’un des murs de cette pièce
est légèrement concave, solution qui
agrandit quelque peu la salle et rappelle subtilement
le génie créatif dans les formes et
les structures qui habitait Gaudí.
Le restaurant Casa Calvet se distingue dans le secteur
de la restauration à Barcelone par l’excellence
des repas qui sortent de ses fourneaux, une cuisine
de création à base essentiellement méditerranéenne.
En partant de recettes de cuisine traditionnelles,
son chef, Miguel Alija, crée de nouveaux plats
dans lesquels priment le respect et le renforcement
du goût original du produit de base. Celui-ci
est toujours un produit de saison, et c’est
d’ailleurs la raison pour laquelle la carte
du restaurant change quatre fois par an, au gré
des saisons. Malgré cela, certains plats sont
toujours présents sur cette carte, comme le
foie-gras, le jambon ibérique ou le foie de
canard frais. C’est avec cette prémisse
qu’il expérimente avec les saveurs…
et le client est souvent agréablement surpris
par d’insolites et exquises combinaisons, comme
par exemple «le foie de canard frais à
la sauce d’oranges amères» ou «la
tarte Tatin aux figues avec sa mousse de châtaignes».
Que ce soit à la carte ou au menu de dégustation,
au restaurant Casa Calvet on peut s’attendre
à un repas de haut niveau (45-50 € par
couvert en moyenne) qui peut être accompagné
des vins de la sélection, aussi vaste que soignée,
de sa cave. Il est nécessaire de réserver
sa table à l’avance.
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Hotel Casa Fuster
Passeig de Gràcia,132
Tél.: 93 255 30 00
Horaire:
Cafè Vienès: tous les jours de 9 heures
à 1 heure du matin
Restaurant Galaxó: de 13 heures 30 à 15
heures 30, et de 20 heures 30 à 23 heures
www.hotelescenter.es/casafuster
Cet hôtel occupe la dernière demeure urbaine
que l’architecte Domènech i Montaner a
projetée, la Casa Fuster (1908-1911), et qui
a été construite sur la commande de Consol
Fabra et de Mariano Fuster i Fuster. Elle est située
juste à la fin du Passeig de Gràcia, dans
la zone connue sous le nom d’Els Jardinets, point
d’union avec l’ancienne vila de Gràcia,
où les propriétaires disposaient d’un
terrain qui accueillait un ancien bâtiment, l’usine
de chocolat Juncosa, et sur lequel ils ont voulu se
faire construire une maison neuve.
Le nouvel immeuble, bien que construit dans le langage
modernista, présente une certaine retenue ainsi
qu’un concept plus austère dans les ornementations.
Tous les éléments décoratifs
des différentes ouvertures ainsi que des chapiteaux
offrent une certaine schématisation des motifs
végétaux et une claire tendance de lignes
plus planes et géométriques.
Dans les deux façades principales, l’architecte
a continué à utiliser des éléments
néogothiques et floraux, mais on notera comment,
sur la façade de la rue Gràcia, il a
fait usage de la structure métallique apparente
ainsi que d’éléments austères
dans la décoration plus en rapport avec ses
premières œuvres architecturales. Ainsi,
le pan coupé prend de l’importance du
fait de la construction d’un corps cylindrique
sur toute sa hauteur, corps qui peut nous rappeler
d’autres œuvres de Domènech i Montaner
telles que l’Hospital de Sant Pau ou la Casa
Lleó Morera, mais déjà d’un
caractère abstrait. Pendant de nombreuses années,
l’immeuble a abrité des logements, jusqu’à
ce qu’en 1962 il ait été racheté
par la compagnie d’électricité
Enher qui avait l’intention de le démolir
et de construire à sa place un nouvel immeuble
pour y installer ses bureaux. Grâce à
une campagne de l’opinion publique et à
divers articles anonymes dans la presse du moment,
a été sauvé. Des années
plus tard, en 1978, des travaux ont été
entrepris pour sa réhabilitation, afin d’adapter
l’intérieur à son nouvel usage,
ainsi que pour la restauration de l’extérieur.
Par la suite, en 2000, l’entreprise Hoteles
Center a acquis l’immeuble avec l’intention
de le réouvrir à la ville, dans ce cas
comme hôtel, après une longue et coûteuse
réhabilitation assumée par l’entreprise
GCA, avec les architectes Juanpere et Riu. Pendant
tout ce processus de restauration, non seulement on
a respecté tous les éléments
originaux de la maison –voûtes, colonnes,
ornements– mais, en plus, tout le projet décoratif
a été conçu pour rehausser et
revaloriser les différents espaces de l’immeuble.
Grâce à tous ces efforts, il a reçu
la catégorie d’hôtel de cinq étoiles
et de grand luxe monumental. Au rez-de-chaussée,
on trouve le vestibule avec la réception de
l’hôtel et le Cafè Vienès
(Café viennois), les deux espaces d’accès
libre et d’ambiance choisie, comme il convient
à un hôtel de cinq étoiles. Le
Cafè Vienès récupère le
nom de l’ancien établissement, qui était
situé au même endroit et qui jouissait
d’une grande popularité parmi les Barcelonais
pendant les années quarante, époque
à laquelle il constituait un lieu de rencontre
pour les discussions-débats et où des
personnages tels que le poète Espriu avaient
leurs habitudes. C’est un espace ouvert qui
permet d’apprécier les colonnes soutenant
des voûtes décorées à la
feuille d’or. Dans ce lieu, on pourra prendre,
dans une ambiance musicale douce, un bon café
ou un verre dans un cadre en même temps accueillant
et sophistiqué, du fait de la présence
des motifs modernistes combinés avec une décoration
moderne et hardie où seules les banquettes
et les tables compartimentent les espaces.
Parallèlement, toujours au rez-de-chaussée,
l’hôtel offre aussi quatre salles –les
salles modernistes– destinées à
des réunions ou à des présentations;
elles ont une capacité de six à dix
personnes. Parmi ces salles, on remarquera la Sala
Fuster, plus grande, éclairée par la
lumière naturelle qui accède par une
cour intérieure du bâtiment.
Le sous-sol de l’immeuble, où se trouvait
anciennement une salle de bal appelée El Danubio
Azul (le Danube bleu), a été transformé
en salon d’événements Domènech
i Montaner. Cette salle se trouve juste sous le café
viennois et sa structure est similaire: un espace
ouvert coupé uniquement par la présence
des colonnes que l’on a rehaussé par
un sol de tesselles noires qui adoptent une forme
circulaire et rendent le lieu plus accueillant. Sa
capacité est de cent-soixante personnes et,
bien que l’endroit soit réservé
aux petits déjeuners des clients de l’hôtel,
on peut le louer pour organiser des célébrations
diverses: noces, cocktails ou tout autre type de réunion.
Enfin, à l’étage noble, on trouve
le restaurant de l’hôtel, Galaxó,
avec vue sur le Passeig de Gràcia; le lieu
est ainsi nommé en référence
à la colline, à Majorque, sur laquelle
Mariano Fuster possédait une maison. Dans le
restaurant, les tables sont réparties sur trois
zones uniquement séparées par des arcades
de pierre, ce qui favorise l’intimité
et a pour résultat des espaces en même
temps vastes et accueillants. On remarquera aussi
le plafond, rappelant les voûtes de diverses
salles du bâtiment, qui a été
couvert de formes ondulées décorées
avec des feuilles d’étain. La capacité
du restaurant est de quarante convives, et il est
librement accessible, après réservation,
aux personnes qui ne sont pas clientes de l’hôtel.
Le type de cuisine que l’on y propose est constitué
de plats méditerranéens d’avant-garde,
élaborés et exquis, qui utilisent des
produits frais et d’une qualité tout
à fait en accord avec l’ambiance générale
de l’hôtel.
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Gaudí Garraf
Restaurant
Horaire: du jeudi au
samedi, de 13 heures 30 à 16 heures et de 20
heures 30 à 23 heures; dimanche de 13 heures
30 à 16 heures. Ouvert toute l’année
Tél.: 93 632 01 80
www.gaudigarraf.com
Le restaurant Gaudí Garraf a été
aménagé dans l’espace du fameux
Celler Güell, qui réunit plusieurs bâtiments
construits peut-être avec l’intervention
d’Antoni Gaudí.
En 1882, Eusebi Güell confia à Gaudí
un projet de pavillon de chasse sur des terrains qui
lui appartenaient dans la région du Garraf.
Le projet n’aboutit pas mais postérieurement,
en 1895, on construisit une cave à partir d’un
projet probablement de Gaudí et avec la collaboration
de Francesc Berenguer, à qui l’on attribua
l’œuvre pendant de longues années.
La cave ou celler –construite en pierres de
la région– est un bâtiment triangulaire
très original, qui utilise l’arc parabolique
de Gaudí et où les murs servent de toiture,
avec deux souterrains et trois étages supérieurs,
qui comprennent une chapelle privée. À
l’extérieur, malgré son caractère
essentiellement médiéval, on observe
des éléments naturalistes sur les cheminées,
caractéristiques de l’architecte, et
l’anagramme de la famille Güell sur les
murs.
Le pavillon du concierge fait également partie
du projet. En pierres et en briques, il arbore lui
aussi l’anagramme de la famille Güell,
et on y accède par une remarquable porte grillagée
en fer.
Sur la même propriété, se dresse
une tour de guet que jouxte une ferme, toutes deux
privées et non accessibles au public.
Depuis 1977, l’ensemble appartient à
la famille Granada, qui l’acheta au comte Güell
de l’époque. Le bâtiment construit
par Gaudí servit de demeure privée et
le reste de l’espace continua à servir
de cave à champignons dont la culture remontait
à plusieurs années déjà.
En 1994, la famille Granada aménagea les lieux
en restaurant; les deux grandes salles qui abritaient
les cultures de champignons furent transformées
en deux grands salons, le Granada et le Garraf, et
le rez-de-chaussée de la maison fut transformé
en salon Gaudí.
À l’étage principal, le salon
Granada, qui peut accueillir quatre cents personnes,
est compartimenté par des arcs de plein cintre
qui divisent l’espace en plusieurs nefs couvertes
de voûtes en briques, chaque nef étant
garnie de plusieurs rangées de tables rondes.
Un escalier relie cette salle au salon Garraf, à
l’étage inférieur, qui peut accueillir
trois cents personnes. Décoré avec beaucoup
de sobriété, l’espace est divisé
par des piliers supportant de petites voûtes.
Outre l’activité de restaurant à
la carte, ces deux espaces accueillent de grandes
fêtes privées, notamment des banquets
de noce. Dans les deux cas, les apéritifs sont
servis indépendamment sur la terrasse. L’été,
cependant, le dîner peut également être
servi sur l’une de ces terrasses, appelée
terrasse du violon, un lieu privilégié
grâce à la vision d’ensemble qu’il
offre.
En sortant de ce bâtiment, qui a un caractère
de bâtiment industriel, et en traversant le
chemin, on trouve un bâtiment plus artistique.
Utilisé actuellement comme restaurant –qui
peut accueillir quatre-vingt convives–, le Salon
Gaudí a conservé visibles ses particularités
architecturales sans qu’on lui ait ajouté
aucun accessoire. L’espace triangulaire très
accusé à l’intérieur ainsi
que la forme des fenêtres et de la porte d’entrée
sont particulièrement remarquables. Les étages
supérieurs sont privés et donc fermés
au public. Sur demande, la chapelle supérieure
peut néanmoins être mise à la
disposition des futurs époux avant le banquet.
Le restaurant propose une cuisine méditerranéenne
élaborée, uniquement à la carte
mais à des prix tout à fait raisonnables,
comparables à des menus de fêtes. Certains
plats ont reçu des appellations qui rappellent
l’histoire du site, comme la salade Gaudí,
par exemple. Par ailleurs, dans le salon Granada,
le barbecue est bien en vue et permet aux clients
de suivre en toute confiance la cuisson de la viande
grillée, l’une des spécialités
du restaurant.
L’accueil est avant tout chaleureux et cordial,
l’ensemble étant régenté
par la famille Granada qui tient à en faire
un point de rencontre agréable, simple et tranquille
dans un ensemble architectural original.
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Pizzeria-Restaurant
Viena
Restaurant
Joan Coromines, 8-10
(Terrassa)
Tél.: 93 733 63 90
Horaire : de 13 heures à 16 heures et de 20 heures
à 24 heures. Ouvert toute l’année
Accès aménagé pour les personnes
handicapées. Espaces réservés pour
les fumeurs
Le restaurant Viena se trouve dans un bâtiment
d’origine industrielle et de style moderniste.
Au moment de sa construction, en 1908, il devait devenir
le siège de la Societat General d’Electricitat
(Société générale d’Électricité)
qui avait été fondée en 1896 pour
produire et fournir de l’énergie. La personne
qui a été chargé de sa construction
est Lluís Muncunill, architecte municipal de
la ville de Terrassa à cette époque.
Le bâtiment, construit en brique, est de grandes
dimensions. Il est constitué de deux grands
halls rectangulaires et parallèles, couverts
de voûtes catalanes et sous-divisés en
sept tronçons. Il semble que ce soit le premier
bâtiment dans lequel l’architecte ait
utilisé le système des voûtes
catalanes avec sept courbes prononcées formant
les sept parties différentes.
À l’extérieur du bâtiment,
sur la façade de la rue Unió, on peut
voir l’enseigne faite de trencadís, cet
assemblage de morceaux de carreaux de céramique
fréquent dans le Modernisme, dans laquelle
on peut lire le nom de la société. Sur
l’autre façade, on peut observer les
restes des parements, très austères
étant donné qu’il s’agissait
d’un bâtiment industriel, qui permettent
de deviner la structure intérieure. En effet,
la division en sept tronçons est marquée
à l’extérieur par la présence
des canalisations, ainsi que des grandes fenêtres
dans la partie inférieure de l’élévation,
et des ensembles de trois fenêtres à
l’étage supérieur.
Par la suite, à partir des années cinquante
et jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix,
le bâtiment a été utilisé
comme centre de transformation par la compagnie d’électricité
FECSA, jusqu’à ce qu’il soit acquis
par l’entreprise Establiments Viena, S.A. Cette
société en a commencé la restauration
en respectant totalement la structure originale de
l’usine et en suivant le style moderniste dans
tous les éléments de décoration
qu’il a été nécessaire
de lui incorporer comme, par exemple, les lumières
de l’étage supérieur.
Il faut aussi noter que, pendant ce processus de
restauration, on a récupéré une
charbonnière qui faisait partie d'un ancien
bâtiment. Celui-ci, qui portait le nom de l'entreprise
Vapor Busquets, se trouvait sur le terrain même
depuis la moitié du XIXe siècle. Il
avait été détruit en 1907, et
l'on avait oublié jusqu'à l'existence
de la charbonnière.
Le local a été ouvert au public en
juillet 2000, après de longs travaux, sous
le nom de Pizzeria-Restaurant Viena, avec une capacité
suffisante pour accueillir deux cent soixante-dix-neuf
convives. L'espace, tirant profit des grandes dimensions
du bâtiment, est réparti sur trois étages.
Au rez-de-chaussée, on a installé des
tables dans le premier hall, la cuisine et le four
à bois où les pizzas sont préparées
–à la vue des clients– dans le
deuxième. C’est aussi dans ce deuxième
hall que l’on a construit un étage supérieur
à structure apparente et ouverte sur le reste
de l’espace inférieur. À cet étage,
on trouve un espace destiné aux fumeurs.
Finalement, au sous-sol, on retrouve la charbonnière,
un espace petit et accueillant, plus particulièrement
réservé pour les groupes. Cet espace
permet de présenter une exposition permanente
de photographies anciennes du bâtiment ainsi
que du processus de réhabilitation, intégrant
de cette manière le caractère commercial
du lieu avec la diffusion et la divulgation du patrimoine
industriel.
Au cours du processus de réhabilitation du
bâtiment, et dans la création des nouveaux
espaces, l’origine moderniste de la construction
a été prise en compte, et l’on
a tenté d’adapter l’oeuvre nouvelle
à ce style artistique. Ainsi, on peut voir
comment les lavabos ont été décorés
au goût du début du siècle dernier,
avec du trencadís et des appliques lumineuses
sinueuses en accord avec le Modernisme.
Le restaurant propose une cuisine catalane et italienne
de plats familiaux –avec plus d’une dizaine
de plats au choix dans les entrées, les pâtes,
les pizzas (cuites au four à bois), et les
plats de viande ou de poisson– ; ces plats sont
élaborés dans le restaurant même.
L’ambiance y est tout à fait variée
puisque, bien qu’il n’y ait pas de menu
du jour, le type de cuisine que le restaurant offre
ainsi que ses prix permettent d’en faire un
lieu habituel pour les repas quotidiens mais aussi
un espace où l’on vient en famille le
week-end et en groupe le soir. Parallèlement,
on peut y faire des réservations pour des événements
et des célébrations concrètes
pour des groupes pouvant aller jusqu’à
cent personnes.
Bien qu’il ne s’agisse pas d’un
espace proposant habituellement des activités
ludiques ou culturelles, il fait partie des lieux
qui participent aux événements importants
de la ville tels que le fameux festival de jazz de
Terrassa.
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BIBLIOGRAPHIE
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Barcelona. Ed. Mediterrània, SL. Barcelona, 2001
(1997)
- Guia de la Ruta Domènech i Montaner. IMPUiQV, Ajuntament
de Barcelona. Ed. Mediterrània, SL. Barcelona, 2000
- Guia de la Ruta Puig i Cadafalch. IMPUiQV, Ajuntament
de Barcelona. Ed. Mediterrània, SL. Barcelona, 2001
- Guia de la Ruta Gaudí. IMPUiQV, Ajuntament de Barcelona.
Ed. Mediterrània SL. Barcelona, 2002
2.- Presse:
- Arquitectura y Construcción. Juliol de 1900. Tip.
La Academia. Barcelona, 1897-1922
- Arquitectura y Construcción. Agost de 1902. Tip.
La Academia. Barcelona, 1897-1922
- Arquitectura y Construcción. Gener de 1904. Tip.
La Academia. Barcelona, 1897-1922
- Arquitectura y Construcción. 1911. Tip. La Academia.
Barcelona, 1897-1922
- Cuadernos de Arquitectura, 49. 3r trimestre, 1962. Colegio
Oficial de Arquitectos de Cataluña y Baleares, 1944-1970
- La Veu de Catalunya. “Els establiments Artistichs
barcelonins”.
Pàgina artística. 1909
- Fontbona, F.: “Obras modernistas”. A: Destino,
2 de novembre, 1974
3.- Monographies:
- BASSEGODA, J.: Modernisme a Catalunya: arquitectura. Nou
Art Thor. Barcelona, 1988
- BOHIGAS, O.: Arquitectura Modernista. Ed. Lumen. Barcelona,
1968
- BOHIGAS, O.: Reseña y catálogo de la arquitectura
modernista. Barcelona, 1973
- BOTEY, J.M.: Interiors de Barcelona. Ed. Destino, 1992
- CABALLÉ, T.: Los viejos cafés de Barcelona.
2 vol. Ed. Albon. Barcelona, 1946
- CIRICI, A.: El arte modernista catalán. Editorial
Aymà. Barcelona, 1951
- CIRICI, A.: Botigues de Barcelona. Ed. Lumen. Barcelona,
1979
- ESPINÀS, J.M.: Quinze anys de cafès de Barcelona.
Dopesa. Barcelona, 1973
- FAVÀ, Maria: Guapos per sempre. Botigues i locals
de Barcelona. IMPUQV, Ajuntament de Barcelona / Ed. Pòrtic.
Barcelona, 2003
- FABRE, J.; HUERTAS, J.M.: Noticiari de Barcelona. Ed.
La Campana
- FONTBONA, F.; MIRALLES, F.: “Del Modernisme al Noucentisme”
a: Història de l’art català. Vol. II.
Edicions 62. Barcelona, 1985
- FREIXA, M.: El Modernisme a Catalunya. Ed. Barcanova.
Barcelona, 1991
- GARCIA MARTÍN, M.: Els portals modernistes. Catalana
de Gas. Barcelona, 1979
- GARCIA MARTÍN, M.: La Fonda España. Catalana
de Gas. Barcelona, 1991
- GASCH, S.: Barcelona de nit: el món de l’espectacle.
Parsifal. Barcelona, 1997
- GONZÁLEZ, A.; LACUESTA, R.: Arquitectura modernista
en Catalunya. Barcelona, 1990
- Història gràfica de Catalunya dia a dia.
Edicions 62. Barcelona, 1978
- MAINAR, J.: “Les arts decoratives” a: Art
Català. Ed. Aymà. Barcelona, 1955
- MAINAR, J.: Dels bells oficis al disseny actual. FAD 80
anys. Ed. Blume. Barcelona, 1984
- MARFANY, J.Ll. (et al.): “El Modernisme: 1890–1906”
a: Història de la Cultura Catalana. Vol. 6. Edicions
62. Barcelona, 1996
- PERMANYER, Ll.: Un passeig per la Barcelona modernista.
IMPUQV, Ajuntament de Barcelona / Edicions Polígrafa.
Barcelona, 1998
- PERMANYER, Ll.: Establiments i negocis que han fet història.
Edicions La Campana
- PERMANYER, Ll.: Buidat de premsa 1989-92
- PERMANYER, Ll.: Barcelona modernista. Edicions Polígrafa.
Barcelona, 1993
- RÀFOLS, J.F.: Modernisme i modernistes. Ed. Destino.
Barcelona, 1949
- REGÀS I ARDÈVOL, Miquel: Una generació
d’hotelers. Barcelona, 1952
- SALA, T.: “Interiors d’artistes modernistes”
a: Actes del Congrés Internacional Història
de Catalunya i la Restauració. Manresa, maig de 1992
- VILLAR, Paco: Historia y leyenda del Barrio Chino (1900-1992).
Ed. La Campana. Barcelona, 1996
4.- Annuaires:
- Anuario de la Asociación de Arquitectos de Cataluña
1901
- Anuario de la Asociación de Arquitectos de Cataluña
1903
- Anuario de la Asociación de Arquitectos de Cataluña
1905
- Anuario de la Asociación de Arquitectos de Cataluña
1907
- Anuario de la Asociación de Arquitectos de Cataluña
1911
- Anuario estadístico de Barcelona 1901
- Anuario estadístico de Barcelona 1903
- Anuario estadístico de Barcelona 1904
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